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L'antre d'un univers de fous. A vos risques et périls.
 
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 [Fiction] Fragments maudits.

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Cam
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 13 Fév - 2:36

"Lyon: Ouais mais elle voulait du nutella donc j’suis parti lui faire ça "
Cam : Très bon goût *applaudit*

Lina: Déjà, on évite toutes les choses extravagantes. Tu as fini en robe de mariée pour le mariage de Cam peut-être mais pas question de finir comme ça pour le tien.
Cam et Mael : *tg*

L'arme..
Le moment après la mort de Lina était très émouvant. Je sens le bordel avec l'Arme <= dit elle alors que son perso principal est générale de l'armée Silvarienne *tg*

_________________
"Elle est la colère qu'il ne pourra plus exprimer.
Il est le calme qu'elle ne pourra plus jamais obtenir."
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 20 Fév - 13:54

IX
 
https://www.youtube.com/watch?v=cNMJhSmOeCk

 
???: Comment ça? Y’a réellement dans ce foutu monde un abruti qui veut nous donner LE plan?
???: Hahaha… oui.
???: T’es sûre? C’pas une arnaque ou je ne sais quoi?
 
Le soleil tout juste naissant éclairait peu à peu la cabane délabrée. Une femme était assise sur une chaise, son coude posé contre le vieux bureau, la tête sur la main, jouant délicatement avec ses longs et sinistres cheveux se confondant presque avec un ton de violet par l’intensité du noir. Ses vêtements trahissaient l’endroit où elle se trouvait: en effet, l’île Rakuen était perdue dans la nature, et l’armée de mercenaires y vivant n’avait pas le temps de s’habiller de manière chic, citadin, comme elle. Fixant l’homme brun intensément avec des yeux violets ressortant comme un rayon de la lueur de sa peau cadavérique, la brune rigola.
 
???: C’est pour ça que Yemon-sama  aussi est d’accord pour t’envoyer assurer la transaction. Quelqu’un peut berner nos hommes – ils ne sont pas surhumains. Mais te berner toi, David… C’est bien plus difficile.
 
Ses yeux rieurs parvinrent à provoquer une réaction chez l’homme bien-bâti. Ses yeux verts limpides ne cachaient pas une certaine malice et leur donnaient un air reptilien très familier. Sa peau hâlée mettait en valeur ses grandes dents blanches et pointues comme celles d’un requin; il ria, de bonne foi, de bonne humeur. Enlevant son béret et frottant frénétiquement ses cheveux bruns et courts devant un miroir voûté à quelques endroits, il finit par jouer avec sa barbe de quelques jours tout en fixant en arrière-plan son amie. Ses yeux, assimilables à ceux d’un serpent, jonglaient sans cesse entre son image et la femme.
 
David: Alors comme ça, l’boss veut m’y envoyer..hu…
 
Son sourire s’agrandissait sans cesse, à tel point que la brune se demanda si ses lèvres possédaient une limite d’extension.
 
???: C’est ça.
David: Et pourquoi pas toi Raven? J’ai quand même ma famille à protéger ici. Il s’en passe des choses en 72h.
Raven: J’ai été chargée par autre chose malheureusement, sinon j’y serai allée. Et il serait imprudent que Yemon-sama y aille par lui-même, ou qu’il y envoie Bartholomeus. 
David: Mouais. J’sors pas souvent de l’île, mais quitte à sortir j’aimerais y emmener ma famille.
 
Suite à ces mots, Raven soupira. Décroisant ses pieds, elle se leva et avança jusqu’au brun pour l’enlacer de derrière, et laisser ses mains se promener sur son abdomen. Cela pouvait paraître langoureux, mais il n’y avait aucun sentiment derrière ce geste: juste une malice égale au brasillement de ses yeux.
 
Raven: Tes hommes sont plus à même de protéger ta famille ici que faire face à un possible enfoiré là-bas Dave. Pense un peu à la prime qui t’attends… Et si ça t’inquiète tant, je pourrai revenir pendant mon temps libre pour la surveiller, ta famille chérie.
David: Enlève tes sales pattes de moi d’abord. J’sens que j’vais bouffer du corbeau rôti ce soir sinon.
 
Empoignant une dague posée sur la coiffeuse en face d’eux, l’homme aux yeux de la folie bloqua une des mains de sa comparse pour la lui enfoncer. Cela ne lui arracha aucun cri, elle se contenta de rire en reculant, et retira calmement la dague de sa main. David la regarda avec un sourire en coin tout le long.
 
David: Bon, si c’est l’boss qui demande ça j’ai pas trop le choix. Mais ça a intérêt à se terminer rapidement cette histoire. Ca fait déjà longtemps qu’on tourne en bourrique à force de chercher ces plans d’merde.
Raven: T’en fais pas, j’ai un bon pressentiment cette fois, huhu~ Mais tu connais Yemon-sama. Il préfère toujours mettre toutes les chances de son côté.
David: Hmhm, c’sûr.
Raven: Il pensera vendre ces plans simplement à des mercenaires historiens, rien de plus. On te filera d’autres vêtements pour plus coller à ton rôle… Essaye de pas paraître plus ridicule que tu ne l’es déjà :3
David: Tch.
-
Le doux soleil se lève et incendie le cimetière.
Il rentre à la maison; commence à pleurer.
« Jamais je ne retournerai au cimetière » se dit-il…
« J’essaierais d’oublier les papillons », se conforta-il.
-


Fin mai 2027.
 
https://www.youtube.com/watch?v=tM8Qo6zBG5Q
 
Ce mois-ci, Lyon était mort intérieurement, rongé par l’hésitation. Il n’avait que pensé au plan, et ce qu’il en adviendrait compte tenu de ses actions.
Il s’était longtemps amusé à se désigner comme le Héros, comme un bienfaiteur. Ce n’était pas initialement faux: Lyon a toujours été poussé par cette volonté de faire le bien, de rendre tout le monde heureux.
Mais maintenant. Que restait-il? Un visage rouillé par les larmes, un joyau humain laissé par Lina, quelques sous. Ce n’était pas avec 5 piécettes qu’il allait offrir à Audrey une vie confortable.
Lyon n’était pas idiot, il savait très bien ce à quoi il s’engageait. Son cousin travaillait pour l’Arme après tout; son père s’était même fait kidnapper pour qu’il lègue le plan à des mafieux. Après la mort de cet Edward, ce plan était incomplet pour Silvara. Il aurait pu le donner à Rinji. Rinji est raisonnable, il aurait su faire le bon choix à sa place.
Alors dans quel but était-il en train d’arpenter les rues de la ville? Le soleil trompait ce jour paisible. Non, ce n’était pas un quotidien idyllique. Une terrible chose allait se dérouler. Et tous ces passants… n’en sauraient jamais rien. Il s’assit sur un banc d’un parc. Au bout de quinze minutes, un autre homme vint s’asseoir à ses côtés. Assez distant, il laissa un écart aussi grand que possible entre lui et le blond. Lyon regardant droit devant lui, lorsqu’il sentit la présence à ses côtés ses yeux se réchauffèrent, il dut lutter pour ne pas transformer cette chaleur en larmes.
Mais qu’était-il en train de faire… ? Même Lloyd n’avait plus aucune incidence sur lui.
 
David: B’jour.
Lyon: Enchanté…
David: Je vous remercie pour avoir accepté de procéder à cet échange.
 
Un sourire sincère orna ses lèvres charnues. Comme ça, avec cet accoutrement, on aurait pu réellement prendre David pour un honnête homme.
 
Lyon: Je vous en prie… j’ai pas réellement eu le choix, à vrai dire. Question de survie.
David: Oh? Et je peux me permettre de poser une simple question?
Lyon: Allez-y.
David: Comment avez-vous eu ce plan?
Lyon: …Je…
 
Le brun sentit le cœur de l’autre tressaillir sous cette question. Comme si c’était un jugement ; comme s’il était en train de peser le pour et le contre en ce moment-même. Bien entendu, David était prêt à dégainer son revolver à tout moment si jamais ça tournait mal.
 
Lyon: …C’était ma femme qui l’avait reçu de son concepteur. Vous verrez, c’est écrit dans la lettre qui s’y trouve à l’intérieur. *lui passe le sac*
David: Et votre femme est d’accord avec ça?
Lyon: Elle est morte.
David: Oh…
 
Son visage sombrait progressivement dans la tristesse. David, qui habituellement rirait de ce genre de choses, put s’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur.
Un pincement au cœur pour l’idiotie de cet homme. Quel faible. Perdre la boule avec la mort d’une seule personne. Il en avait presque l’envie de le torturer pour lui montrer ce que c’était que la réelle souffrance. Donner une chose si importante après un si petit événement… Son sang bouillonnait. Il avait vraiment envie de le tuer.
 
Lyon: Je n’ai plus que ma famille de 2 ans. On a plus un sou. Je fais de mon mieux pour essayer de lui faire tenir le coup… Mais elle ne mange déjà plus. Et c’est de ma faute. Il faut que je lui offre une vie…normale….vous voyez.
 
Oh, c’était donc ça.
Cet homme était réellement faible.
 
David: Je comprends totalement. *lui donne le sac avec lequel il est venu* Tenez, je pense que ça aidera à panser vos maux.
 
Lyon entrouvrit le sac tandis que David vérifiait le contenu du sien. De ce qu’il pouvait voir, les billets de 500 regroupés en liasses étaient en abondance, là-dedans. Il faisait ça pour Audrey. Cela, allait servir à Audrey. Alors que son regard était perdu dans la récompense de sa lâcheté, Lyon eut un petit sursaut lorsque l’homme lui tapota l’épaule. Il avait dans sa paume un petit quelque chose.
 
David: Et tenez. C’est de l’Alexandrite. Ça peut se vendre à bon prix, mais surveillez les bourses pour en profiter pleinement.
Lyon: ..Hein? Je- ce n’était pas dans le marché. Vous êtes sûrs… ?
David: Allons, allons. (Et bouffe pas tout cet argent pour toi seul enfoiré. J’te donne ça pour ta fille.) Ou alors gardez-la pour les cas d’urgence. C’est un cadeau pour votre fille.
Lyon: Mais- sa valeur est-
David: J’vous le donne, voilà tout. *sourit, se lève* Bon eh bien, je vous remercie pour cette affaire. *lui serre la main*
Lyon: Faîtes-en bon usage…
 
A ce moment précis, il se retint d’avoir un fou rire.
 
David: *sourit de plus belle* Je vous l’assure. Sur ce…
 
Il quitta le parc, en se félicitant intérieurement pour son self-control. Cependant, David se demanda aussi ce qui l’avait poussé à donner cette putain d’Alexandrite à ce connard. Il avait fait galérer un esclave qui ne pouvait plus être vendu pendant 5 mois pour trouver ce petit bout de merde.
C’est juste qu’à travers la tristesse de ses yeux, il avait, pour la première fois, ressenti un peu de compassion. Ça devenait grave. Il devait aller se faire soigner.
Lyon, de son côté, observait avec émerveillement la pierre.  Un émerveillement qui le perdait de plus en plus dans son aliénation.
-fin de la musique si c'est pas déjà fait-
-
Et si quelqu’un apprenait la vérité sur cette mascarade?
Si le corps de son acte déloyal remontait à la surface? A travers le silence des papillons…
 
Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art. Et une fois une erreur faite, tout le malheur vous attire dans le désespoir comme un trou noir.
-

 
Yemon: C’est très aimable à toi d’être allé récupérer le plan, David. Tout s’est bien passé?
 
Le visage souriant de l’homme aux cheveux mielleux emplit de fierté le cœur de David. Il aimait être félicité par le boss. Un compliment de Yemon équivalait à la trouvaille d’une pierre précieuse après tout.
Avant de rentrer à Rakuen, David devait faire une halte au manoir principal de Yemon pour lui donner le plan. Ils se trouvaient actuellement dans une pièce luxueuse de travail. L’élu de terre avait éparpillé les nombreuses feuilles sur son bureau, et bien que tenant une position haute et noble conformément à son habitude, le ton de sa voix informait le brun qu’il était réellement comblé.
 
David: Comme sur des roulettes, boss. C’tait pas une arnaque. Juste un mec qui a perdu sa femme. C’est elle qui avait les plans.
 
Un sourire enchanté décora le sage visage de Yemon. Huhu. Lina s’était vantée d’avoir pu le tromper, et ainsi, retarder ses plans de quelques mois. Mais cette idiote pensait-elle réellement pouvoir tenir ce plan loin de lui durant toute une vie?
C’est long, une vie.
Et la petite farce de Lina n’a qu’aidé Yemon à retrouver le plan plus rapidement.
 
David: *le voit perdu dans ses pensées* Boss, ça va?
Yemon: Je te remercie pour ce travail minutieux, David. Tu auras ce qui t’est dû, comme promis.
David: Pas d’quoi boss! J’retourne sur l’île sur ce. Si jamais  y’a besoin de moi pour du boulot, hésite pas. Ça m’a bien plu de sortir un peu au final.
Yemon: Je n’y manquerai pas.
-
Et pourtant, Lina n’avait pas totalement échouée. Le rictus de l’élu de la terre l’aurait sûrement bien fait rire, quand il s’aperçut que la plus importante partie avait été enlevée du lot.
Elle n’avait même pas pris la peine d’essayer de tout cacher, non. Pour mieux le frustrer, juste la partie fondamentale – la clé du tout, avait été..quoi? Simplement cachée? Ou avait-elle réussie à détruire? Il était bien plus aisé de détruire une partie si infime –mais ô combien importante, que d’essayer de détruire tout le plan pour ensuite le faire reconstituer, après tout.
Lina allait encore retarder les recherches de plusieurs semaines… ou mois. D’années.
-
https://www.youtube.com/watch?v=JWwHpVvgccc
 
Les jours qui suivirent furent décisifs: Lyon retravaillait de plus belle pour assurer ses arrières quant à la finance.  Il avait arrêté de se plonger désastreusement dans l’alcool. Son but était de rendre Audrey heureuse, et il s’y attelait férocement. Mais, au fond, c’était comme si son acharnement au travail n’était pas seulement poussé par l’amour de sa fille, mais aussi par la culpabilité. L’envie de se racheter. Le besoin de se faire pardonner par les forces divines.
De plus, sa famille l’aidait. Ses cousins aussi. Il y avait même Nathalie, accompagnée par Fan, qui venait s’occuper d’Audrey quand elle le pouvait. Sa fillette grandissait joyeusement, innocemment, loin de toute vérité. Elle grandissait dans un paysage idyllique, entourée de son père, de ses oncles, ses grands-parents, de ses « tatas » qui n’étaient pas attachées de sang à elle, mais par affection.
Nathalie était d’une aide précieuse; en plus de l’aider pour une raison inconnue, elle lui enseignait plus de choses sur comment s’occuper proprement d’un enfant.
 
Lyon: Dis…
Miss: Qu’est-ce qu’il y a?
Lyon: Je voulais juste savoir. Rinji, Subaru, m’aident parce qu’ils me connaissent depuis longtemps, on a une relation solide. Et je m’entends aussi très bien avec Fan.
Je vais pas dire qu’on ne se supporte pas, mais… On a jamais été très proches, tous les deux. Et pourtant, ton aide m’est la plus précieuse.
Alors, euh… pourquoi?
 
Ils étaient dans le salon, la blonde jouait avec Audrey sur ses genoux. Et plus Lyon avançait dans la formulation de sa question naïve, plus les perles bleues de Nathalie se concentraient sur Audrey, ses gestes ralentissaient, son sourire se perdait peu à peu.
 
Miss: …Je comprends le vide que cause la perte de l’être aimé. Honnêtement, si je l’avais su plus tôt, je serais venue t’aider dès que possible. D’un certain côté, je me sens coupable. Je sais pas, mais… *regarde Lyon dans les yeux* J’ai déjà l’impression d’arriver tard. Beaucoup trop tard.
 
Pourquoi Miss l’observait en lui reprochant quelque chose qu’elle-même ne savait même pas encore? Ses yeux bleus marine berçaient l’atmosphère de mystère, de secret. Comme le secret que Lyon cachait. Il força un sourire.
 
Lyon: Au contraire, je pense que tu es venu pile au bon moment.
Miss: Vraiment?
Lyon: Oui. Merci du fond du cœur.
 
Leur conversation se fit interrompre par Rinji qui venait tout juste de préparer le repas avec l’aide de Subaru.
Et pourtant, ces perles marines pleines de reproches continuaient à le regarder. Comme l’œil était dans la tombe et regardait Caïn, il se sentait constamment harcelé par ces yeux-là.
-
Ces yeux le hantaient…
 
Juin 2027, une personne de la SSRH fut kidnappée par les Raven pour faire pression. Evelyn Barthéz Paredes. Il lui avait déjà adressé la parole quelques fois; une jeune femme charmante, pleine de vie, intelligente.
Elle avait été kidnappée par Raven… Ils avaient convenu qu’ils trouveraient la partie manquante du plan de l’Arme plus rapidement s’ils conversaient directement avec Silvara.
L’Etat ne flancha pas, et il avait raison de faire cela.
En juillet, ce fut au tour de Nathalie d’être arrachée de son berceau.
Ces yeux pleins de reproches…
Lyon ne cessait pas de faire tourner cette image dans sa tête; c’était impossible. La profondeur du bleu était hypnotisant, sa pupille se dilatait de plus en plus…
Deux femmes avaient été enlevées par sa faute. Ca le poussait à devenir malade lorsque Rinji et Fan en parlaient à ses côtés. Cette envie de vomir tout son être, son âme, de se retirer en enfer le plus rapidement possible pour ne plus avoir à se faire des reproches, et à expier ses péchés.
 
https://www.youtube.com/watch?v=XoMiVU4Po94
 
Akane vint leur rendre visite, à Audrey et lui, avant d’être envoyée en mission à Quay Island, là où les femmes étaient retenues captives. Ils se baladaient tous les trois dans une fête foraine. La joie éclatait de chaque recoin, et malgré leurs sourires ébahis face à tant d’ambiance, les deux adultes ne pouvaient cacher leur peur du lendemain. En quelque sorte, cette fête foraine les emprisonnait dans une bulle, les expulsaient de la réalité. Audrey, tenait une peluche fraîchement gagnée par son père d’une main, et mangeait une pomme d’amour offerte par la gentille dame de l’autre.
 
Lyon: Ça ne perd pas de la couleur ici, haha.
Fan: C’est vrai! Toujours autant enjoué; brillant de mille feux…
Lyon: Tu veux manger quelque chose? :o
Fan: Nope ça ira, t’en fais pas. 
Lyon: Sûre? *sourit* Après tout, demain, c’est.. le grand jour.
Fan: Héhé, oui.
Lyon: Je prierai pour vous, ce soir.
Fan: *lui donne une tape amicale* Tu fais que ça depuis juin, tu sais :3
Lyon: Ouais, mais les facteurs divins sont lents. Dieu n’a pas encore reçu la lettre…
Fan: P’t’être qu’il a un filtre anti-spam!
 
Ils rigolèrent. Amèrement, mais ils rigolèrent.
-fin de la musique-
 
Lyon: T-tu sais, je… je m’en veux terriblement.
Fan: Hu? Pourquoi?
Lyon: Je sais pas. Mais cet événement a causé une terrible plaie dans mon cœur. C’est douloureux…
 
Le visage de l’élue d’Iblis sembla rentrer dans une profonde réflexion. Pendant son silence pesant, ils sortaient de la fête foraine, sans même avoir eu besoin de communiquer ce fait. Leurs pas étaient synchronisés. Une fois sortis, elle rétorqua ne pas comprendre pourquoi il culpabilisait. Son ton se détacha de toute sentimentalité; seule sa raison parlait.
Comment s’expliquer sans se prendre la foudre? Lyon ne pouvait pas cautionner de perdre une amie. Il se terra dans son silence, en lançant, hébété, qu’il sentait cette culpabilité à cause de son état mental affaibli. Fan accepta cette explication, bien que son doute resta apparent le reste de la journée.
 


https://www.youtube.com/watch?v=-R3tXleqiFs
 
Les mois passèrent.
En août, l’incident de Quay Island fut classé. Nathalie avait été sauvée, mais… Cette femme, Evelyn… elle n’avait pas réussi. Il partit avec Rinji voir l’état des personnes ayant participé à la mission les jours qui suivirent leur retour. Ayden, celui qui travaillait avec Rinji sur l’Arme, était dévasté, allongé comme un mort sur son lit d’hôpital. Fan ne pouvait arrêter de pester contre un certain David Cienfuegos et Raven; en plus de broyer du noir, elle émettait sa volonté de les broyer de ses propres mains. Le chef de leur section se faisait étonnement calme, le regard comme perdu dans les souvenirs de cette mission.
Et…dans la salle d’hôpital, il y avait Nathalie… Affreusement blessée, elle avait néanmoins su garder le courage et la force de rester debout; son état s’améliorait bien vite. En revanche, comment Lyon pourrait se permettre d’oublier le regard qu’elle lui avait lancé une fois qu’il était rentré dans la salle? Ce n’était plus du reproche, c’était pire: son regard était vide. Brisée par l’expérience de la violence, l’amie d’enfance d’Akane avait perdu quelque chose comme tout le monde, lors de cet événement.
Une fois rentré chez lui après un long voyage, le blond s’effondra en larmes. Audrey dormait, il pouvait se permettre de craquer silencieusement. Prenant une photo de sa femme, il lui pria de pardonner ses actes égoïstes. Aucun son n’émanait de son état actuel, mais Lloyd sentait une forte puissance psychique sortir de son hôte. Des ondes à la férocité de grandes lames s’expulsaient d’une manière incoordonnée; et son âme suivait sans cesse les mêmes vibrations.
Les traces humides marquaient son visage comme des traces de rasoirs.
 
Audrey: Papa…?
 
Oh non. Elle n’était pas censée se réveiller à cette heure. Prenant le soin de ne pas tourner son visage meurtrit par les larmes, Lyon lui répondit en essayant de garder un ton constant.
 
Lyon: Qu’est-ce qu’il y a, princesse? R-retourne te coucher, il se fait tard.
Audrey: ..mais…je sens… tu es triste?
Lyon: Non ma belle. Va te recoucher.
Audrey: Tu pleures…
 
Lloyd n’en fut pas plus étonné venant de la part de la fille de Lyon. Elle était aussi très sensible au paranormal, et donc, à tout sentiment psychique. Et ce qui venait de se dégager du corps de son hôte était incontestablement fort, et ce, suffisamment pour tirer sa fille hors du sommeil.
Audrey avança d’un pas hésitant jusqu’à son père. Elle aperçut ensuite une photo de sa mère qu’il venait de poser sur le lit bordeaux. Scrutant l’image sans vouloir en détourner les yeux par peur de voir son père sous un jour affreux, Audrey se rendit compte pour une énième fois à quel point sa mère était belle. Une position haute, noble, une beauté fine et frappante. Puis, une goutte d’eau tomba sur son visage. La petite châtain ne pouvait plus s’empêcher de regarder l’adulte. Une de ses petites mains bronzée vint frotter ses joues humides et pourtant sèches de toute vie.
Lyon regarda Audrey. Sa main vint se poser sur la sienne: malgré la différence de taille, c’était bien la prise de sa fille qui était plus ferme que la sienne. Regardant son autre main, celle-ci trembla de plus belle, ce qui déclencha une réaction de la part de Lyon; la châtain vit ainsi son père se briser en mille morceaux. Il se recroquevillât sur lui-même, impuissant, beuglant des reproches à son encontre.
Elle ne retira pas sa main devant cette scène pathétique.  Après tout, elle ne comprenait pas, ne réalisait pas. Crispant son dos pour faire office de boucler à la tristesse de son père, Audrey encercla comme elle put avec sa main de libre la tête blonde. Elle abaissa sa tête sur la sienne, et le couvrit de baisers.
 
Audrey: Papa, pleure pas… j’aime pas te voir triste…
-
https://www.youtube.com/watch?v=jiHKGmb7_jA
 
Quelle personne sensible, cette Audrey. Après l’avoir vu agir de façon si humaine auprès de son papounet si inhumain, Lyon tenta de retrouver le bon chemin – encore. Il fit de tout; enchaînant les sales boulots les uns après les autres pour elle. La boxe figura de nouveau dans son dictionnaire.
Quand la situation se stabilisa et que les dettes étaient payées, il se remit à son travail de base, emmenant temps en temps Audrey avec lui lorsqu’il n’avait personne pour la garder. Le fait de travailler à cette intensité lui faisait oublier cet événement. Il oubliait Quay Island.
Le temps fuyait entre ses doigts. D’un coup, sa fille grandissait à une allure ahurissante; c’était même une jeune femme à présent. Une très jolie jeune femme, pleine de moralité. Le même sens du devoir que sa mère. Elle, elle grandissait; et pour lui, sa barbe blanchissait.
Il s’en était passé des choses.  La disparition de Fan, l’arrivée de Laelynn dans la famille Weiss. Nathalie était seule pour aider les cousins Weiss à prendre soin de leur fille. Subaru aidait aussi, bien entendu, mais s’occuper de sa famille et de celle de ses cousins était une tâche assez difficile. Nathalie, elle, n’ayant pas fondé de descendance, prenait plaisir à éduquer les filles.
 
Puis, 2045 arriva. Durant toutes ces années, Lyon avait perdu de vue pas mal de ses anciens amis, chose normale: on grandit, on prend des routes différentes. La lettre qu’il avait reçue par les filles d’un couple d’amis lui réchauffa cependant tellement le cœur qu’il en fit part à Audrey. Heureuse de voir son père replonger dans une nostalgie qui lui procurait un grand sourire, elle accepta de venir à ses côtés.
Le royaume champignon… le centre-ville… ça lui rappelait tant de souvenirs. Il avait encore des visions du temps où les forumeurs se baladaient de nuit en été comme en hiver, tous joyeux, contents.
Maintenant qu’il arpentait de nouveaux ces rues qu’il n’avait pas vue depuis un certain temps, et surtout, pas sous ces conditions, il sautillait presque de joie. Retraçant exactement les mêmes lignes qu'il avait l'habitude de marcher avec ses amis, son rythme cardiaque s'accéléra. 
 
Laelynn: Tonton a vraiment l’air heureux…
Audrey: Hmhm, y’a pas de doute.
Laelynn: Honnêtement, je suis stressée. J-je sais pas du tout comment ils sont, e-et ça me- D8
Audrey: Calme Lynn, calme. Ce sont des gens assez spéciaux d’après papa, mais aimables. Puis leurs enfants se posent sûrement les mêmes questions que nous à l’heure actuelle.
Lyon: *arrête de courir et jette ses bras par-dessus les épaules des filles* Mais oui, vous inquiétez pas! Tout va bien se passer, parole de Lyon 
Laelynn: *rire angoissé* hahaha…
Audrey: Ben tiens papa, c’est pas les gens qui sont sur la place?
 
Son regard suivit le mouvement de tête de sa fille. En effet, il y avait des gens.
Il repéra tout d’abord Mael de loin, entouré de jumelles ainsi que d’un jeune homme. Pas loin d’eux se trouvait une brunette, assez discrète, à l’aura tranquille et pourtant malicieuse. Entendant la voix de Gael, il tourna sa tête comme un enfant pour le voir arrivé accompagné de sa femme ainsi que d’une jeune fille à leur côté.
Cherchant en vain la présence de Clésé, son sourire se crispa légèrement par de la tristesse. Mais il vit Just arriver de ce côté-là, accompagné par Blaze qui parlait à un jeune chauve.
 
Audrey: Papa? C’est bien eux?
Lyon: Oh que oui…
Oui, c’est bien eux.
 
Ses yeux larmoyaient déjà. Audrey eut un petit sourire sarcastique face à la réaction de son père qu’elle jugea comme excessive.

Mais bon, elle n’avait jamais ressenti ça, donc elle se contenta de regarder Laelynn d’un air complice. 

_________________


Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate


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Clésé
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 20 Fév - 15:13

"Raven: Tes hommes sont plus à même de protéger ta famille ici que faire face à un possible enfoiré là-bas Dave."
Vas-y c'est des merdes, laisse-les ici :lol *tg*

"David: Enlève tes sales pattes de moi d’abord. J’sens que j’vais bouffer du corbeau rôti ce soir sinon."
Priam: Tu m'enverras ça sur instagram *tg*

"Cela ne lui arracha aucun cri, elle se contenta de rire en reculant, et retira calmement la dague de sa main."
David's manucure & co. C'est classe n'empêche

"David: Et votre femme est d’accord avec ça?
Lyon: Elle est morte.
David: Oh…"
La situation ne s'y prête pas, mais j'ai rigolé comme un gros connard

"Son sang bouillonnait. Il avait vraiment envie de le tuer." Putain mais c'est un bonhomme en fait

"David: Et tenez. C’est de l’Alexandrite."
ALEXANDRITE ALEXANDRA *tg*

"Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art. Et une fois une erreur faite, tout le malheur vous attire dans le désespoir comme un trou noir." Nietzsche/20 *Je sais pas si c'est lui mais c'est parce que ces philolosophique*

"Comme l’œil était dans la tombe et regardait Caïn" Quand la bible s'incruste oklm

"Lyon: Ouais, mais les facteurs divins sont lents. Dieu n’a pas encore reçu la lettre…" Ca va bien de clasher la poste oklm?

"En août, l’incident de Quay Island fut classé." C'est dommage d'en parler juste comme ça et de voir que le résultat final. Au nom, y'a un truc qui me dit que ça doit être une bonne grosse battle

"Elle, elle grandissait; et pour lui, sa barbe blanchissait." Ca fait même pas une ligne, mais c'est classe, comme métaphore.

"Il avait encore des visions du temps où les forumeurs se baladaient de nuit en été comme en hiver, tous joyeux, contents." Avec un peu de sang sur les mains aussi

"Cherchant en vain la présence de Clésé, son sourire se crispa légèrement par de la tristesse."
J'ai encore ri alors que ça s'y prête pas, je m'aime

_________________


"Oh I feel your presence
You'll never leave here
But did you leave me anything?
You're the Phantom of my past..."


Il faut qu'on se suicide, c'est un pari sur l'avenir, et je le prends, parce que je suis un homme en COLERE
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 20 Fév - 15:35

*Repart sur les derniers mots du fragment de Lina*
"Mais ce tour...peut aisément se retourner contre elle"
Et ça commence maintenant.


"David: Alors comme ça, l’boss veut m’y envoyer..hu…

Son sourire s’agrandissait sans cesse, à tel point que la brune se demanda si ses lèvres possédaient une limite d’extension."    


"Empoignant une dague posée sur la coiffeuse en face d’eux, l’homme aux yeux de la folie bloqua une des mains de sa comparse pour la lui enfoncer. Cela ne lui arracha aucun cri, elle se contenta de rire en reculant, et retira calmement la dague de sa main. David la regarda avec un sourire en coin tout le long." Bordel, meilleure complicité du monde.
David: *Lui coupe la tête*
Raven: *La rattache et rigole*


"David, qui habituellement rirait de ce genre de choses, put s’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur.
Un pincement au cœur pour l’idiotie de cet homme. Quel faible. Perdre la boule avec la mort d’une seule personne. Il en avait presque l’envie de le torturer pour lui montrer ce que c’était que la réelle souffrance. Donner une chose si importante après un si petit événement… Son sang bouillonnait. Il avait vraiment envie de le tuer."



"Et pourtant, Lina n’avait pas totalement échouée. Le rictus de l’élu de la terre l’aurait sûrement bien fait rire, quand il s’aperçut que la plus importante partie avait été enlevée du lot."
Oh la BGETTE
Ce tour ne se retournera pas tout de suite.
Par contre, le démon de l'eau va bientôt mourir. /PAN/

Moi qui m'était demandé comment les personnages de l'incident de Quay Island seraient après l'intro, j'ai un petit peu ma réponse, et tout ça? La faute à Lyon.
Lyon: *Meurt et rejoint Lina*
Lina: ....Tu es fier de toi?
Lyon: Ne me le rappelle pas pls.


Fin nostalgique, aussi une petite transition, hâte de voir comment tout ce merdier va se terminer...
Probablement comme ça.


Lyon: *Tranquille dans sa maison*
Yemon: *Ouvre la porte normalement* HEEEEEERE'S YEMOOON
Lyon: ...Tu n'a pas cassé la porte avec ta tête?
Yemon: Ce n'est pas tes biens que je veux briser, c'est toi! *Craque ses poings* Approche un peu! *Rigole*


Bref, j'ai hâte, on n'est plus très loin et après....EDWARD /PAN/

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 20 Fév - 23:33

"Cela pouvait paraître langoureux, mais il n’y avait aucun sentiment derrière ce geste: juste une malice égale au brasillement de ses yeux." Ouais c'est ça *tg*


"elle lui enseignait plus de choses sur comment s’occuper proprement d’un enfant." "Non, on le lui donne pas de la bière au biberon éwé" *tg*

"Lyon: Ouais, mais les facteurs divins sont lents. Dieu n’a pas encore reçu la lettre…
Fan: P’t’être qu’il a un filtre anti-spam!" -meilleure blague de l'année-


"Ce sont des gens assez spéciaux d’après papa" Assèz spéciaux il est gentil *tg*

Bonne suite, pas mal d'évènements assez condensés, la suite avec forumeurs incoming *tg*

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Il est le calme qu'elle ne pourra plus jamais obtenir."
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Jeu 23 Fév - 21:39

X
 
 
https://www.youtube.com/watch?v=i1rLqhR8tmw
 
2045 fut synonyme de la renaissance du phénix de ses cendres. Lyon se voyait rajeunir de jour en jour face à la redécouverte de la vie en compagnie de ses amis. Audrey était tout d’abord peu confiante à l’idée de laisser son père perdre son sens des responsabilités pour se divertir avec ces forumeurs… c’est sa rencontre fortuite avec les frères Doe qui lui fit reconsidérer son choix, la belle jeune femme ayant enfin trouvé elle-même le sentiment de joie remontant à travers le filtre de son existence monotone face à cette retrouvaille.
Par ailleurs, Lyon fut pas mal submergé par l’étonnement lorsqu’il revit ces deux têtes blondes. Dieu qu’ils avaient grandi… ! Il se souviendrait à jamais du jour où il les avait recroisé en ville.
 
Dean: Hahaha… b’jour, monsieur Weiss! Vous vous portez bien?
Emrys: …
Lyon: Hu? 
Audrey: Papa, ce sont Dean et Emrys Doe. Tu sais, les garçons qu’on allait voir chaque vacances d’été… !
Lyon: Awi, les p’tites têtes blondinettes.

Attends, c’est réellement vous?
Dean: ^^
 
Lyon lui-même était plutôt grand pour un homme. Mais Emrys le dépassait de manière visible à présent, là où son frère aux cheveux adorablement en bataille, autrefois si petit, si fragile… l’avait presque rattrapé. Et avait gagné en musculature, bien que gardant son apparence fine.
                                                                             
Lyon: W-WOUAH D8 ATTENDS C’EST PAS POSSIBLE *prend le visage de Dean entre ses mains* SERIEUSEMENT?
Dean: *rigole* heureux d’vous revoir aussi, m’sieur Weiss ^^
Emrys: *amusé, sourit aussi* ça faisait longtemps mais je ne pensais pas que ça allait provoquer cette réaction pour autant.
Lyon: *regarde Dean droit dans les yeux* …Tu sais, maintenant que tu as grandis tu me rappelles quelqu’un, mais je ne saurai dire qui 
Dean: Oooh, vraiment? Dîtes-le-moi si jamais vous trouvez ^^
Lyon: Et toi, grand gaillard *tapote l’épaule d’Emrys* Mais c’est dingue, t’es encore plus musclé que moi. La boxe ça t’a réussi. 
Emrys: Ah? Merci.
 
Avec l’étrange impression de déjà-vu inspiré par le physique de Dean, Lyon scruta sérieusement la stature de son frère. Son visage, surtout. Ils avaient un air de ressemblance tous les deux, c’était certain et ça a du sens.
Mais ils lui rappelaient quelqu’un. L’image étant trop flou, la possibilité d’imprimer le visage de cette personne lui était pour le moment impossible.
Lloyd lui aussi semblait interpellé. Plutôt énervé, même.
 
Lyon: Ça va me rendre fou cette histoire quand même! Quoiqu’il en soit *arbore un sourire machiavélique* vous êtes devenus sacrément beau gosses vous deux quand même 
Emrys: …Ah.. ?
Dean: *regardé Audrey avec un air déconcerté*
Lyon: Et toi, Deanou! N’as-tu pas omis un détail?
Dean: Quoi donc? :o
Lyon: TU SORTAIS AVEC MA JOLIE FIFILLE AVANT QUE VOUS NE PARTIEZ  A CAUSE DE TOI ELLE A COMPLETEMENT CHANGE D’ATTITUDE FACE AUX GARCONS, ELLE ME SORT DES EXCUSES COMME « Les études avant tout papa  » ET D’AUTRES CHOSES MEANINGLESS
 
Les jeunes se regardèrent pendant un moment qui sembla durer une éternité. Rougissant légèrement de gêne, Dean lui détacha un rictus, et sa fille prit la parole.
 
Audrey: Bon, papa, on en a déjà discuté. Nous somme des adultes maintenant, et ce n’était qu’une phase de l’adolescence.
… Il faut déjà qu’on apprenne à se reconnaître avant de décider sur comment continuer. Hm?
 
Pris dans son élan dramatique, le vieux blond lâcha une larme et alla déposer un baiser sur la joue de sa fille. Elle n’avait décidément pas perdu son sens de l’honneur! Elle ressemblait tellement à sa mère, de ce côté-là.
 
-fin de la musique-
-
Puis, il y eut la retournée étrange et émouvante de Clésé, le parrain de sa fille, ainsi que son épouse. Bien que ne supprimant pas des questions et doutes de son esprit, il l’accueillit à bras ouverts. Des fois, les anciens forumeurs se réservaient des petites soirées entre eux dans un bar, avec toujours le même barman en service. Même lui n’avait su faire face aux rides du temps.
 
Makio: Je paye une tournée en plus pour tout le monde! A votre santé~
Gael: Je sais pas si c’est vraiment une bonne idée…
Just: Encore on a la bonne idée de connaître des limites, mais Lyon il y survivra pas. 
Lyon: ILETAI UNPETI NAVIREUH..QUIN’A..JA..JAMAIS VINAGUE….
Clésé: VAS-Y CHAMPION FAIT PETER LA CHANSON
 Lyon: WOUHOUUUUUU-
Mael: Attends Lyon, laisse-moi juste prendre tout ça en vidéo 
Gael: *est dans le champ de la caméra*
Mael: C’est.. en souvenir du vieux temps é_é
Just : *fait une videobomb* 
Mael: Voilà, ça c’est l’esprit que j’veux voir >:3
Clésé: *vient en même temps danser à côté de Lyon qui frôle le coma*  *tourne sa tête* eh bro ça va?
Lyon: Easy peasy 
Barman: Donnez-lui un doliprane les gars, j’voudrais lui éviter l’hôpital 
 
Bref, c’étaient là leurs petites couillonneries du quotidien. Des scènes qui lui effaçaient les tracas quotidien de sa mémoire.
-
20 mars 2050
 
https://www.youtube.com/watch?v=_vBTizLUTs8
 
Avec ce rapprochement, il voyait un peu moins Rinji. Depuis que Subaru vivait dans un autre pays avec sa famille, les deux cousins avaient pris pour habitude de se voir plus souvent. Mais à présent… Beaucoup de choses bouleversèrent leur intimité. Pas de là à les éloigner, mais à chaque fois qu’ils communiquaient, les Weiss tiraient une sphère mystique autour d’eux. Peu de gens comprenaient réellement les véritables sens de leurs mots ou bien leurs intentions dans ces moments-là. Le monde n’existait plus; c’étaient juste les yeux de l’océan en tête à tête avec le ciel mélancolique.
Et des fois, Rinji lui lancerait un léger sourire. Quelque chose d’extrêmement rare à voir, mais non pas déplaisant. Ce petit sourire lui ferait penser, par la suite, au bon vieux temps. Au petit Rinji, tenant la main de ses parents ou de son frère. Ses petits yeux sages, qui conversaient souvent avec Tatsu, semblaient toujours appartenir à une autre dimension.
 
Aujourd’hui, en 2050, l’aîné et son cadet de  53 ans passaient du temps dans la maison de ce dernier. Leurs filles parlaient ensemble dans le salon, tandis que les pères, dehors, discutaient tout en cueillant les fruits du cerisier.
 
Lyon: Et puis par la suite Blaze a décrété qu’ils n’en avaient pas pour autant le droit d’éclater la piscine de cette manière… T’imagine! Leur visage à ce moment c’était vraiment pas à rater.
Rinji: *esquisse un sourire* Réellement? Ça a l’air amusant, dit comme ça.
Lyon: Ces p’tiots sont amusants dans tous leurs états. Honnêtement… je trouve que c’était une bonne idée de les amener à se rencontrer. Il y a moins d’étincelles qu’à notre époque, mais ça fait tellement du bien au cœur de voir une sorte d’héritage 
 
Rinji ne lui répondit pas, mais lâcha un petit souffle n’ayant pas pu s’accomplir en tant que rire. Lyon arrêta son action et l’étudia. Ça faisait un long moment que le plus jeune n’allait plus rencontrer leurs amis. Rinji a toujours été réservé sur les relations, ainsi que scrupuleusement sérieux… toutefois, ce rejet discret des forumeurs étonna l’ancien blond.
 
Lyon: Dis-moi… tu voudrais pas venir avec moi et les filles la semaine prochaine? On avait organisé un dîner tous ensemble. Ils ont l’air de vouloir te voir aussi.
Rinji: Oh, j’ai du travail.
Lyon: Vraiment?
Rinji: Comme toujours ces derniers temps. Depuis que l’Etat a allié ses forces avec cette famille, ça déborde de partout.
Lyon: Ah oui. Tu t’étais même disputé avec les autorités pour arrêter les recherches sur…l’Arme. C’est ça?
 
La culpabilité lui remontait progressivement à travers la gorge lorsqu’il prononça ces mots. Mais il ne pouvait pas se permettre de la vomir.
 
Rinji: Ouais. Je hais la tournure que ça prend. On était parti d’un principe de base pour renforcer la paix, et ça ne va finir que par assurer la puissance de celui qui saura en profiter en premier. Ce gars, Kondo…
Lyon: Il est louche?
Rinji: Et malin. J’ai l’impression que ses coups sont calculés. Pourquoi ne pas serrer la main de Silvara plus tôt? Parce qu’à l’époque il n’allait pas en tirer des bénéfices. Là, avec le nombre d’indices qu’il a de son côté, il pense pouvoir se permettre de collaborer avec nous pour finaliser le projet. Il en tirera cependant tout le profit, à sa guise.
Lyon: Allons Rin, tu as toujours été un peu parano sur ce genre de choses *3* Tu es sûr? Car de ce qu’on sait il n’y a jamais eu aucun problème avec Kondo.
 Rinji: La SSRH est pourtant d’accord avec mes doutes. Pour eux aussi, Raven est sous les ordres de ce gars-là.
Lyon, réfléchis. Akane… Même les Russel ont disparu. Enfin, Cloud ne donne plus de signe de vie, mais pour une étrange raison je ne me fais pas beaucoup d’espoir sur sa situation, vu dans quel état est son fils. Et puis Inoue, le seul sauf pour le moment, est pas moins en danger. Ces trois-là ont déjà fait face à une menace concernant l’Arme, non? Quand les mafieux avaient kidnappés oncle Vaughn, ils les avaient aussi emmenés avec lui.  J’arrive pas à me calmer l’esprit quand je me dis que cette pauvre fille a pu… être entraînée vers sa perte à cause de ce Kondo, de manière indirecte. Si jamais il lui avait causé du tort… je-
Lyon: Un homme, aussi riche soit-il, se montre souvent assez peu intelligent Rin. Enfin, c’est plus une question de volonté; l’argent est là, il est confortable, et voilà. Rien de plus n’est nécessité. Tu l’as déjà rencontré, non?
Rinji: Oui.
Lyon: Tu n’en es pas mort.
Rinji: …Lyon, ça n’a pas de sens…
Lyon: Tu es juste trop stressé à cause de ce poids. Mais c’est une réaction normale; après tout l’Arme est un grand projet, tout papa serait stressé à l’idée de voir son projet se concrétiser au sein d’un rassemblement de plusieurs personnes ^^
 
Ses mots étaient doux comme du poison, paralysant peu à peu Rinji de son activité. Lyon connaissait pourtant les dangers également. Il avait même lu la lettre d’Edward, le concepteur, qui n’avait accordé sa confiance à personne de son entourage… mais à Lina. Mais cette lettre n’avait jamais mentionné le nom de Kondo. Voir son cousin s’affoler l’esprit pour ça le rendait triste, c’est ce pourquoi il voulait le rassurer.
Mais ce « héros » ne se rendait pas compte que le poison atteignait de manière vorace son cerveau également. A travers ce réconfort, il se logeait peu à peu lui-même dans sa préférence pour l’ignorance.
 
Rinji: …Tu as peut-être raison, je peux être fatigué. Ça doit être du… regret. Mêlé à de l’incompréhension. Il y a tellement de choses qui me hantent.
Lyon: Je te comprends, tu sais. Et puis tu essayes d’épargner tous ces soucis à Lael, c’est totalement honorable de ta part. Mais ce sont les mystères de toute une vie qu’on arrive généralement peu à déceler.
Bon, les paniers sont pleins. On va pouvoir aller faire des tartes \o/ Rentrons. Et je veux te voir venir pour le dîner de la semaine prochaine 
 
Le scientifique acquiesça. Tandis que le blond rentrait fièrement les paniers à la main tout en parlant avec les filles une fois à l’intérieur, Rinji plongea son regard dans le feuillage du cerisier. Un pincement au cœur lui fit éteindre ses yeux.
Ils avaient planté cet arbre ensemble à l’époque. Elle insistait tellement que le gardien de Tatsu avait craqué. Son sourire de petit ange était inoubliable, ressemblant à un véritable enfant qui s’amuse avec la terre tandis que son aîné plante le fruitier.
Une feuille valsa hors du feuillage et se déposa sur sa chevelure, le tirant ainsi hors de ses pensées. Rinji le dégagea délicatement, prit les paniers restant et rentra.
-
https://youtu.be/pjbCW25CC6I?t=14s
 
16 juillet 2050
 
La canicule d’été au rendez-vous, les Weiss décidèrent de faire une réunion de famille ainsi qu’un barbecue. Cela se passait chez les parents de Lyon. Tandis qu’Audrey et Laelynn discutaient avec les enfants de Subaru, ce dernier s’occupait du barbecue avec Vaughn et l’une de ses filles, et Bianca était posée dans la balancelle, entre Rinji et son fils.
Même si la mort lui avait ôté sa femme, Lyon remerciait Dieu de tout son cœur pour laisser ses parents dans leur bonheur actuel. L’âge pesait sur leur corps, mais ils n’en avaient pas perdus leur joie, et ce malgré tous les malheurs que la vie pouvait leur réserver. Ils savaient profiter du bonheur.
 
Bianca: Je peux te demander un service Rinji?
Rinji: Hm?
Bianca: Pourrais-tu faire la salade? Les tiennes sont toujours les meilleures *3*
Lyon: Sa nourriture est simplement toujours la meilleure!
Rinji: Oui oui, si tu insistes.
Bianca: Ouaiiiis  C’est déjà triste que les trois monstres là-bas te laissent pas t’occuper du feu :<
Subaru: *se retourne vers eux* Allons tata, on a le droit de cuisiner nous aussi D8
Vaughn: *prend un tout petit bout de viande et la lance sur Bianca* Tiens goutte ça bichette, là tu abandonneras tout de suite Riri et sa cuisine d’amateur 
Bianca: *le bout atterrit sur son chapeau* Super.
Bon ben écoute je vais rester pour la cuisine d’amateur hein. Puis il saurait mieux lancer lui. 
Vaughn: C’était pour te donner un challenge mais j’oubliais que tu n’as jamais été sportive 
Bianca: C’est celui qui se bloque le dos tous les soirs en voulant faire des roulé-boulé dans le lit qui me dit ça 
Laelynn: *entend, n’arrive pas à étouffer un petit rire*
Vaughn: Eh oh bichette même Lynn se fiche de moi là, c’est pas très gentil :<
Audrey: *avance et fait un bisou à Vaughn* Allons grand père, elle rigole au fait que tu n’aies pas perdu ton âme de sportif toi.
Vaughn: Ooow, c’est vrai? 
Laelynn: Oui oui, c’est cela. Même moi à mon âge j’ai du mal à garder le rythme ><
 
Elle se fit alors décoiffer par un de ses cousins à côté qui lui dit d’arrêter de prendre parti pour Bianca, tandis que la fille de Subaru qui gérait le feu avec les deux hommes rigola en disant que Vaughn commençait à avoir beaucoup trop de personnes dans sa team, et que c’était pour cela qu’il était important de favoriser Bianca. Audrey continua à chouchouter son grand père en affirmant cependant sa neutralité, ce à quoi sa grand-mère soupira dramatiquement en lui disant de lui donner un peu d’amour également. Lyon observait la scène avec un sourire en coin, histoire de se retenir, ne pas esclaffer de rire. Rinji se leva pour permettre à sa nièce se s’asseoir et cajoler Bianca, puis il se dirigea silencieusement à l’intérieur pour préparer cette fameuse salade. Lyon lui suivit du coin de l’œil et se leva pour prêter assistance; son départ provoqua une course entre cousins pour savoir qui allait gagner  l’honneur de s’asseoir.
 
Lyon: Need any help mon dear cousin? 8D
Rinji: Ah tiens, pourquoi pas.
Laelynn: *entre prendre une bouteille de boisson en plus* ne faîtes pas attention à moi  /
Lyon: Comme d’habitude 
Laelynn: …
Lyon: Mais non je rigole Laelichou tu sais que t’es n°1 dans mon cœur :( Tonton luvs you :(
-fin de la musique-
 
Rendant un adorable sourire, elle sortit pile au moment où son père se coupa légèrement le doigt. Fronçant seulement ses sourcils, il leva le doigt et attendit une seconde pour que la plaie puisse se refermer.
 
Lyon: Arf ça va?
Rinji: Oui oui, t’inquiète pas.
Lyon: C’est pas ton genre de te couper bêtement quand même. Puis t’as l’air évasif depuis qu’on est arrivé ici :o
Rinji: *soupir* Ça va.
Lyon: *ferme la porte et vient à côté* C’est le travail? J’ai entendu dire par Lael que t’étais pas dans ton assiette à cause du stress.
 
Les volets de la porte vitrée étant fermées, toute la pièce fut plongée dans une atmosphère de calme. Le bleu dominait la cuisine. Rinji déposa le couteau.
 
Rinji: Oui c’est vrai.  Mais bon, comme tu me l’avais dit il y a quelques mois, rien de mal ne peut en résulter, hm? L’Arme, ce sera sûrement l’achèvement le plus positif de ma vie.
 
Il employait un ton doux, calme, qui cachait que très bien le mépris. C’était comme ça entre ces deux-là; les mots n’étaient qu’un plus pour communiquer. Lyon sentait parfaitement le reproche.
                                                                                                                                          
Lyon: … Bon ça a l’air décidément sérieux tout ça. Rin-
Rinji: Pas maintenant. Notre famille ne se retrouve que peu de fois, l’envie de te tracasser avec ces problèmes n’est pas présente. On en rediscutera une prochaine fois si tu veux bien.
Lyon: …Ouais, bien sûr.
-
Ils n’en eurent jamais l’occasion; au retour Laelynn et Rinji décidèrent de visiter le père de ce dernier. Et depuis, Lyon ne le revit pas.
 
23 août 2050:
 
https://www.youtube.com/watch?v=ecdYeRJYdzE
 
La pièce grisonnante faisait son deuil. Seules les bibliothèques se tenaient droites face au poids pesant de la vie.
La cuisine jumelée avec le salon était en piteux état. De nombreuses traces d’armes blanches avaient rayés l’argenterie; des placards s’étaient affaissés inévitablement au sol.
Malgré l’état de la bibliothèque, les livres déchiquetés jonchaient le sol. Avançant comme un mort revenu à la vie, Lyon devint sourd aux cris qui s’insurgeaient contre la vie devant la maison. Il s’enfonçait de plus en plus dans le couloir, traînait ses doigts gantés à travers la partie du mur blessée par une longue trace semblant encore s’apparenter à une arme blanche. Quelques éclaboussures de sang qui s’accompagnaient avec étaient devenues noires à l’heure qu’il est.
Le cri spirituel de la maison lui disait de s’en retourner; de s’en aller. Le couloir de plus en plus sombre semblait mener à l’enfer. La pièce tout au bout… sa porte était ouverte.
Il fit attention à bien enjamber les meubles amenés à terre pour ne pas brusquer la scène.  Ceci était l’œuvre d’un fou. L’odeur amère du sang s’intensifiait, troublait ses narines, donnait une migraine à son esprit.
 
https://www.youtube.com/watch?v=i6JNDsAabLs
 
Il entra dans le bureau. Par la seule fenêtre de la salle teintée de marron, on pouvait apercevoir le cerisier qui avait fini de donner ses fruits pour cette année.
Et puis…
Il tourna son regard, tremblant, vers le corps.
Les pleurs de Laelynn s’amplifiaient.
Lyon ferma les yeux, se retint d’exploser sa tristesse face à cette injustice.
C’était de sa faute s’ils en étaient arrivés à là.. Si jamais il n’avait donné ce plan…
 
S’accroupissant devant le corps, il regarda avec amertume ce que le petit garçon rempli de joie était devenu.
Aucune flaque de sang ne s’était pas formée autour. Tch, même agonisant son corps avait tenté de réparer les fissures jusqu’à la mort… sachant lui-même que les blessures trop internes ne pouvaient être guéries.
Ce corps, en dehors de l’âme, avait aussi tenté de préserver sa vie. Sûrement alors que son esprit lui-même voulait quitter ce monde.
Son visage semblait encore plus angélique, mais pourtant… malgré la paix enfin trouvée; cet ange semblait être rongé par le souci.
Il ne lui avait jamais reparlé de ça, n’en avait pas eu l’occasion. Et maintenant?
Ces deux cousins qui n’avaient pas besoin de communiquer avec la parole. Qu’en étaient-ils devenus? Rinji pouvait-il lui exprimer son tracas à travers la mort?
Une  nouvelle lignée de remords jaillit à travers sa gorge. Oh que oui, il voulait crier, pleurer, se jeter au sol; contre la terre; dans un puits; en enfer, même.  S’il avait été vivant, Rinji lui aurait sûrement dit de s’abstenir pour ne pas fausser les empruntes et autres indices.
Sacré Rinji…
Son aura apaisante n’était plus. Il ne restait plus que la dureté de la chaleur étouffante du mois d’août.
Allongé contre le mur, une main venait s’arrêter plus loin devant tandis que l’autre tenait une ancienne blessure. Son regard était dirigé vers la fenêtre, comme si sa main s’y orientait pour lui donner sa force de se lever.
De ce côté-là… La vue était pleinement dégagée sur le cerisier. D’où le fait que l’homme avait autrefois disposé son bureau à cet endroit précis.
Pour ne pas perdre de vue l’évolution du cerisier.
Son dernier regard, son dernier souffle… était dirigé au cerisier.
 
L’ancien blond, appelé sur les lieux en tant que détective, sortit de l’antre des cauchemars. Le soleil l’éblouit.
Cet orbe ne le réchauffait plus malgré la canicule. Il nécessitait sa veste. Derrière les voitures des autorités se trouvaient deux jeunes femmes. Elles se démarquaient du lot.
Audrey et Laelynn. Audrey tenait cette dernière dans ses bras comme le plus précieux des ors; comme si elle voulait empêcher son âme de s’envoler. Le visage de sa nièce n’était même plus visible. Elle enfonçait tout son être contre la figure d’Audrey.
A la différence d’Audrey, Laelynn n’a jamais connu l’amour d’une mère. Elle a juste eu son père; toute sa vie. Bien que la présence de Nathalie lui apportait du bonheur… ce n’était pas sa mère.
Et maintenant, son père n’était plus. La seule personne qui l’avait bercé d’autant d’amour que possible malgré sa nature réservée, réduit à néant.
Rinji avait été un père formidable, bien plus formidable que Lyon. Sa faiblesse avait causé du tort à Audrey même si elle en résulta comme une fille responsable et digne. Rinji, lui, n’a jamais craqué face à Laelynn. Il lui inculqua les valeurs qu’Audrey fut contrainte d’apprendre seule.
Et ce pilier avait chaviré.  Le cœur de cette petite Laelynn permettait à ses plaintes de s’élever pour terminer en écho. Ces ondes représentaient les ondes de tristesse.
Lorsqu’Audrey vit Lyon sortir de la maison, son regard se durcit. Encore un trait hérité de Lina.
Elle ne fronçait pas les sourcils par colère cependant. C’était une façon de montrer à son père qu’elle était forte.
…Mais surtout…
 
Audrey: *les larmes commencent à border ses yeux* Papa….
 
Cette réaction déchaîna le Lyon intérieur. Il vit Audrey pleurer pour la première fois depuis son enfance.
Un spasme l’anima, il bloqua sa bouche avec sa main mais ces mêmes rasoirs liquéfiés venaient faire rougir son visage de peine. Comme lors de cette nuit…
 
Audrey: P-papa, promets-moi… non, promets à Laelynn… à toute notre famille… Que tu vas trouver celui qui a causé ça.
 
Ne pouvant plus parler, il hocha la tête et vint rejoindre les filles. Il les serra tendrement dans ses bras, déposa d’innombrables bisous sur leurs têtes.
-
-flashback-
Lyon: Alors?
Rinji: …Alors quoi?
Lyon: Ca fait quoi d’avoir 18 ans?
Rinji: Rien d’extraordinaire pour le moment. C’est juste une donnée.
Lyon: Aaaw t’es un gros rabat-joie Rin :<
Rinji: Ça doit être dans ma nature.
Lyon: T’as vraiment pas aimé notre petite surprise? Tout le monde s’est donné à fond pourtant, et on a même pas pu t’arracher un sourire éwé
Rinji: J-j’ai pas dit ça…
J’ai beaucoup apprécié, si tu veux savoir. C’était gênant, mais j’ai aimé.
…Voire adoré.
Lyon: Aaah ben voilà! Ça c’est ce que je voulais entendre 8D Pourquoi tu peux pas dire ça à haute voix devant tout le monde?
Rinji: Tout le monde n’a pas les mêmes facilités que toi, Lyon. Tu peux affirmer ton amour par les paroles et les gestes, et tu en es bien chanceux, mais ça marche pas comme ça pour le reste des personnes.
Lyon: Alala…
Rinji: Mais aujourd’hui, même Makio s’est montré agréable envers moi. Donc je suppose que je devrais aller les remercier... beaucoup pensent que je suis un enfoiré, j’aimerais au moins leur épargner cette idée-là pour cette fois.
Lyon: Dis pas ça! Ils savent bien quel genre de gars tu es voyons! Mais ça va bien leur faire plaisir tout ça, c’est sûr 8D
Rinji: *esquisse un sourire* Probablement.
-fin du flashback-
 
Dut à son lien avec Rinji, Lyon se vit être enlevé l’affaire de ses mains. Les autres enquêtes conclurent toutes sur un suicide causé par une folie liée à la fois à l’anxiété du travail ainsi qu’aux forts sentiments réprimés tout ce temps.
Tch. C’était impossible, ces abrutis n’avaient pas leurs yeux en face des trous. Tout ce désordre causé, les traces de combat apparent au sein de la maison… dues à de la folie?
 
Laelynn: Mon oncle… vous me croyez, vous, au moins, non?
 
Après l’enterrement de ce dernier, la famille Weiss se rassembla de nouveau dans la maison de la mère de Rinji et Subaru. Parlant de ce dernier, il ne vint pas à l’enterrement.  Ayant toujours eu un cœur fragile, entendre la nouvelle de la mort de son cadet le plongea dans la maladie, et son chagrin était si fort qu’il ne put se déplacer.
Laelynn était restée avec Lyon dans le couloir principal. Ses yeux faisaient offices de glace quant à ses sentiments: Lyon pouvait y lire tout le désespoir.
 
Laelynn: Quand j’assure qu’il ne s’est pas suicidé… vous me croyez  au moins?
Lyon: Bien sûr, Lael.
Laelynn: Mon père… ils disent qu’il était rendu fou par le projet de l’Arme… mais même les soldats de l’armée qui sont venus à l’enterrement l’ont confirmé- il ne l’était pas! Mon père… mon père n’était pas fou! Mon oncle, vous le savez très bien aussi…pas vrai?
Lyon: Je dois être l’une des personnes les mieux placées pour affirmer, Lael.
Laelynn: Alors pourquoi ne pas rendre justice en trouvant le meurtrier de mon père?
 
Cette question le transperça.  Laelynn a toujours été une fille douce et sage peinant à trouver ses mots, essayant de les rendre le plus doux possible. Et ce trait de caractère était sûrement était resté avec la Laelynn d’autrefois.
Tel un enfant qui venait de se faire piéger, Lyon devint très gestuel, sa respiration se saccada.
 
Lyon: …On m’a retiré l’affaire… et elle a été classée, par le sceau royal qui plus est. On ne peut plus y revenir…
Laelynn: Moi je suis prête à aider pour la vérité, mon oncle.
Peu importe si on ne devrait plus enquêter dessus. *prend ses mains et se rapproche* Mon oncle, pour l’amour de Dieu… Vous n’aimeriez pas permettre à votre cousin de reposer ne serait-ce qu’un peu en paix? En élucidant cette affaire…
Lyon: Lael…je…
Laelynn: Mon père était spécial, oui. Il ne parlait jamais beaucoup, encore moins quand il n’avait rien d’intéressant à dire. Mais c’était un homme passionné…et  blessé… qui a su garder la tête haute. Il m’a fait grandir dans de si bonnes conditions… je ne peux pas me permettre de briser son héritage en permettant à ces… à ces… à ces pourritures de lui cracher sur sa tombe!
Lyon: …
Laelynn: Mon père n’a jamais été fou. Aidez-moi à le prouver.
Lyon: …Bien, très bien, Lael. J’enquêterai, mais seul.
Laelynn: Que-
Lyon: Comme tu l’as dit, il y a quelque chose de très louche derrière tout ça. Tout le monde le sait, ça en crève les yeux. Mais il n’y a que toi de courageuse, ma petite nièce, pour le crier haut et fort. Cependant, je ne veux pas te mettre en danger. J’enquêterai donc seul.
Laelynn: …
Lyon: *joue avec ses boucles* Je ne permettrai pas à ces pourritures, comme tu dis, de cracher plus longtemps sur mon cousin en concluant cette affaire d’un misérable suicide.
Tu as raison. S’il y avait bien quelqu’un de sain dans ce monde, c’était bel et bien Rinji Weiss.
Laelynn: ..snif… m-merci mon oncle…
Lyon: *la serre dans ses bras, lui fait un bisou* Merci à toi pour m’avoir aidé à retrouver le courage perdu depuis la mort de ma femme, Lael.
 
Ils arrêtèrent de parler, mais ne bougèrent pas pour autant. Comme tout le monde, ils avaient aussi besoin du temps pour eux.
Cette tragédie avait su rendre Laelynn plus forte. Et sa force n’était pas n’importe laquelle; c’était ce chant qui permettait aux personnes désespérées comme Lyon de se relever, et de se battre pour l’espoir et la vérité, tout comme elle.
-
https://www.youtube.com/watch?v=JWwHpVvgccc
 
Cette enquête… dura bien trop longtemps. Cinq ans plus tard, que peu de choses avaient été élucidées et pourtant ni la nouvelle gardienne de Tatsu, ni Lyon, ni personne de la famille ne perdait espoir.
Il avait arrêté son métier d’archéologue pour se consacrer pleinement à la résolution de meurtres. Tous ses clients avaient été satisfaits jusqu’à présent… sauf sa nièce. Mais jamais Laelynn ne le pressa. Lorsqu’elle le regardait, ce gentil sourire animait son visage, lui faisait part de sa confiance. Alors, pour ce sourire, pour Rinji, Lyon devait réussir.
C’est la suppression de la section SSRH de l’armée en 2051, suite à l’annihilation complète de ces derniers lors de la dernière bataille contre Raven –présumé par ailleurs supprimé tout comme la section-, qui le mit sur la route des doutes infondés de Rinji avant sa mort. Walter Sandrigo s’insurgeait sans cesse aussi, en pestant qu’il n’allait pas travailler pour le même ordre que le patron caché des Raven. Suite à quoi venaient s’appuyer le silence de ses camarades armés de regards approuvant ses dires.
Et ils étaient maintenant tous morts.
 
Kondo… Il a fait ses recherches, sur cet homme. Pourtant, l’héritier actuel ne semble rien avoir à cacher. La raison de ce manque d’informations serait-elle liée à sa puissance? Ne rien laisser d’important à son sujet dans les archives, il devait bien en être capable vu sa fortune.
Il relit pour la énième fois son dossier dans le noir, éclairé seulement par la petite lampe de bureau.
 
Lyon: *lit*  5 janvier 1986, Yemon Kondo, fils de Seiichi Kondo et Lisa Oz. Le titre de noblesse des Kondo tient des racines d’Altanri, il avait par ailleurs de nombreuses femmes…bref… sautons au 13 juin 1993. Un incendie s’est déclenché dans le manoir de la famille, Yemon a été le seul que les domestiques ont pu secourir à temps.
Comme par hasard, seul héritier vivant. Il a métamorphosé la famille en rejetant le titre de noblesse pour pouvoir s’imposer dans tous types de marchés. Donc rien n’exclue le marché noir, ni la mafia. L’hypothèse de la SSRH sur Raven et Kondo…était peut être vérifiée.
 
Depuis quelques années maintenant Lloyd le faisait de plus en plus souffrir. L’esprit s’était étonnement calmé depuis les années de sa jeunesse, mais maintenant, il recommençait. A vrai dire, ça lui avait un peu manqué. Depuis son jeune sage, lui et Lloyd… n’avaient plus trop communiqué. A vrai dire, à part de rapides sensations, ils communiquaient que très rarement. Ou alors Lyon avait arrêté de s’intéresser à lui pour se concentrer sur ses problèmes. Mais tout cela était de retour. Différent, mais de retour.
 
Audrey: Papa, tu devrais aller te coucher. Il se fait tard.
Lyon: Hm? Laisse-moi encore un peu de temps chérie, je dois passer à côté d’un détail important… j’en suis sûr.
Audrey: Tes yeux se ferment tous seuls papa. Rends-moi un service et dors-donc =3
 
Admettant que sa fille devait avoir raison, il se leva de son bureau et se dirigea vers son lit. Il envoya un baiser de loin vers la femme comme pour dire que tout allait bien. Attrapant le bisou magique, elle lui en renvoya un autre et ferma la porte après lui avoir souhaité une bonne nuit de sommeil.
 
https://www.youtube.com/watch?v=6Do-UphMu18
(lire en boucle si nécessaire mais ça devrait être bon techniquement)
 
Alors qu’il s’immergeait dans le monde onirique, une voix le réveilla en sursaut. Ce n’était pas Audrey, la voix était masculine.
 
Lyon: Qu-
(…Lyon.)
(….Tu as l’air de m’entendre. Enfin)
Lyon: Qu’est-ce qu’il se passe… 
(Lyon, tu m’as déjà oublié?
Allume la lampe de chevet.)
 
La flamme de la lampe éclaira suffisamment son visage pour le tirer hors du sommeil de manière définitive. Mais ce n’était pas le but de la voix; le but était de rendre son ombre encore plus apparente à ses yeux.
..Oh, oui. Cette ombre de malheur… il avait pourtant réussit à surpasser ce complexe il y a des années.
 
(Tu m’entends enfin. C’était réellement une erreur d’essayer de me faire disparaître, tu sais. Notre connexion est affreuse depuis.)
Lyon: …C’est pour ça que j’avais l’impression que l’on communiquait moins, Lloyd?
(Exact. Dès l’enfance je n’arrivais déjà pas à faire entendre ma voix, mais avec ce qui a suivi, tout a empiré…
Je te hurlais sans cesse les choses à faire mais tu n’entendais point.
La première chose que j’aimerais te dire….
POURQUOI TU AS FAIT TOUS CES MAUVAIS CHOIX LYON ???
RAINA ET MOI… ON S’EST SACRIFIE POUR DEJOUER SES PLANS. ON A ESSAYE DE RENDRE LES EVENEMENTS MIEUX POUR VOTRE MONDE. POURQUOI TE DEMENER POUR TOUT FAIRE ECHOUER ???)
Lyon: *surprit* q-qu’est-ce que tu racontes… A peine que je t’entends j’veux déjà retourner au bon vieux silence… é_é
(CE N’EST PAS A PRENDRE A LA LEGERE, LYON.
Bon, écoute-moi… Je ne sais pas pourquoi la voix me revient. La malédiction a dû rencontrer une brèche. Je vais en profiter pour éclater les faits; te les annoncer sans retenue.
…Je devrais me dépêcher. Si je m’éternise sur les faits antérieurs ça ne s’arrêterait pas de sitôt. Puis, une fois qu’on partira vers l’autre monde tu sauras tout…Ça semble être foutu pour Yedi dans cet état-là.)
Lyon: … ?
( Lyon, toi et moi ne comptons plus comme des personnes à présent.
Il fut un temps où j’étais humain. Je me suis aventuré dans la Psychédélie pour… pour déjouer un plan que je t’expliquerai plus tard si le temps reste. J’ai été maudit par la Mort, condamné à errer sous forme d’esprit entre les cieux et la réalité. Pour me rendre la tâche plus éprouvante, il a jumelé mon âme avec toi, d’où ta naissance peu… normale. Désolé, vraiment. Je n’ai jamais voulu détruire ta vie.
Tu connais bien les conséquences de cette anomalie, tu en as été victime toute ta vie. Mais penses-y bien que je souffrais moi aussi. Oh que oui. En plus du désespoir et le chagrin, tes douleurs se répercutaient de manière bien plus forte sur moi.
Alors ne t’avise plus à me rejeter la faute…
Ma malédiction nous amène tous les deux à une fatalité. C’était prévu que tu me détesterais et essaierais de me faire disparaître. )
Lyon: …
(Je dois applaudir le génie de Rinji pour avoir réussi à extraire mon esprit de ton corps quand même. La malédiction rendait cela impossible. Comme quoi… évidemment, je me disais aussi qu’il ne pouvait pas t’enlever…ton propre cœur.)
Lyon: Je m’en souviens..oui, tu avais dit qu’il ne pouvait pas m’enlever la partie de toi qui logeait dans mon cœur.
(Tu y as déjà réfléchis, à la signification?)
Lyon: Oui. Longtemps…
(Tu n’y as jamais eu de réponse. Cela va de soi.
J’ai été contraint à me métamorphoser en ton ombre, c’était la manière la plus simple de nous garder en vie.
Lyon.
Il est temps.
Je n’ai pas d’infime partie de moi qui loge dans ton cœur.)
Lyon: Pourquoi tu n’as jamais disparu alors…?
(Lyon.
Je suis toi.
Ton cœur est mien. La malédiction, en plus de jumeler nos âmes… a fusionné mon cœur.)
Lyon: ..P-p-pardon?!
Son cœur battait de plus en plus fort.
(Tu as toujours ressenti les émotions de manière forte. C’est parce qu’en plus d’avoir une seconde âme indépendante à tes côtés, tu es doublé d’un cœur qui équivaut à deux.
J’ai une autre mauvaise nouvelle à t’annoncer, Lyon.)
 Il resta figé. D’un coup, tout ce qu’il pensait le définir, tout ce qui faisait qu’il était lui… c’était comme évaporé.
Et pourtant cette explication affirmerait de nombreuses choses que même le centre de recherches Nakagawa ne réussit à élucider.
(Lyon, ne me lâche pas tout de suite s’il te plaît. *sa voix grésille*
La malédiction… après ta mort, je ne suis pas censé disparaître. De ce côté-là, toi non plus tu ne mourras jamais.
Mais…

*sa voix s’affaiblit* Il faut que tu saches. Quand j’ai été maudit… plus personne de mon monde ne se souvenait de moi. A part cette fille, Raina, bien entendu, car elle avait assisté directement à cette scène.
Quand l’heure viendra…et que ton corps mourra, toi, tu renaîtras. Fusionné avec mon esprit. Tu es peut-être la plus grande partie à présent car comme anesthésié, mais ne l’oublie pas. On finira…tous les deux.
Et la même malédiction prendra effet sur toi. Notre fusion créera un nouveau Lyon, un nouveau Lloyd… Ce qui causera à tes proches la perte de mémoire quant à ta personne.
Ils ne se souviendront plus de Lyon Weiss puisqu’il n’aura jamais existé. Tu seras un trou dans leur vie. Leur trou de mémoire.)
Lyon: Je t’en prie, dis-moi que tout ça est un cauchemar…
(Je t’ai fait de nombreuses farces, mais celle-là n’en est pas une, crois-moi. J’ai su m’y faire. Je ne sais pas de quoi on aura l’air une fois fusionnés, mais.. promets-moi de… *sa voix s’affaiblit de plus en plus* de voyager avec moi à l’intérieur des autres Lyon des autres univers.. pour les aider à briser cette malédiction… et à vaincre l’actuelle Mort qui règne dans la Psychédélie…)
Lyon: Lloyd, Lloyd… pourquoi? Cette malédiction, pourquoi l’as-tu reçue? Comment as-tu pu accéder à la Psychédélie? Lorsque l’on mourra, on renaîtra, fusionnés, dans un autre monde…On deviendra la source de soucis d’un autre héros… j-j’veux pas de ça!

*rigole* dis-moi que tu plaisantes. Hein? T’as toujours été un farceur.
 
Le silence de la pièce pesa dans son cœur.
Il sut lors de ce moment.
Lyon hurla à plein poumons.
 
En sueur, il se réveilla d’un bond.
 
Lyon: Cauchemar. C’était un…cauchemar…. *n’entend toujours pas la voix de Lloyd* tu vois Lyon? Tout va bien mon grand…
 

Son regard se dirigea vers la lampe de chevet, qui était allumée.

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Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate


Attention spoil:
 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Jeu 23 Fév - 22:13

"Lyon: Et toi, Deanou! N’as-tu pas omis un détail?
Dean: Quoi donc? :o
Lyon: TU SORTAIS AVEC MA JOLIE FIFILLE AVANT QUE VOUS NE PARTIEZ "
Et Emrys qui bien sûr est moins en mode "pénible"


Gael en mode "Are you fucking kidding me?"


Le calme avant la tempête...


"Laelynn: *entre prendre une bouteille de boisson en plus* ne faîtes pas attention à moi /
Lyon: Comme d’habitude
Laelynn: …
Lyon: Mais non je rigole Laelichou tu sais que t’es n°1 dans mon cœur :( Tonton luvs you :("
Ayato: *Se tient à côté de Laelynn* Mais c'est encore moi le numéro 1.


Je me demande qui va mourir en premier entre Lyon et ses parents? (bon, quand on connait leur âge, hein...) /PAN/


"Rinji: Pas maintenant. Notre famille ne se retrouve que peu de fois, l’envie de te tracasser avec ces problèmes n’est pas présente. On en rediscutera une prochaine fois si tu veux bien.
Lyon: …Ouais, bien sûr.
Oui, reparlez-vous...élucidez tout ça ensemble, comme deux adult-
"Ils n’en eurent jamais l’occasion"
....Quoi?
"Et depuis, Lyon ne le revit pas."
Non.......
"Il tourna son regard, tremblant, vers le corps."
Noooooooooooooon!
"S’il avait été vivant, Rinji lui aurait sûrement dit de s’abstenir pour ne pas fausser les empruntes et autres indices.
Sacré Rinji…"
NnnnnnOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO-
*10 minutes plus tard-
-OOOOOON.
BORDEL!
Ça commençait si bien, puis la réalité frappe après, comme je disais au tout début de la fic. :(
En fait, tout le chapitre est un gros mindfuck, si captivant. Particulièrement la dernière grosse scène avec Lyon et Lyold, la musique est épique au passage.
Moi aussi je trouvais que Lyold était silencieux depuis quelque temps, au début, il jouait un rôle majeur, puis là ça allait lentement, enfin, ça fait du bien de le revoir.


Et comment il revient? GROSSE RÉVÉLATION DE FOU!


"(Tu as toujours ressenti les émotions de manière forte. C’est parce qu’en plus d’avoir une seconde âme indépendante à tes côtés, tu es doublé d’un cœur qui équivaut à deux."
Donc Lyon est intense parce qu'il a deux coeurs?
Encore un et ce sera un monstre, une pieuvre. *TG*


"(Je t’ai fait de nombreuses farces, mais celle-là n’en est pas une, crois-moi. J’ai su m’y faire. Je ne sais pas de quoi on aura l’air une fois fusionnés, mais.. promets-moi de… *sa voix s’affaiblit de plus en plus* de voyager avec moi à l’intérieur des autres Lyon des autres univers.. pour les aider à briser cette malédiction… et à vaincre l’actuelle Mort qui règne dans la Psychédélie…)"
Bordel, ça et plein d'autres dialogues réveillent mes questionnements...


Lyon serait donc l'avant-dernier de tes persos du présent à mourir? (après Yemon ) . Les deux vont mourir en même temps? Même à ça, Lyon ne sera jamais techniquement mort....son titre de héros...commence à prendre du sens.


Lyon et Lyold, les deux justiciers de la psychédélie qui vont faire mourir la mort. *TG*


Bref, hypé plus que jamais! TRÈS gros chapitre.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Dim 26 Fév - 21:12

Bon, comme j'avais lu sur portable à Cardiff, j'ai pas commenté direct, donc ce sera pas aussi concis que d'habitude

Oooh, c'est marrant au début, ça commence d'aller mieux et tout. Puis bam y'a les foforumeurs qui refont les cons, et tout


ET PUIS BAM, DANS TA GUEULE, BOUFFE CA CONNARD

Réalité: Ah j'aime beaucoup


En plus au début je pensais que c'était Vaughn, j'sais pas pourquoi. Puis j'ai été rassuré quand c'était pas lui. *tg*

Dommage que je fasse pas un plus gros commentaire, car ce chapitre t'avais dû avoir une de ces envies de le poster

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You'll never leave here
But did you leave me anything?
You're the Phantom of my past..."


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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 27 Fév - 0:27

La scène avec les forumeurs m'a fait marrer. Puis j'ai déprimé avec Rinji puis le passage avec Lloyd j'étais en mode wtf. GG à toi, tout en une seule partie. *applaudit* *tg*

Très gros chapitre, avec beaucoup de révélations et d'évènements difféents qui s'y passent. La fin m'a fait me rendre en mode "wtf is that" et ça m'a mis une petite claque.
Au début j'avais pas compris pour Rinji. C'est quandil y a eu Laelynn que j'ai compris. oui, je suis débile

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Dim 5 Mar - 13:48

XI
 
Le 25 mars 2055




https://www.youtube.com/watch?v=fvCT-MzPm1A
Le lendemain matin, Lyon rejoignit sa fille à table plus tardivement que d’habitude. Plongé dans le vide, il s’assit à table et mangea machinalement. Sa fille fut un peu déstabilisée face à cela.
 
Audrey: Tu te sens bien? On dirait que le cauchemar d’hier soir ne t’a pas réussi. La façon dont tu avais crié…ça m’a fait très peur.
Lyon: Hahaha désolé ma belle. Je crois que rêver de jouer au Monopoly c’est décidément pas bon pour ma santé mentale… ^^’
Audrey: Ça t’a vraiment traumatisé à ce point?
Lyon: Le Monopoly traumatise toute une génération éwé 
 
Elle sourit à son humour. Lyon regagna aussi une bonne humeur apparente et mangea sereinement. Mais, à l’intérieur…
Lloyd pressait son poids. Il se faisait de plus en plus ressentir. Ce cauchemar… n’en était pas un? Lyon en était pourtant presque persuadé pourtant, il semblait réellement être dans un état secondaire lors de leur conversation. C’est cette foutue lampe de chevet qui semait le doute, ainsi que l’agitation inhabituelle de Lloyd depuis la nuit dernière.
 
Lyon: Aujourd’hui, j’vais enquêter sur place. Je rentrerai sûrement assez tard 
Audrey: Oh, vraiment? Promets-moi de faire attention.
Lyon: T’en fais pas, je resterai sage ^^
 
..Si c’était vrai…
Une fois mort…même sa propre fille le chasserait de sa mémoire?
Sa petite fille pour laquelle il avait composé bon nombre de ballades pour lui vouer son amour. Pour laquelle il avait tenu le coup si longtemps.
 
Lyon: *se lève pour partir, mais prend son visage dans les mains et lui fait un gros bisou* Je t’aime, ma grande fille chérie.
Audrey: Moi aussi, papa =3
Lyon: …promets-moi quelque chose à ton tour. N’oublie pas de te faire plein d’amis, mais n’oublie pas le mal pour autant et fais attention, hm?
Audrey: Haha, tu as quoi avec ces conseils? Je n’ai plus 8 ans, tu sais!
Lyon: Mais tu resteras un bébé à jamais pour moi, tu sais bien. *refait un bisou* Papa t’aime.
Audrey: *pose sa main sur la sienne* Oui papa. Je ferai  comme tu le dis.
Lyon: *sourit* Bien.
Allez, moi j’y vais! *prend sa veste et sort*
Audrey: Fais attention à toi surtout!
Lyon: Toi de même *3*
 
https://www.youtube.com/watch?v=7Hhwcxcqstc
 
Il ferma la porte d’entrée. A présent Lyon devait envisager le fait de vivre chaque instant comme s’il s’agissait de son dernier souffle. La peur l’envahissait. Depuis cette révélation, la désagréable impression que tout pouvait s’arrêter à n’importe quel moment l’effrayait au plus haut point. Quoi qu’il en soit. Aujourd’hui, il avait décidé de se battre pour obtenir plus d’informations en se rendant directement à l’un des manoirs de ce Kondo.
Il sortit du bâtiment, les bras ballant, le regard perdu comme celui d’un jeune enfant. Le ciel gris de mars invoquait le vent rude, sifflant à ses oreilles une traînée de remords. Mouvant le long du trottoir, ses pieds s’arrêtèrent automatiquement face à une boutique. Il soupira en lisant l’enseigne et entra comme poussé par autre chose que sa volonté. L’odeur de sucre empala ses narines, ses paupières se rétractèrent face à la chaleur de la pièce. Il se dirigea vers le comptoir, et son attention plongea sur un objet précis.

Lyon: Bonjour, ce serait pour un paquet de cigarettes.
 
La voix de la teneuse porta au-delà de la porte qu’il venait tout juste de refermer. Le détective fit quelques pas vers la route en affichant un sourire amer.
 
Lyon: Haha, Audrey m’aurait sauvagement envoyé vers l’autre monde si elle voyait ça…
 
Une douleur gagna soudainement sa hanche et le força à tituber jusqu’au bord du trottoir. Les manches retroussées de sa chemise beige laissant paraître autrefois les restes d’avant-bras vifs, ne dévoilaient rien de plus que des bras tremblant et inhabiles quant au maniement du briquet qu’il venait de sortir de la poche de son pantalon en velours. Ses doigts aussi raides que des bâtons tentaient bien tant que mal à concorder le timing de la flamme au bout de la cigarette.
Il sentit Lloyd soupira d’exaspération, et porta désespérément sa bouche au poison. Inhalant la fumée toxique, il sentit une présence gorger son être. Lorsqu’il la rejeta après quelques secondes, l’ancien blond fut sujet à une violente toux.
Rigolant de son imbécilité, il reprit une autre bouchée de fumée, la garda le plus longtemps possible dans la bouche et scruta l’horizon du ciel. Sa tête se posa contre le trottoir, et il délaissa aussi cette fumée immédiatement accompagnée dans l’au-delà par l’apparition d’étranges papillons.
Cette fumée était le portrait éphémère de son existence.
 
-
 
Ce n’était pas chose aisée pour un homme de son âge à pouvoir se permettre d’entrer dans un si grand manoir. Naturellement, les gardes ne le laissaient pas pénétrer dans le jardin frontal, même lorsqu’il disait venir pour une enquête importante.
 
Garde: Si vous ne possédez pas de papier témoignant d’un rendez-vous, j’ai bien peur qu’on ne puisse vous assurer l’entrée monsieur. Veuillez simplement rentrer.
Lyon: Allons jeune homme, soyez sensé! Ce n’est pas une agence ici, hm? Comment voulez-vous que je puisse avoir un rendez-vous avec quelqu’un de ce rang?
Garde: C’est là tout l’enjeu, monsieur. Seules les personnes d’affaires peuvent s’entretenir avec Yemon Kondo-sama.
                                                                             
Le sourire moqueur du jeune homme ne provoqua pas de réaction instantanée chez Lyon. Après tout, il baignait dans une tranche d’âge mature… Hochant sagement la tête, il décampa du portail.
Après quelques pas où il longeait le mur tout en se faisant observer par le garde, il s’arrêta net.
Normalement, Lyon détesterait user de son pouvoir pour des choses futiles. Blesser les gens lui faisait du mal.
Hors de la boxe, il n’a jamais apprécié se battre. Dieu n’a pas amené l’homme sur terre pour qu’il fasse du mal à son prochain…
Mais..

Lyon: J’essaierai de prendre rendez-vous comme je le pourrai alors.
 
Ces dernières années, il ressentait une profonde amertume contre les gens qui se foutaient de sa gueule.
 
Une lueur semblable à celle de ses yeux électrisa sa main. Le corps du garde et de son compagnon étincelèrent de la même façon quelques secondes plus tard. Ils s’élèvent dans les airs et s’enfoncèrent sur le verrou du portail à plusieurs reprises, et ce à une violence suffisamment puissante pour ensanglanter leur crâne. Après plusieurs coups, le portail céda, la même lumière l’illumina pour la faire sauvagement s’ouvrir, encastrant par ailleurs les deux gardes contre les murs.
Lloyd tressaillit de bonheur face à cet éveil.
Le vieil homme de 60 ans entra dans le jardin, d’autres gardes armés sortaient du manoir pour l’encercler. Toutes leurs armes brillèrent de la même manière, et un flash les sonna quelques instants. La voix de Lyon devint plus brutale, presque méconnaissable.
 
Lyon: Je viens parler à Yemon Kondo. Entretien urgent!
 
Un domestique vint rejoindre les gardes qui avaient cernés le détective. Ses cheveux argentés, longs et fins, s’apparentant à la douceur et finesse de plusieurs toiles d’araignées jointes, ainsi que ses yeux améthyste attirèrent l’attention de Lyon et Lloyd. Etrangement, ces yeux paraissaient aussi ne pas appartenir à ce monde, tout comme ceux de Lyon.
 
Bartholomeus: Plaît-il? C’est une entrée assez peu discrète. Que souhaitez-vous?
Lyon: Je viens parler au chef des Kondo.
Bartholomeus: Et je suppose que prévenir votre arrivée au préalable par téléphone ne vous intéresse pas de trop?
 Lyon: J’viens pas voir un psy. J’veux poser des questions à un suspect.
 
Le domestique émit un rire poli face à cette remarque. Mais la dégaine de ce fou sénile l’intéressa. Il fit un geste aux gardes qui baissèrent leurs armes, et face à cette détente, Lyon libéra leurs gadgets de l’emprise de l’étrange lumière psychique.
 
Bartholomeus: Je vais essayer de voir ce que je peux faire pour vous. Veuillez entrer, je vous prie.
Lyon: … *avance, tout en regardant froidement les gardes**doit pousser ceux devant lui pour pouvoir passer* Tch.
Bartholomeus: Puis-je connaître votre nom?
Lyon: Lyon Weiss.
 
Une étrange expression illumina son visage. Il sembla être satisfait.
 
https://www.youtube.com/watch?v=QRjllL-MP0U
 
Le domestique l’invita à entrer et à le suivre. S’enfonçant dans un nouveau monde, Lyon fit de son mieux pour ne pas laisser sa peur le gagner. Il n’était pas sûr de ce qu’il faisait, encore moins de ce qui pouvait l’attendre, aucun autre choix que maîtriser son sang-froid ne s’offrait à lui.
Les murs étaient magnifiquement décorés. Le sol muni d’une tapisserie humble éclairait les pièces les unes après les autres. Sans être trop extravagantes, elles étaient toute bien dosées. La dose parfaite pour un équilibre parfait. La perfection.
Lyon n’avait jamais assisté à une telle personnification de la mesure.  C’en était presque… effrayant. Les pas discrets du domestique laissaient comme un son de pas dans la neige devant le Weiss; et lui, comme perdant de vue cet être semblant inhumain, se retrouvait seulement dans les couloirs en suivant ce son.  Après avoir échelonnés de nombreux étages, les deux hommes s’arrêtèrent face à une salle de bureau comportant des portes gigantesques pour un intérieur. Le serviteur proposa au détective de s’asseoir sur une table d’attente situé à côté, ce que ce dernier refusa. Lui souriant toujours aussi aimablement –ou alors était-ce de l’hypocrisie?-, Bartholomeus s’excusa dans le bureau de son maître, y resta une minute environ et en ressortit.
 
Bartholomeus: Mon maître s’entretient actuellement avec le jeune maître. Ils en auront plus pour très longtemps. Lorsqu’il sortira, vous serez libre de rentrer et parler de ce que vous souhaitez.
Lyon: Ça semble trop facile…pour la peine que ça a été de rentrer… é_é
Bartholomeus: Vous nous prenez pour des êtres avec un égo surdimensionné? Monsieur sait écouter les personnes lorsqu’elles insistent pour s’entretenir avec.
Beaucoup de personnes ont eu le droit à ce privilège. Même votre femme y a eu le droit.
Lyon: P-pardon?
 
Sa voix tremblant de colère, il cligna des yeux pour fixer de plus belle le domestique… qui s’était volatilisé. Un léger courant d’air le fit frissonner.
Il fronça les sourcils. Ce devait être une hallucination. Depuis la mort de Lina, il avait souvent eu l’impression d’entendre des choses après tout.
 
Un homme sortit plus tard de la salle. Lyon se tourna en sa direction, mais il se faisait plutôt discret: un borsalino noir couvrant une partie de ses cheveux blonds clairs faisait entrave à l’accès aux yeux, tandis que le long manteau noir qu’il portait par-dessus les épaules venaient assombrir et rendre son ensemble marron mystérieux. Il avait une allure de mafieux, comme ça.
 
Lyon: *recule de quelques pas* bonjour… (j’ai… l’impression de le connaître é_é)
???: Bonjour. *passe en évitant de croiser son regard*
Lyon: ..Bon..
 
https://www.youtube.com/watch?v=welUaSIxUC0&
 
La porte ouverte se faisait désirer. Prenant son courage à deux mains, Lyon s’y aventura d’un pas hâté. La lumière provenant du soleil face à la baie  vitrée derrière le grand bureau l’éblouit momentanément ; et une fois cette illusion évaporée, la salle fraiche se dévoila. Une variété étonnante de plantes ornait l’espace de toute façon possible; les bibliothèques n’y manquaient pas  non plus et pourtant ce n’était pas une impression de vieillesse qui se dégageait.
Cet aspect s’appliquait aussi à l’homme blond assit. Yemon Kondo. Il n’avait pas une seule ride, et plus Lyon s’approchait de lui, plus l’horreur le gagnait face à cette préservation de sa jeunesse. Le blond miel jaillissait, plein de vie, et colorait ses cheveux légèrement ondulés, tandis que sa peau ni vraiment blanche, ni trop bronzée rejetait une impression de bonne santé. Tandis que le corps de Lyon se soumettait peu à peu aux lois de la vieillesse, Yemon ne semblait pas avoir souffert de ce même changement. Pourtant ce dernier était censé être bien plus vieux que le Weiss.
Face à l’incompréhension, Yemon, qui le regardait jusqu’à cet instant avec une tonalité neutre, sourit de plus belle. L’or de ses yeux sondait son âme.
 
Yemon: Je vous en prie monsieur, prenez place.
Lyon: … *s’assoit, face au bureau* Bonjour.
Yemon: Le voyage jusqu’ici a dû être éprouvant, n’est-ce pas? Vous souhaitez un petit remontant? Du thé, café peut-être?
Lyon: (Il est beaucoup trop poli…) Non ça ira, merci.
Yemon: Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder la scène de mon bureau. C’était très amusant, je ne m’y attendais vraiment pas.
Lyon: J’avais pas fait ça pour vous divertir en fait. C’est sérieux.
Yemon: Ah vous m’avez mal compris, je ne voulais pas me montrer désobligeant ou quoi que ce soit. Mais c’est rare de trouver des personnes de votre trempe, à la volonté solide. ^^
Lyon: Merci alors…
Yemon: Et bien donc? Quelles raisons vous ont entraînées ici?
Lyon: Je..euh…
 
Il perdait ses moyens pour la première fois. Cet homme se montrait pourtant incroyablement agréable, et c’est peut-être dans la source de sa politesse que son aura intimidante se dégageait. L’âme de Lyon tremblait, Lloyd semblait être épris d’une grande tension. Le même regard doré le fixait alors qu’il tentait de trouver ses mots.
Lyon fit se concentra. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il fixa Yemon de plus belle, et se força à ne pas perdre de vue son sang-froid.
 
Lyon: J’enquête sur un meurtre.
Yemon: Oh, pauvre chose...
 
Son visage semblait réellement se distordre par la peine.
 
Yemon: De qui s’agit-il?
 Lyon: Quelqu’un qui travaillait directement sur l’Arme. Il est mort quelques temps après votre alliance avec Silvara et votre aide apportée à ce projet… et quelques temps avant l’annihilation de la SSRH. J-
Yemon: Attendez un moment.
 
L’écran digital face à lui s’alluma, et il chercha pendant une petite minute quelque chose en particulier. Une fois satisfait, il rendit l’envers de l’écran visible à Lyon. Cela affichait le dossier de la mort particulière de Rinji Weiss.
 
Yemon: C’est de Rinji Weiss dont il s’agit, n’est-ce pas?
Lyon: ..Ouais. C’est ça.
 
Revoir le corps de son cousin sur l’une des photos le dégoûta. Il pressa plus son corps contre le fauteuil, visiblement pour se retenir de réagir de manière inappropriée.
 
Yemon: Je lui ai déjà parlé quelques fois, en effet, je m’en souviens. Un vrai génie. Le roi Silvarien était très fier de le compter parmi les leurs.
Mais autant intelligent qu’il fut, sa mort ne coïncide pas à celui d’un meurtre, non? Il avait été jugé un peu… dissident, avant sa mort.
Lyon: Ecoutez, c’est moi qui dois vous poser les questions, non? :/
Yemon: Hahaha, c’est vrai. J’ai tendance à m’emporter, mais ça m’intéresse vraiment. Pourquoi m’interrogez –vous sur un suicide? ^^
Lyon: J’ai pas à donner des informations confidentielles.
Yemon: Je vous montre pourtant là le dossier classé sous le sceau royal, vous savez… le dossier qui conclue sur un suicide.
Vous êtes son cousin. L’idée qu’il ait, comme qui dirait, pété les plombs, ne vous plaît peut-être pas?
Lyon: Ce n’est pas que ça puisse me déplaire ou non. C’est que les preuves évidentes ont été rejetées par les détectives engagés par l’Etat pour cette enquête. J’ai été sur les lieux, j’en ai pris des photos, et je peux assurer que conclure à un suicide serait être aussi d’aveugle que de qualifier votre manoir d’auberge.
Yemon: Cinq détectives consécutifs peuvent-ils réellement se tromper, s’il y avait présence de preuves irréfutables comme vous l’entendez?
Lyon: Ecoutez, Yemon… Je suis quelqu’un de pacifique de nature, mais je commence un peu à m’impatienter. Laissez-moi vous poser ces questions ^^
 
Le sourire du blond se transforma en quelque chose de plus mesquin, presque conflictuel. Il allongea son menton contre sa paume et traîna ses doigts sur le bureau.
 
Yemon: Bien bien, je répondrai à vos questions irrationnelles. Allez-y.
Lyon: (Irrationnelles? Non mais je rêve..  ) Pourquoi vous êtes-vous allié soudainement avec Silvara?
Yemon: Si les affaires des Kondo vous intéresse réellement, vous auriez simplement pu parler avec un comptable ou je ne sais quoi ^^
Lyon: *agacé* Répondez.
Yemon: Comment vous expliquez les affaires? De nouveaux besoins s’en viennent, les alliances se créent. Il se ferait que les ressources de Silvara concernant une certaine matière se raréfiaient, et par pur hasard, ce minerai était exploité par une société que j’avais achetée. Le début de notre entente commença à ce point. Suite à d’autres collaborations, j’ai eu l’honneur d’être invité à un banquet du roi, nous nous sommes liés d’amitié suite à des visions communes concernant la diplomatie, la paix. Il m’a évoqué le projet de l’Arme, et, beaucoup intrigué, je lui ai proposé mon aide pour le débloquer lors d’une issue.
Lyon: Et pourtant beaucoup de personnes vous soupçonnent d’avoir été le patron des Raven. Une coïncidence bien trop appréciable.
Yemon: Les dossiers sur mon compte en parlent?
Lyon: Non.
Yemon: Ils mentionnent d’une toute autre corruption?
Lyon: …non. 
Yemon: Je pense que c’est naïf pour un enquêteur de se baser sur des rumeurs dans ce cas, non? ^^ Contrairement à la folie de Rinji Weiss par exemple. Il semblerait le concept de l’Arme était un bien trop grand projet pour la solidité de son mental, et ça arrive. Ce n’est pas le seul à avoir craqué face à cette impasse, et personne ne lui en veut pour ça. De plus, on comptait le retirer du projet sous peu.
Lyon: …
Yemon: *pose sa main sur celle de Lyon, la tapote* Je comprends votre chagrin, tout de même. Ma défunte mère aussi était accusée de folie, et ce malgré sa brillance intellectuelle. Je m’y suis fait, tant bien que mal.
Rinji Weiss restera dans les mémoires comme un grand scientifique. Ayant succombé à l’incompréhension, mais ça n’enlève rien de sa grandeur. Au contraire, on dit souvent que les fous le sont parce qu’accoutumés à découvrir une vérité bien trop sombre pour le commun des mortels.
 
Son sourire redevint doux. Mais Lyon n’était pas dans le même cas. La chaleur du blond était en total compétition contre la froideur extrême que rejetait la sienne; sa main était sujette à quelques spasmes.
 
Lyon: …*retire sa main*  La SSRH avait enregistré un appel téléphonique de la chef des Raven à l’un de vos domiciles.
Yemon: Oh, exact. Et quelques mois après, Raven a été totalement détruit, non?
Lyon: …Oui.
Yemon: N’y voyez-vous là pas une étrange coïncidence? ^^
 
Pourquoi sa volonté de débattre s’était envolée? Les arguments de cet homme faisaient preuve de logique, là ou Lyon s’attardait sur des faits manquant de pertinence.
Mais il savait… au fond, il savait que c’était du foutage de gueule. 
 
Lyon: …Parlant de cela. L’homme qui était sorti tantôt de ce bureau. Il avait l’allure-type d’un mafieux.
Yemon: Les histoires de famille vous intéressent-ils tant? Mon fils a suivi sa propre voie, oui. Ce n’est pas quelque chose contre lequel je peux lutter. Parmi les trois, Isao est le seul qui soit… doté de volonté. On essaye de le faire revenir sur le bon chemin ^^
 
Balivernes, encore. Mais il ne pouvait rien y faire. Lyon n’avait aucune preuve concrète. Cependant son but n’était pas de directement accuser cet homme, juste de recueillir des informations. Mais il était tellement chiant que c’en était une vraie épreuve.
 
Lyon: Vous aviez déjà parlé à Rinji, c’est cela? De quoi aviez-vous discuté?
Yemon: Hmm… c’était essentiellement ce qui concernait l’Arme. Je ne peux pas vous donner des informations plus pertinentes là-dessus par contre, vous comprenez. Quelques fois, on parlait religion, politique. C’était quelqu’un d’extrêmement cultivé et je voulais en profiter pour apprendre des choses. Mais rien de tendu entre nous, si c’est le point où vous voulez en venir.
 
Il nota, souriant intérieurement lorsqu’il se rappela des doutes de Rinji au sujet de Yemon. Il avait à peu près la certitude qu’il se fichait ouvertement de lui.
 
https://www.youtube.com/watch?v=ag7KY32GqaA
 
Lyon: …Vous savez, on peut rendre toute cette affaire bien plus simple.
Yemon: ?
Lyon: Avouez.
Yemon: Avouer?
Lyon: Rinji était mon cousin, oui. Je continue cette affaire par amour pour mon cousin et pour aider sa fille unique à garder la tête haute. On le sait tous qu’il était l’une des personnes les plus saines du monde, et par conséquent, inapte à s’apprêter à la folie… C’était un gardien de Tatsu. Sa pureté était garantie pour toute sa vie.
Moi j’vais vous dire ce que j’en pense.  Vous avez bien assisté à la naissance de Raven, vous l’avez même provoqué et vous en avez gardé les rênes. Cette société qui exploite le minerai dont vous parlez… ben j’suis pas si con que ça en fait. J’suis renseigné sur l’Alexandrite. C’est exploité seulement dans une île nommée Rakuen, et comme par hasard, cette île est tenue par des mercenaires attitrés à Raven. Ils bossent pour vous? Dîtes-donc, cette surprise!
En vérité, je dois remercier le mercenaire à qui j’ai dû vendre le malheur de ma vie. Il m’a tout détruit, et a tout détruit autour de moi… mais au moins il a eu une poussée humaine en me donnant cette Alexandrite.
Maintenant que ce point est éclairci, il est clair qu’il était aussi dans vos projets de vous accaparer l’Arme, encore une fois Rinji en était conscient. Il m’avait même prévenu à l’époque, mais j’ai fait l’idiot à ne pas questionner réellement ses doutes. Si je l’avais fait, peut-être qu’il serait encore vivant….
Sa maison était dans un sale état. Bien que je ne pense pas que l’élu de la Terre que vous êtes se dérangerait pour aller tuer mon cousin à son domicile, il est clair que quelqu’un d’autre l’a fait à votre compte. Mais pour ça encore, il me faut des preuves tangibles…
…Et pourtant tout vous pointe. Un moment, je pensais les hommes d’affaires vraiment…cons. Mais il semblerait que la firme Kondo soit plus futée?
 
Yemon l’observa tout ce temps avec un air sérieux. Une fois le discours de Lyon terminé, il son menton de sa paume, comme réveillé d’un long sommeil, et se mit à applaudir.
 
Yemon: Y’a pas à dire, vous êtes astucieux, Lyon Weiss. Réussir à former une histoire amusante morceau par morceau… c’est beau. Vraiment. Vous feriez un bon auteur pour les livres d’enfants. 
*sourit* Je crois que ça traîne dans votre famille cette obstination, non? D’abord Lina, puis Rinji…
Lyon: …Lina? Qu’est-ce que ça veut dire?
Yemon: Cela veut dire que ça veut dire.
Oh, mais vous n’êtes pas au courant? Je suis déçu finalement. Je vous pensais mieux que ça.
Lyon: Explique au lieu de me laisser patauger!
Yemon: On ne se vouvoie déjà plus… :<
 
Lyon se leva soudainement, et en plus de son corps, ses yeux rejetaient une lueur presque effrayante, animés par son pouvoir en pleine puissance. Tous les objets dans la salle étaient en lévitation.
 
Lyon: C’EST TOI QUI A FAIT CA A MA FEMME?
 Yemon: Calme-toi, veux-tu.  Lina s’intéressait à moi oui. Elle m’avait provoqué deux fois en duels. En 2016 elle avait simplement perdu son honneur, donc l’étape qui suivait… signifiait la mort. Je n’avais rien de personnel contre elle cependant. C’était une femme charmante. Et mère de famille, je crois.
Lyon: Espèce de sale-…
Yemon: Je n’ai fait que de me défendre.
Lyon: J’ai vu l’état dans lequel était son corps. TU CAUSES CA A UN ÊTRE HUMAIN JUSTE PAR DEFENSE? DE LA DEMENCE PLUTÔT, OUI!
Yemon: Hahaha… tu perds ton sang-froid. Tu as eu des aveux indirects, non? Allez, va, vole. Essaye d’expliquer la situation aux autorités sans te dénoncer par la même occasion, Lyon Weiss. Tes preuves résident au sein de ton propre crime après tout.
Vendre les plans de l’Arme aux mercenaires attachés à Raven, tout de même… Ce n’est pas très moral.
Lyon: Hahaha…exact..
…Ouais…. Je suis tout autant en tort que toi…
J’irai me dénoncer! Oui! Si je peux t’entraîner avec moi dans la déchéance… je le ferai!
 
Ses yeux s’animèrent d’une envie presque malsaine. Ce n’était plus un Lyon doux, mais quelqu’un qui n’était plus qu’obsédé par entraîner un criminel derrière les barreaux de la mort avec lui. Yemon, lui, perdit son sourire.
 
Yemon: Tu vois… toi aussi tu as succombé à la folie.
Lyon: Je ne suis pas fou… Je sauverai la situation- j-je suis le seul coupable de tout cela! Alors j’agirai en héros… hahahaha! Oui! YEMON KONDO, ON SE REVOIT AU TRIBUNAL!
Yemon: Une min-
 
Il ne l’écoutait plus. Se mettant à courir à travers la pièce, la lévitation des objets se stoppa et tous atterrirent à leur place, un peu maladroitement. Il n’écouta plus Lloyd qui lui hurlait s’arrêter non plus. Plus qu’une chose ne l’obsédait: faire déchoir Yemon. La frénésie le guida pour la première fois de sa vie…
 
 
Et pour la dernière fois.
 
Il ouvrit la grande porte en la poussant de toutes ses forces, manquant presque de la briser. Il accourut vers les escaliers, mais un air tranchant éveilla ses sens et il fit, à temps, un pas en arrière.
Bartholomeus apparut au loin.
 
Bartholomeus: Je crains que ce ne soit pas possible.
Lyon: FOUTEZ-MOI…LA PAIX!
 
De nouveau son corps entier fit rejaillir la même lueur turquoise. Il balança contre Bartholomeus une épée servant décoration murale, que ce dernier libéra de l’emprise psychique avec un courant d’air.
 
Bartholomeus: Un pouvoir psychédélique… tout comme le mien.
 
https://www.youtube.com/watch?v=V07qVpXUhc0 (lire en boucle si nécessaire)
 
Poussé par de la curiosité, il lança une autre lame d’air vers le détective. Celui-ci, comme s’il avait compris la question du domestique, ne bougea pas. Il tendit sa main vers la lame d’air, la lueur bleue de sa force psychique s’intensifia et annula l’effet de la lame.
 
Bartholomeus: Ça s’annule donc bien…
Je laisse cela entre vos mains, jeune maître.
Lyon: Jeune maître?
(LYON DERRIERE T-)
 
La voix de Lloyd sortit de sa malédiction bien trop tardivement. Deux balles de revolvers le clouèrent au sol. Il ne sentit rien, si ce n’est son corps qui était d’un coup attiré vers la terre, et ne pouvait se relever.
Une chaleur se fit ressentir dans sa poitrine. En posant sa main sur sa chemise et la retirant aussitôt, il vit qu’il était tâché de sang.
 
Lyon: N-non… ça n’est pas possible…
 
Il osa enfin baisser son regard. Une lame bleue dépassait de sa poitrine. Du feu jaillissait tendrement au bout de cette lame, et dansait sûrement en ce moment-même dans ses entrailles avec son sang. La personne derrière lui retira sauvagement la lame et posa sa main sur le cœur. Il sentait les ongles de cette main blanche se resserrer sur sa blessure, l’agrandir. Le feu recommençait à jaillir… Lyon s’attacha à son poignet, tentant, en vain, de la retirer.
Sa puissance psychique fut totalement désordonnée; tous les objets du manoir commençaient à flotter et à bouger comme s’ils étaient possédés. Son ombre prenait une forme de plus en plus réelle; elle se formait à ses côtés pour tenter de blesser l’assassin. Pour arrêter de faire du mal à Lyon.
Le toit brun se mit à subir de violentes secousses lorsque l’ombre libéra une importante énergie ténébreuse. Il voyait Bartholomeus se protéger face à cette bourrasque, mais son assaillant lui ne semblait pas bouger d’un pouce. Au contraire, l’étreinte de sa main ne se refermait que plus brutalement sur sa plaie.
Son épée lui trancha la gorge. Ses cordes vocales n’étaient plus. Il était sonné. La seule chose qu’il voyait, c’était le sang… la seule chose qu’il sentait, c’était sa tête qui ne faisait que tourner de plus en plus.
Lyon voulut hurler. Aucun son n’en sorti.

Il le réalisa à ce moment. Il n’y avait plus d’échappatoire. Sans même pouvoir se protéger… il s’était fait piéger. Ses doutes n’étaient donc pas injustifiés. Alors que le feu le consumait de plus en plus de l’intérieur, ses doigts tremblants lâchèrent le poignet et cherchèrent désespérément un objet dans ses poches. Il sortit le paquet et en retira tant bien que mal, une cigarette.
Un sourire démesuré ornait son visage. Le sang coulait comme l’eau d’une fontaine de sa gorge, de sa poitrine, et des autres parts de son corps qui se faisaient trancher et brûler un à un. Seules ses mains jointes pouvaient tenir la cigarette de manière correcte. Il la porta à l’une de ses blessures…le plongea dans le feu.
La lumière éclairant la cigarette l’égaya comme un petit enfant qui voyait pour la première fois de sa vie un feu d’artifice. Le déchaînement de son assassin n’attirait même plus son attention. Il regardait la cigarette, le feu, la fumée.
C’était comme lui. Son âme s’échappait peu à peu de son corps jonché de blessures mortelles.
C’était fini.
Il allait renaître. Ça ne faisait pas mal. La vision du feu devenait juste de plus en plus brumeuse…
L’homme derrière lui arrêta de s’acharner sur le corps du vieux garçon qui autrefois aurait lutté corps et âme pour se sauver de cette situation.

D’une certaine manière, c’est comme si la volonté l'avait quitté de plus en plus lors de ses dernières années. La quête de Rinji était un peu son ultime quête, une quête qui lui donna accès à beaucoup de vérités.
Il devrait le remercier, si jamais leur route se recroisait…
 
La main le lâcha, son buste tomba au sol. Il utilisa ses dernières forces pour se retourner et regarder cet homme dans les yeux.
Le long manteau noir s’étendait face à lui. La même chevelure blonde, et le regard fuyant. Sauf sous cet angle là… Lyon voyait à qui il avait eu affaire.
 
Lyon: ..D..D…
 
Sa voix n’était plus, mais ses magnifiques yeux jugeaient pour une dernière fois cette personne qu’il pensait bien connaître.
Isao. Il ne savait même pas que c’était son véritable nom. Son sourire s’agrandit encore plus; il ouvrit la bouche. S’il avait gardé sa voix, Lyon aurait sûrement rigolé face à cette trahison.
« C’était donc toi… »
Sa fille avait dans son entourage un traître.  Il avait bien fait de la prévenir. Cela lui brisait le cœur de se voir abandonner Audrey.
Audrey..
Non…Audrey…
Audrey allait l’oublier, de toute manière.
 
Lyon: *amène faiblement la cigarette à sa bouche, tandis que des larmes coulent*
???: …
 
Le regard fugitif de son meurtrier se concentra sur la fumée qui sortait de la bouche de l’ancien blond.
 
???: …est-ce que cet acte a une symbolique, m’sieur Weiss?
 
Les spasmes de son corps s’apaisèrent après qu’il laissa échapper une dernière fumée. Il avait le temps d’assister encore à une dernière scène, son âme fusionnant lentement avec celle de Lloyd avant de voyager vers un autre monde.         
 
???: C’est donc cela…
Yemon: Isao.
Isao: O-oui père?
Yemon: Félicitations, fils. Tu as su utiliser le filtre pour séparer la sentimentalité de ton devoir. C'est important pour un parrain. 
Isao: Merci, père.
 
Il le prit dans ses bras. La tête du blondinet se creusa profondément dans la poitrine de son paternel. Ses pleurs étaient silencieux, mais bien visibles, même pour quelqu’un dans l’état de Lyon.
 
Yemon: Isao. Etais-tu tant attaché à cet homme?
Isao: O-oui, père…
Yemon: Je suis fier de toi, dans ce cas-là. Que ressens-tu?
Isao: Du remord…mélangé à de la joie.. père.
Yemon: Tu es encore maladroit sur ta perception du sentiment. *dépose un baiser sur son front* Allons fils. Regarde cet homme droit dans les yeux. Tu l’as tué après tout. Tu l’as enlevé à Audrey.
 
Les deux figurent se dessinèrent au-dessus de lui. A présent, les yeux verts de son tueur scrutaient les siens, qui voyaient de plus en plus fous. Les larmes de ce premier lui tombaient au visage, et se mêlait à son sang.
Il regarda les yeux dorés une dernière fois.

Ses yeux s’éteignirent.
 
Les âmes jumelées furent plongés dans le noir le plus total.
 
Je suis le cœur battant de Lyon.
Je suis la sueur froide de Lloyd.
Je suis le bulbe rachidien de Lyon. Et sans moi, ni Lyon, ni Lloyd ne pourraient réguler ni leur rythme cardiaque, ni leur tension ni, leur respiration.
Je suis le sentiment de rejet exacerbé de Lloyd.
Je suis l’incompréhension de Lyon.
Je suis la naïveté de Lloyd.
Je suis le cœur brisé de Lyon.
Je suis…
 
…mais au fait.


Qui suis-je, à présent?

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Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate


Attention spoil:
 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Dim 5 Mar - 14:38

"Lyon: Bonjour, ce serait pour un paquet de cigarettes."
Alors normalement il faut préciser la marque, la taille, la couleur. Et pour certaines marques le dosage. Oui je suis chiant

"Cette fumée était le portrait éphémère de son existence."
Ce clash

"Ils s’élèvent dans les airs et s’enfoncèrent sur le verrou du portail à plusieurs reprises, et ce à une violence suffisamment puissante pour ensanglanter leur crâne. Après plusieurs coups, le portail céda, la même lumière l’illumina pour la faire sauvagement s’ouvrir, encastrant par ailleurs les deux gardes contre les murs.
Lloyd tressaillit de bonheur face à cet éveil."
La violence c'est mal, mais des fois c'est cool, m'voyez *tg*

"Même votre femme y a eu le droit."
La provoc'

"Il n’avait pas une seule ride, et plus Lyon s’approchait de lui, plus l’horreur le gagnait face à cette préservation de sa jeunesse. "
©️Nivea

Ah ah ah, ça clash sévère

"Il n’écouta plus Lloyd qui lui hurlait s’arrêter non plus."
T'as fail sur ce point. Il lui dit quoi du coup?

"Deux balles de revolvers le clouèrent" "Une lame bleue dépassait de sa poitrine." Qu'est-ce qui le défonce du coup?

"Le sang coulait comme l’eau d’une fontaine de sa gorge, de sa poitrine, et des autres parts de son corps qui se faisaient trancher et brûler un à un. Seules ses mains jointes pouvaient tenir la cigarette de manière correcte. Il la porta à l’une de ses blessures…le plongea dans le feu."
BADASS BADASS BADASS

"Sa fille avait dans son entourage un traître." "???: …est-ce que cet acte a une symbolique, m’sieur"Weiss?" "Ses magnifiques yeux jugeaient pour une dernière fois cette personne qu’il pensait bien connaître. Isao. Il ne savait même pas que c’était son véritable nom."
Oh putain 1 contre 100 que c'est Dean
En plus plus haut Yémon a dit qu'il avait 3 gosses.
Si c'est ce que je pense bordel

"C'est important pour un parrain." Maa :rital: *tg*

"Allons fils. Regarde cet homme droit dans les yeux. Tu l’as tué après tout. Tu l’as enlevé à Audrey." ...

"Qui suis-je, à présent?" Le Champ', le seul et l'unique--> https://www.youtube.com/watch?v=9EPL_4HyCFQ

Bon, je sais pas sur quoi va porter le dernier chapitre du fragment du coup. Mais par contre là tu m'as bien défoncé. Même si j'ai rigolé sur certains points, même si je m'y attendais...Bien joué

_________________


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You'll never leave here
But did you leave me anything?
You're the Phantom of my past..."


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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 6 Mar - 0:23

"Lyon: Hahaha désolé ma belle. Je crois que rêver de jouer au Monopoly c’est décidément pas bon pour ma santé mentale… ^^’
Audrey: Ça t’a vraiment traumatisé à ce point?
Lyon: Le Monopoly traumatise toute une génération éwé " Sur le point de mourir et toujours en train de faire des blagues.


Même avec l'année indiquée, j'oublie souvent que les persos sont plus vieux que ce que je pense. (Lyon qui a 60 ans, Yemon qui en a genre 80...mais vu qu'il boit son propre sang /PAN/ )


Il n'a pas changé....


...Et OF COURSE il a un fils, on parie que la mère c'est Fa- (NO GOD PLEASE NO)
Nan ça doit être quelqu'un d'autre, ou il n'a pas été conçu naturellement.


Pauvre Lyon, mort, il n'a pas pu se venger, et c'est drôle mais...


"Yemon: Une min-"
Même si aucune émotion n'était indiqué, même si cette phrase n'est pas complète, j'ai tellement imaginé Yemon en train de...pas vraiment paniquer, mais il allait vraiment passer aux choses sérieuses...et il l'a fait....avec son fils.


Lyon est mort, mais ce n'est pas fini, dans quel genre de merdier il va finir, ça va finir qu'Audrey va oublier, Lyon sera dans la Psychédélie?


Restons tuned. *Joint ses doigts*

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Sam 11 Mar - 13:58

Fragment n°3: Héros…
Psychédélique;
 Héros de l’existence.


La dernière partie… d’un monde seulement:
 
XII
 
https://www.youtube.com/watch?v=U1pI_5Y6HKU
 
La place ténébreuse s’illumina d’une lueur turquoise. La même lueur que son pouvoir. Lyon pouvait voir, face à lui, la figure d’un autre jeune homme lui ressemblant beaucoup. Il aurait cru avoir un jumeau caché si la dure réalité l’avait épargné.
Le paysage se traça soudainement autour d’eux. Sous le ciel rosé se dessinait une gigantesque chute d’eau, de laquelle une seule tour de marbre persévérait face à son courant et s’élevait dans les airs, tenant,  à son sommet,  les deux hommes.
 
Lloyd: Ça y est…
Lyon: J-j’arrive à parler D8
Lloyd: C’est ton esprit qui est dans ce lieu actuellement, Lyon. C’est normal.
Lyon: …On est mort?
Lloyd: Pas vraiment. Je ne rigolais pas la dernière fois, tu sais…
On vit, on meurt, on revit encore.
Lyon: …
Lloyd: Je sais que tu es triste mais j’ai subi la même chose. Personne ne se souvient de moi. A part… à part Raina. Mais bon, vu qu’elle est de nouveau piégée dans la Psychédélie maintenant…
Lyon:… ma fille…
Lloyd: Je sais Lyon.
Regarde autour de toi. C’est l’intérieur d’une âme, sa personnification quand d’autres esprits logent à l’intérieur. C’est un peu comme la chambre de la grande maison rassemblant l’inconscient, le préconscient et la conscience…on n’a pas accès à cette dernière bien entendu.
A chaque fois que l’on communiquait ensemble, on se retrouvait tous les deux dans cet endroit précis.
Lyon: Vraiment?                                                                                         
Lloyd: Il faut faire un effort considérable pour qu’un être humain parvienne à plonger distinctement dans sa propre âme. Mais oui.
Ce fragment, fragile, vacille par rapport à ce qui se passe en toi. L’eau se déchaîne plus, se calme, est victime d’une violente tempête…et le jour où cette colonne se brise…
Lyon: La mort…
Lloyd: T’as tout compris. Nous sommes donc déjà dans l’esprit de l’autre nous.
Lyon: D-déjà?
Lloyd: Je ne peux pas connaître le monde cependant. A côté de Yedi se trouvait Ondokuz il me semble, mais je n’en suis pas certain, donc…
Lyon: On va devoir le découvrir par nous-même.
Lloyd: Exact.
Lyon: … *sourit tristement*
Lloyd: Ca va aller?
Lyon: Ouais ouais. D’une certaine manière, on est comme des héros que rien n’arrête, pas même le temps. J’ai juste mal pour cette âme.
…J’ai aussi mal pour moi. Pour toi. Pour celui qui m’a tué.
Lloyd: *lui tapote l’épaule* Je suis désolé de t’entraîner là-dedans… Mais c’est pour le bien de tout le monde. On nous oubliera, mais on aura toujours conscience l’un de l’autre. Et si on n’arrive pas à sauver ce monde ci… on aura…ben…un pote en plus?
Lyon: *sourit* Hm, ouais…
Lloyd: La queue de notre âme est toujours jumelée, je pensais que la fusion se faisait directement mais ça doit être progressif… le gamin doit encore être dans le ventre de sa mère.
Lyon: Ça voudrait dire que-!
Lloyd: Oui Lyon. Tu verras notre… mère.
Une fois qu’il sera né, on ne formera plus qu’un.
 
L’âme de Lyon regarda le ciel rosé. La mélancolie l’envahit.
-
Ma petite Audrey…
Maintenant que j’ai tout perdu, je te laisse commencer quelque chose de tout nouveau. Et ça me fend le cœur que de te voir t’éloigner de moi mon bébé, ça tue réellement l’âme de papa. N’oublie pas de prendre soin de toi. J’espère que tu auras tout plein de jolies robes à mettre pour le restant de tes jours..! Haha…
Mais n’oublie pas, mon bébé, c’est un monde sauvage là où tu vis, c’est souvent bien trop difficile pour qu’on puisse s’en sortir simplement en arborant un sourire. Peu importe ton sourire, tu resteras pour moi un éternel enfant.
 Tu sais, papa a beaucoup vu de ce que ce monde avait à offrir, autant de bonheur que de cadeaux empoisonnés. Ça me brise le cœur, car jamais je ne voudrai te voir triste.
J’espère que tu te feras encore tout plein d’amis. Juste, souviens-toi simplement du fait qu’il y a quand même plein de personnes malintentionnées…
Fais juste attention. Et prends soin de toi.
…Tu l’oublieras… mais papa lui t’aimera à jamais.
-
 
Dans la salle d’accouchement, une femme venait de mettre un terme à son travail. Le bébé était arrivé sain et sauf au monde, et, encore essoufflée, elle regarda son mari qui entra dans la salle un peu paniqué. C’était leur premier enfant, après tout. Le délicat blond aux yeux cernés et à la peau pâle vint rejoindre la brune à la peau noire et aux yeux bleus.
 
???: Tu l’as fait, ma belle!
???: Oui… Logan est en parfaite santé.
???: On formera une magnifique famille…tous les trois!
 
Lyon et Lloyd ne purent s’empêcher de rire ironiquement à cette déclaration.
La vie n’avait pas encore véritablement commencée, pour Logan.
 


-flashback-
 
Deux corps apparurent soudainement dans la Psychédélie. Une dangereuse énergie les projeta au sol.
 
Lloyd: Arf…
Raina: Lloyd! Ca va aller?
Lloyd: Ça va, ça va…je suis juste.. content qu’on ait réussi… je suis content que Tatsu ait…exaucé ce vœu.
Raina: Oui, le plus dur a été fait, on a pu pénétrer dans la Psychédélie! On a plus qu’à effacer ce fou furieux avant qu’il ne fasse l’irréparable.
 
Elle prit son visage dans ses mains et y déposa un long baiser. Lloyd, en retour, caressa ses doux cheveux et la regarda amoureusement pendant une dizaine de secondes.
L’odeur envoûtant de la Psychédélie leur envoya un signal déroutant. Et c’est lorsqu’ils sentirent une présence non loin d’eux que le couple se reprit.
 
???: …Des humains. Des humains l’ont donc bien fait.
Je-... chapeau bas.
Raina: Vous n’êtes pas une âme corrompue? é_é
???: Toutes les âmes dans la Psychédélie sont corrompues d’une certaine manière. Tant que la Mort ne décide pas de les libérer de ce bas-monde… 
Nous ne sommes pas pour autant tous mauvais. Après tout, entrent naturellement dans la Psychédélie les âmes qui ont n’arrivent pas à se défaire du monde des vivants.
Lloyd: Eh mais…je reconnais cette voix… et même si ta figure est floue.. tu es-
???: Je m’appelle Edward Eastwood, et je n’en ai plus pour longtemps avant que le nouveau maître de la Psychédélie vienne en finir avec moi.
Cependant, je sais ce qui se passe, vu que j’en suis partiellement responsable, et j’aimerais vous aider avant que cela ne soit trop tard.
Suivez-moi.
-

Yedi, 31 mars 2055
 
https://www.youtube.com/watch?v=V07qVpXUhc0
 
Audrey se leva de son lit. Regardant le temps par la fenêtre, elle fut comblée de voir que le soleil était présent pour ce jour. C’était son 30ème anniversaire.
 
Audrey: 30 ans déjà, hu… Le temps passe vite.
 
Elle scruta sa chambre dominée par les tons pastel. Ses yeux à la couleur indescriptible butèrent sur la bibliothèque de chambre. Sur un étage se trouvait, à côté de quelques bijoux, une pierre tenant verticalement. Sa couleur était tout aussi difficile à décrire que les yeux d’Audrey;  c’était une particularité à la pierre d’Alexandrite et ce qui lui valait sa beauté. Tantôt les éclats violets prenaient le dessus, tantôt c’était des variantes de bleues; et puis quelques fois la lueur verte apparaissait. Ce fragment intéressant détenait la seule parcelle de mémoire liée d’une certaine manière à Lyon.
 
… à qui, déjà?
 
Elle ouvrit son tiroir et prit une robe au hasard. Enlevant par la suite son pyjama blanc, elle s’observa un moment devant le miroir. Audrey avait réussi à reprendre du poids, et ce, grâce à Kieran, ce dont elle ne se serait jamais doutée autrefois. Il avait réussi à se dévoiler en tant que bon ami dernièrement, et en bon coach pour l’aider à vaincre définitivement l’anorexie. Même s’il ne se montrait plus, dernièrement.
La châtain n’avait plus à se cacher, même si son goût pour les longues robes flottantes ne s’envola pas, depuis. Une fois habillée et coiffée, quelqu’un toqua à la porte de l’appartement.
 
Audrey: *ouvre la porte* Oh, Laelynn. Salut ^^
Laelynn: Joyeux anniversaire, Audrey!
 
La belle femme qui lui faisait face avait ses cheveux argentés noués en une queue de cheval assez basse. Ses yeux turquoise pétillaient de bonheur.
 
Audrey: Oh, c’est vraiment gentil. ^^ Tu veux rentrer?
Laelynn: Evidemment! J’ai un petit quelque chose à te montrer!
 
Elle le prit par la main, s’invita à l’intérieur et ferma la porte. Sa cousine connaissait bien l’appartement depuis le temps. Traînant la plus âgée jusqu’au balcon, une vision bien amusante s’offrit à elle.
Une bonne partie de ses amis était en bas, en train de chérir à plein poumon Audrey pour son anniversaire. Ils avaient même mis en place un petit banquet, accompagné d’un placement de roches blanches pour former une phrase. Les passants traînant autour du banquet regardaient en sa direction avec des sourires étonnés, amusés.
 
Audrey: J’y crois pas… *crie en rigolant* VOUS GÊNEZ PAS LES PASSANTS AU MOINS?
Dean: T’INQUIETE ON A EU L’AUTORISATION DU PREFET 8D
Daria: DESCENDS MAINT’NANT! ON VA PAS T’ATTENDRE UNE ETERNITE NON PLUS!
Audrey: J’ARRIVE, J’ARRIVE! *se retourne vers Laelynn* Vous n’étiez pas obligé de préparer quoi que ce soit pardi! Je vais me sentir gênée avec tout ça…
Laelynn: Tu le mérites amplement, Audrey! Allez viens, il ne faut pas les faire attendre plus que ça  *la tire de nouveau par la main*
 
Elle le suivit en riant de bonheur. Même orpheline, Audrey avait réussi à s’entourer de personnes très aimantes. Sa mère est morte lorsqu’elle avait deux ans, et elle n’a jamais connu son père. Elle savait juste être des Weiss, rien de plus.
Tout de même…
 
Audrey: *sort dehors, une poignée de personne l’attaque* Vous m’étouffez éwé
 
La journée entière se déroula de manière festive. Tout le monde avait le sourire, et en plus de célébrer un anniversaire, ça leur permettait à tous d’être ensemble pour ne serait-ce qu’une journée, ce qui se faisait de plus en plus difficile.
 
Quelque chose la peinait….
 
Au coucher du soleil, Audrey sortit prendre l’air au balcon. La fin de la journée se passait chez elle.
 
Audrey: …
Dean: *vient la voir* Yo Dreydrey  Quoi d’neuf?
Audrey: Boh, rien de spécial. Je sortais prendre l’air.
Dean: J’comprends, ça devait être éprouvant de rester cloîtré là-dedans avec nous :3
Audrey: Allons, c’est pas ça.
Ah au fait, merci beaucoup pour ton cadeau Dean. Le collier est magnifique.
Dean: De rien, content que ça te plaise 
Audrey: Evidemment. Ça n’a pas coûté très cher j’espère?
Dean: Du tout *3* Un ami joaillier me devait un p’tit quelque chose, et je lui ai demandé ce collier.
Audrey: C’est gentil ^^
Dean: J’t’en prie, madame 
 …dis, tu es sûre de bien aller?
Audrey: Hm?
Dean: Perdue dans tes pensées?
Audrey: Un peu oui. Je sais pas pourquoi…cette journée était magnifique, tout le monde était là. Mais…. J’ai une douleur au cœur…
Dean: *se relève* ce ne serait pas une maladie au moins?
Audrey: Non, non, pas ce genre de douleur physique. Il y a quelque chose qui… peine mon cœur. Quelque chose me chagrine.
 
Elle regarda le ciel rosé. Une mélancolie inexplicable l’envahit.
-                                                                                                                              
https://www.youtube.com/watch?v=U1pI_5Y6HKU
 
Ondokuz, 2014
 
Logan entra dans cette étrange maison située dans le royaume champignon. Il s’était fait un ami, nommé Clésé, il n’y a point longtemps, dans une étrange affaire d’argent volé. Il lui avait par la suite proposé de se rendre ici pour rencontrer d’autres personnes dotées de pouvoir, rejetées de la société du royaume.
La porte défoncée lui permit d’entrer facilement, bien qu’un peu hésitant. Tous les regards se plantèrent sur lui, et ce dès son premier pas.
 
Logan: Euh…salut les gens 
Clésé: Ah bah tiens, c’est de lui dont je vous parlais 
Rinji: Logan? Tu fous quoi ici? 
Logan: Oh mais-...Rinji!
 
Logan sentit alors une forte impulsion de son SS. Il ne faisait que de bouger sans cesse, à essayer tantôt de toucher le visage de Clésé, tantôt d’autres forumeurs. Mais lorsqu’il vit Rinji… des larmes inexplicables jaillirent de ses orbes.
 
Rinji: Tu vas bien… ? é_é
Logan: Ah..euh…oui. Je sais pas pourquoi ça me fait ça. Désolé. D8
Emylie: On dirait que tu as déniché un sacré sentimental, Clésé.
Clésé: Ouais mais c’est un bon gars 
 
Le SS tempêta de plus belle. Logan ne comprenait pas du tout ce qu’il se passait, mais sourit aux remarques des inconnus.
Rinji s’approcha de lui, et fut pris dans un câlin inattendu.
 
Logan: Désolé vieux, j’ai juste une furieuse envie de te serrer dans mes bras! Ça fait super longtemps 
Rinji: Si seulement tu pouvais te dépêcher… ? :/
Manji: Non c’est bon on a déjà plein de photos de prises 
Rinji: *abandonne* *tapote le dos de Logan* Tu es sûr que ça va? Il s’est passé quelque chose avec tonton et tata?
Logan: Ah non… pas du tout… c’est le SS qui a provoqué ça. J’sais pas trop pourquoi. *le lâche*Ça va?
Rinji: Ben…ouais et toi?
 
Au sourire donné par son cousin, Rinji n’avait pas l’impression d’avoir affaire à Logan mais à une toute autre personne.
 
Logan: Oui, ça va mieux maintenant qu’on s’est revus ^^
 
(….
Maintenant qu’on est tous ensemble. De nouveau.)
 
Lyon ne s’était pas encore habitué à cette nouvelle forme, ni à ce devoir. Mais il allait essayer de faire de son mieux pour le bien de tous.
-
http://listenonrepeat.com/watch/?v=VDbfOdvFBrA#Chrono_Cross_OST_-_People_Imprisoned_by_Destiny
 
Tout comme Lina, Lyon ne trace pas son fragment seul. Né le 31 juillet 1994, il fut rapidement abandonné par ses parents lorsque son Supernatural Spirit fit rendre compte de son existence, et il n’était pas facile pour une famille vivant au N’jakaülke de cacher ce trait. Les enfants dotés de magies étaient rapidement désignés comme possédés et abandonnés par force par les autorités du village forçant les parents, ils possédaient apparemment en eux le souffle du diable. Ainsi, le petit Lyon dut faire virée dans d’autres pays pour sa sécurité, en tant qu’orphelin. Il ne sut cependant jamais ce détail et pensa juste que sa famille était terrifiée de son identité; il ne chercha jamais à trouver ses parents biologiques pour cela, même s’il en avait l’occasion.
Son pouvoir sortant de la spécialité des orphelinats, il fut rapidement confié au Centre de Recherche Paranormale Nakagawa, grandissant dans des conditions convenables au sein d’une équipe aimante. Ces personnes l’accompagnèrent dans sa lutte contre Lloyd pour aider à distinguer sa propre conscience de cette entité, d’avoir un contrôle sur lui. Autrement dit, de jeter Lloyd hors de sa conscience afin d’éviter les troubles importants.
Le 5 juin 1999 fut le début d’un renouveau pour le blond; adopté par Vaughn et Bianca Weiss, un couple ne pouvant procréer. L’entrée dans la grande famille Weiss ne le guérit pas seulement dans le plan sentimental, mais l’aida également à découvrir la foi. Cette découverte lui ouvrit les portes d’une très forte moralité, rendant le jeune Weiss incapable de causer du mal à qui que ce soit. Malgré son amour pour la boxe; il restait fort attaché à ces idéaux et son père Vaughn le contaminait un peu avec sa tendance à fondre en larmes pour pas grande affaire.
Le temps passa sereinement; Lyon n’eut jamais de sévères chutes. Il commença ses études de médecine au Royaume Champignon, endroit où il fit la rencontre des forumeurs et recroisa même son cousin Rinji Weiss. Abandonnant par la suite ses études pour s’adonner à la passion qu’était l’archéologie, l’homme aux dix nationalités assista à une transformation effarante à partir de l’âge adulte. En plus d’avoir forcé la main à son cousin scientifique pour lui enlever Lloyd de son âme et de voir ce dernier se transformer en ombre suite à un accident; il dut en plus sauver son père avec l’aide de Rinji –et fortuitement des 3 élus Akane, Cloud et Makio- des griffes de la mafia l’ayant capturé pour exercer une pression sur Rinji qui travaillait alors sur l’Arme.  C’est à partir de ce moment-là que ce projet prenait de l’ampleur sur sa vie.
Mêlant archéologie et enquêtes, sa famille se constitua sereinement. Il n’avait pas encore pu offrir le mariage que Lina Hansen Møller méritait, et ne le put jamais vu que le fragment de cette dernière fut malencontreusement enlevé lorsque leur fille Audrey Weiss n’avait que 2 ans. L’incompréhension la plus totale lui permit de plonger dans un désespoir suffisamment profond pour décider de vendre les plans de l’Arme que sa femme avait visiblement en sa possession de son vivant. Le vendant à un envoyé de Raven qui s’était fait naïvement passé pour un particulier, Lyon Weiss récupéra l’argent dont il avait besoin pour faire survivre sa fille, mais… il perdit une partie de cette moralité qui le caractérisait tant. Son chagrin ne fit que de se répandre lorsque l’Incident de Quay Island survint, et, par la suite, la mort de son cousin Rinji ainsi que l’annihilation la plus totale de la SSRH.
Il avait mis sa famille en danger. Il avait mis trois de ses amis en danger. Il avait causé la mort de son cousin et ami, et la mort atroce de toute une section. Arrêtant l’archéologie pour s’adonner complètement à l’enquête du meurtre de son cousin, le susdit « héros » décida d’affronter ses démons en trouvant une réponse à cette mascarade. Se sachant coupable, il n’avait pas du tout en tête l’idée d’échapper à sa punition; son devoir était de s’adonner de toutes ses forces à résoudre cette énigme et collecter suffisamment de preuves incriminant le coupable et lui à ses côtés.
Lloyd l’avait pourtant bien prévenu; sa mort signifiait un renouveau de malédiction.
Il n’y a rien de plus amusant  que de voir ceux vous ayant déclaré une guerre goûter un à un dans une eau empoisonnée… pour l’infini.
Oui, c’est moi, la Mort, qui leur ai cloué cette malédiction.
Le 25 mars 2055, cette fumée s’évapora pour de bon. Lyon Weiss poussa son dernier soupir après s’être entretenu avec Yemon Kondo. Il mourut tout en connaissant la vérité; cependant, il ne put illuminer personne de ce fait.
Si je suis attaché à ce fragment, c’est pour la pureté qui en émane, et ce même après ses péchés. Même en sachant qu’il est destiné à être seul et oublié à chaque renaissance, Lloyd et Lyon continuent à espérer.
Ils pensent naïvement pouvoir venir à bout de la Mort-même.
Ils continuent à se proclamer les Héros de l’existence.
-
Mais- Comment ça?...
…pourquoi n’ai-je jamais ramassé le fragment de Lyon? J’ai en moi la certitude qu’il ne réussira jamais.
La beauté se trouve dans les choses éphémères. Les vies menées par Lyon sont toujours resplendissantes de beauté, de sentiment.
Et elles seront courtes.
Vous savez, l’éternité est aussi éphémère qu’un « je t’aime » suspendu entre la vie et la mort.

-




Audrey leva de nouveau sa tête vers le ciel rosé. 
Audrey: C'est dingue, tout de même... Ce pincement au cœur...
La danse venteuse fit virevolter ses cheveux.
La mélancolie envahissait son âme; ses yeux dignes de la couleur du paradis brillaient telle une gemme. 

_________________


Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate


Attention spoil:
 


Dernière édition par Fan' le Jeu 13 Juil - 18:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Sam 11 Mar - 14:24

Après la manière que s'est terminée l'avant-dernier chapitre, j'étais curieux de savoir comment ce dernier allait vraiment se finir.


"Lloyd: La queue de notre âme est toujours jumelée, je pensais que la fusion se faisait directement mais ça doit être progressif… le gamin doit encore être dans le ventre de sa mère.
Lyon: Ça voudrait dire que-!
Lloyd: Oui Lyon. Tu verras notre… mère." TIN-TIN-TIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN!
Père de Logan: Et moi? On s'en fout? /PAN/


Le nom du 3e Lyon est Logan, haha, comme dans le film *TG*


MAIS WTF, QU'EST-CE QUE FOUT EDWARD DANS LA PSYCHÉDÉLIE? *Juste à temps pour son fragment*


Toute la scène avec Audrey a miné mon moral, je le sentais venir des milles à la ronde.


Ondokuz ne semble avoir point de différence à part Lyon, bon ce n'est qu'une minime exploration concernant le nouveau "coeur"
Lyon pieuvre confirmé *TG avec ça*


"Les vies menées par Lyon sont toujours resplendissantes de beauté, de sentiment.
Et elles seront courtes." Il a vécu 60 ans alors taggle (Long comparé à Cloud, Ema et Lina) /PAN/

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Sam 11 Mar - 14:44

"C’est un peu comme la chambre de la grande maison rassemblant l’inconscient, le préconscient et la conscience"
Quand Freud s'installe à la dernière minute

"Lyon: Ça voudrait dire que-!
Lloyd: Oui Lyon. Tu verras notre… mère."
LA CHAMP' FEMININE, LA SEULE ET UNIQUE

"???: Tu l’as fait, ma belle!
???: Oui… Logan est en parfaite santé."
Putain mais j'ai tellement mouru
Le pire c'est que son prénom commence aussi par un L, du coup ça colle

"Il s’était fait un ami, nommé Clésé, il n’y a point longtemps, dans une étrange affaire d’argent volé"
L'amiception m'a tué D'ailleurs c'est un fail que la rencontre se fasse en 2014, ou parce que certaines dates changent d'un univers à l'autre?

Je pensais que c'était un plus gros truc que ça qui avait perturbé Just. Btw le résumé était pas trop compliqué, ça va. Même si ça m'a rappelé quelques détails assez importants

_________________


"Oh I feel your presence
You'll never leave here
But did you leave me anything?
You're the Phantom of my past..."


Il faut qu'on se suicide, c'est un pari sur l'avenir, et je le prends, parce que je suis un homme en COLERE
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Sam 18 Mar - 14:16

Fragment n°4: Travailleur acharné


 
« Elle n’est pas jolie, elle n’a pas de rouge » Stendhal


«Le moi n’est pas maître dans sa propre maison» Freud
 
La dualité d’Edward m’oblige à doubler les citations. Ce n’est pas un fragment facile que nous avons là, et j’ai personnellement mis beaucoup de temps à me décider du bon moment pour cueillir son âme.
La société a chamboulé sa vie; il s’est rapidement trouvé seul, aliéné. Le reste de son existence se caractérise par un combat, non seulement contre les personnes qui étaient en position de domination sur lui, mais aussi contre sa propre personne.
 
__________________
 
https://www.youtube.com/watch?v=6VA1Z0Irzp4
 
Je suis né ici, dans ce paradis ensoleillé.


Ô, Mingan!


C'est ici que mon père, que mon grand-père et tous ceux d'avant sont enterrés. Dans la chair de ta terre, Mingan. Et nous, tu nous as fait grandir, tu nous as élevé comme tes arbres se suspendre sous les nuages toujours en gardant la peine de nous voir tous partir. 


Tes yeux sont noyés dans la mélancolie, Mingan.


C'est dans la maison en ruines là-bas au milieu du champ d'oliviers… C'est là que nous avons chantés, ris, dansés, vibrés comme les cordes de cette guitare manouche: pincée au cœur; cueillis comme des fleurs.
C'est là que nous avons pleurés aussi, oui…
Difficile d'expliquer pourquoi on est attaché à un endroit.
Jusqu'à ce qu'une armée débarque chez toi.
 
Ton cœur t'a été arraché, Mingan.


Au début, ils ont tirés en l'air: Ça faisait du bruit, c'était bien gentil. Et puis après ils ont tué mon père, puis mon oncle, et puis mon frère. Ils ont fait brûler la maison, détruit jardins et plantations pour y installer leurs colons.
Nous, avec femmes et enfants déportés jusqu'à ce camp de réfugiés... Sales, froids…. on y était entassés.
Seul au loin, le son de cette guitare tzigane me donnait encore la force de résister. La force de respirer. Mélodie des gens du voyage, musique des déracinés… elle m'a fait oublier le mal.
 
Mais jamais elle n'a pu t'enlever de mes pensées, Mingan.


J'avais 8 ans, et me voilà maintenant une bombe scotchée sur le bidon, aspiré dans ce grand siphon.
Liberté pour toi Mingan!
Je vais vous faire danser, joyeux colons, sur le son de mon canon…


Aujourd'hui, je suis chef d'orchestre réglant ma note sur celle du temps. Ce temps gitan sur lequel je virevolte encore...en joyeux papillon.
J'arrive, j'arrive ô destin sadique.
Tel un coup de cymbale ponctuant les violons. Mingan! Tu me vois descendre de l'autocar, au milieu de tous ces regards..?
Y'a mon cœur, y'a la peur, y'a ce son de guitare...


Anonyme passant, je souris à l'enfant et puis au milieu de la rue,  je te vois, belle inconnue: C'est toi, l'élue. Mon persécuteur t’a choisie.  Vais-je te prendre par la taille et faire danser nos entrailles?
J'entends d'ici les cris d'effrois déchirer le silence...
Y'a mon souffle qui s'accélère. Manque d'oxygène.
Ton regard qui me fixe. Tu comprends. Ton sac tombe, la pomme roule.
Tes yeux m'implorent. Reculer ? Il est trop tard, petite.
Mon doigt se crispe.
Puisqu'on ne peut vivre tous les deux….


CREVONS ENSEMBLE.


Ô MINGAN!




_______________

Les gestes répétés de sa main laissaient la trace du crayon violet sur la feuille, la force y était cependant déversée avec tellement d'enthousiasme, de persévérance et peut-être même de frustration, que le papier succomba et se déchira. La petite tête émeraude observa le résultat: son tracé avait débordé sur le plancher. Une femme entra à ce moment-même dans la chambre assez froide, ce qui eut pour effet de le faire sursauter; puis, il l'observa. La personne aux allures chaleureuses ouvrit les tiroirs avec férocité pour y glisser quelques vêtements. S'arrêtant à la vue du petit enfant, premièrement elle lui sourit et perdit aussitôt sa grimace lorsqu'elle remarqua l'état du plancher. 
Femme: Encore, Edward? Plus aucun plancher ne te résiste ma parole. Il faut que tu apprennes à colorier sagement, sans déchirer les feuilles. 
Allez, sors de la chambre nom de dieu! Je dois nettoyer tout ça.
Elle le força à se lever, et avec une petite claque aux fesses, fit sortir le garçon de la pièce.
Femme: Je n'arrive pas à y croire, il a toujours cette manie de déchirer les feuilles...
Son regard plongea dans le balancement de l'immense pendule ornant la chambre de l'orphelinat; puis, elle soupira.

Femme: Il a eu un passé terrible, mais tout de même... 
Il ne se confie qu'à cette pendule. 

_________________


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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Sam 18 Mar - 15:25

"« Elle n’est pas jolie, elle n’a pas de rouge » Stendhal"
Un coup de couteau et pour le rouge c'est réglé Moins brutal, tu lui achètes un Bordeaux de 1961, une merveille

"«Le moi n’est pas maître dans sa propre maison» Freud"
Il t'aura vraiment inspiré au bon moment lui. Chanceuse

"Ô, Mingan!"
Pagan Mingan. *tg*

Moi j'aime bien, t'as une petite description oklm d'un village pittoresque, puis

"Jusqu'à ce qu'une armée débarque chez toi."

SURPRISE MOTHERFUCKER

"Femme: Encore, Edward? Plus aucun plancher ne te résiste ma parole."
C'est ce qu'on appelle mettre le PIED AU PLANCHER
POOOOOOOO ELLE EST GENIALE CELLE LA *Voiture intensifies*

"Il ne se confie qu'à cette pendule. "
Et là tu vas nous faire un rapprochement avec Schopenhauer? *Du moins si tu l'as vu*

Courte intro, on verra bien ce que ça donne. Mes avis que y'aura des attaques terroristes

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"Oh I feel your presence
You'll never leave here
But did you leave me anything?
You're the Phantom of my past..."


Il faut qu'on se suicide, c'est un pari sur l'avenir, et je le prends, parce que je suis un homme en COLERE


Dernière édition par Seigneur Locelot le Dim 19 Mar - 14:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Dim 19 Mar - 14:30

Ahlala, les poèmes, je suis encore vivant après avoir lu

Pas que c'est fatiguant à lire, mais moi et la poésie c'est zéro. /PAN/


Mingan doit être une croyance d'Edward, comme Rinji et Subaru avec Tatsu.


Edward qui dessine, j'ai passé proche de penser à moi qui colore tellement fort des fois que ça traverse la table, conneries de dessins à la main /PAN/
Déjà, c'est un travailleur acharné à 8 ans *TG*


Voyons voir ce que ça donnera.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Mer 22 Mar - 21:22

Bonne fin pour l'autre partie que je-pensais-avoir commenté- *3*
Toujours sympa le résumé, ça permet de se souvenir.
Le chapitre d'Edward... *sait certaines merdes qui vont arriver et les responsables*
J'attends la suite du coup *3*

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Il est le calme qu'elle ne pourra plus jamais obtenir."
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Dim 7 Mai - 23:05

I
 
2005
 
https://www.youtube.com/watch?v=ifUGf5ow1e0
 
Les hautes branches de l’orphelinat s’enfonçaient dans les ténèbres de la ville industrielle. Edward n’en connaissait même pas le nom. Il s’était fait jeter dans cette prison quelque temps après l’annexion de Mingan par Silvara.
Il aurait voulu mourir à Mingan. Cela lui aurait évité bien des souffrances. Mais la vie n’avait apparemment pas fini d’en découdre avec lui.
Un jeune garçon de treize ans, étoffé d’un short beige et d’une chemise bleue surplombée par une veste sans-manche marron, courrait dans les couloirs poussiéreux de l’orphelinat. Il trébucha sur le long tapis oriental par cause de son ancienneté provoquant quelques irrégularités par-ci par-là. Se rattrapant cependant sur un meuble, il y déposa tout son poids pour ne pas tomber et le vieil objet grinça sous cette peine. La femme qui le poursuivait attrapa violemment le petit être fragile par le col et le retourna pour avoir son visage face à elle. C’étaient d’abord les deux cristaux qui éclairèrent la blancheur pourtant vide de son visage. Son œil gauche, émeraude, contrastait avec le vice de son œil droit noisette parsemé de petits éclats bleus. Tandis que ses mèches émeraudes se déposaient sur ces cristaux pour tenter de le cacher de honte, ses mains immaculées de blanc tentaient de faire lâcher prise à la femme.


Femme : Edward arrête ce non-sens tout de suite !
 
Ses cheveux raides balançaient toujours d’un côté à l’autre, suivant les mouvements effrénés du garçon. A voir ces mèches sans forme et épais, ainsi que la couleur éclatante de l’émeraude, la femme aurait pu croire qu’elle faisait face à un joyau. Mais le caractère de ce gosse était bien plus éprouvant. Un joyau est difficile à dénicher, et il ne faut surtout pas confondre une émeraude avec du corindon.
Les joues du garçon aux cheveux verts rougirent de force après une claque, qui le calma.
 
Femme : Nom de dieu ! Edward, tu es responsable pour m’avoir forcé à en venir ici ! Donne sur-le-champ ce que tu as volé à Ema et Cloud !
 
Deux enfants se trouvaient pas loin de la bonne femme. La plus petite, une rousse, sanglotait dans les bras de son frère, lui blond.
 
Edward : Tch… *sort un joyau jaune de sa poche*
Femme : *lui arrache de sa main* C’est un souvenir de leurs parents morts, Edward !
Edward : Moi aussi j’ai perdu ma famille. C’est votre pays qui a tué ma famille.
 
La robe de l’adulte traîna sur le sol poussiéreux jusqu’aux Russel. Redonnant le petit joyau, qui était en fait le composant servant d’hôte à la totalité de l’esprit de Raijin, le petit blond tendit l’objet à sa sœur, qui se mit à retrouver le sourire qui domina difficilement les larmes. Ils rentrèrent dans leur chambre, tandis que le petit enfant venu de Mingan se laissa lourdement tomber par terre. Le visage de l’adulte se crispa face à cette vue. Elle savait très bien que sa vie n’était pas facile.
 
Femme : Edward… *s’accroupit à ses côtés, prend son visage dans ses mains et caresse ses cheveux* Tu sais que tout le monde t’aime ici.
Edward : Gary m’a encore fait mal aujourd’hui.
Femme : …J’irai le punir-
Edward : Quand tu vas lui parler il fait encore plus mal.
Femme : Edward. Tu n’as pas à te sentir étranger. Cet orphelinat a été construit par Kondo pour que les enfants aient leur propre petit paradis. On fait de tout notre possible pour que votre futur soit le plus brillant possible. Les professeurs se démènent pour votre réussite !
Edward : … Je hais cet endroit.
Femme : …Dois-je croire à ta sincérité quand tu dis ça ? Ou est-ce encore quelque chose que tu dis sans réfléchir ?
Edward : Oui, je crois que c’est ce que j’ai plus de sincère en moi : la haine de tout ce qu’on appelle « vertu ». Ne cherche pas à comprendre. Vous et votre éducation puritaine… Ça laisse au cœur un ressentiment dont on ne peut plus jamais se guérir. *ricane*
D’ailleurs. Tu devrais me dire cette chose que j’ai, là.
Femme : Où donc ?
Edward : Sur le bord de ma lèvre, à l’intérieur.
 
Elle se pencha vers Edward, et souleva d’un doigt sa lèvre.  Une petite tache blanche se faisait en effet remarquer.
 
Femme : Oh, c’est un aphte.
Edward : *hausse les épaules* t’es une madame sérieuse pourtant, non ? Un aphte ça passe. Ça, c’est dur et de semaine en semaine ça grossit. Ça me donne un mauvais goût dans la bouche. Ça fait un mois. Ça doit être encore une punition de la vie.
Femme : Allons, arrête tes idioties.
Edward : Tu as raison. Mon mal vient sûrement de plus loin.
Femme : *soupir* Ah, Edward… Tu es tellement intelligent pour ton âge. Un vrai petit génie, même si tes expériences sur les rats m’écœurent. Si seulement tu pouvais mettre cette lumière au service d’une bonne cause.
 
Il se leva, et rentra dans sa chambre. Avant de fermer sa porte, il regarda la chambre à côté. Le blond de tout à l’heure le surveillait toujours d’un œil en gardant sa porte entre ouverte. Edward grimaça, et s’enferma dans la chambre.
 
-
https://www.youtube.com/watch?v=NgCJel3WLkg&index=97
 
Ses yeux s’éteignirent et l’emmenèrent dans un tout autre univers. Le voilà maintenant prisonnier dans une chambre de psy…psyquoiquecesoit, il ne connaissait pas la différence entre ces différentes branches les unes plus étranges que les autres.
La personne qui l’accueillit était en total rupture avec les airs du bureau. C’était un adulte vêtu d’un masque onirique, un masque avec plein de références aux sorciers de N'jakaülke, Hym, Delmãs et les motifs du masque en lui-même faisait penser aux oni d’Altanri. Ce masque d’autant plus effrayant grâce aux bonus que lui apportaient les plumes blanches, la peinture rouge, les cornes et le long pelage d’ours albinos qui venait agrandir la portée du masque, donnait comme l’impression d’avoir envie de dévorer Edward.
 
???: Edward… Toutes tes décisions ouvrent des portes vers l’avenir. Mais je ne sais pas si c’est réellement la voie que tu souhaites. Aujourd’hui, tu t’es décidé de te lancer dans le jeu. Je vais t’aider. Mais tu dois m’écouter… Ton esprit doit m’écouter. Quelque soit l’angoisse que ça te procure. Ne me regarde pas avec ce vide, Edward. Je sais très bien à quoi tu penses. Crois-tu réellement que ça amènera quelconque paix ?
Edward : Pourquoi pas.
???: Tu sais bien que ça n’amènera que des soucis.
Edward : Il faut essayer.
???: Non…Edward…no-
Edward : A quoi ça me sert de parler à moi-même pour me convaincre du contraire ?
 
Le masque tomba. En effet, le visage qui se cachait derrière ressemblait goutte pour goutte à celui du garçon. Le même, en seulement plus âgé.
 
???: Je t’en prie…écoute-moi-
Edward : C’est ma légende personnelle…
-
Il ouvrit ses yeux. La rage le gagna.
Edward : Ma légende personnelle… C’EST DE TOUS VOUS EMMENER EN ENFER !!
 
Il avait fui de l’orphelinat pour se glisser dans le centre commercial le plus fréquenté de la grande ville. Tous les branchements de la bombe avaient été ficelés dans la discrétion la plus totale que pouvait avoir un pauvre jeune garçon comme lui. Une sensation de puissance gagna son cœur ; il venait de joindre les deux bouts de câbles au même moment où il hurlait sa haine. Les explosions allaient prendre de l’ampleur au premier étage avant de venir sonner tous les étages supérieurs ; cela lui donnait pile le temps de se jeter du bâtiment. Peu importe s’il mourrait, peu importe s’il trouvait un endroit où s’accrocher. Son but était juste de ne pas mourir dans l’explosion-même, pas comme les Silvariens.
La première détonation le fit frissonner de joie. Il se dirigea vers la fenêtre de la cale supérieure -vide- du centre commercial, regarda les passants de l’autre côté de l’espace admirer son œuvre. Il cria, encore. Insulta sa famille, ce pays, soi-même.
Plus rien ne restait à sauver dans cette coquille. Il se jeta, et pour la première fois depuis la fin de Mingan,
Edward se sentait enfin en paix.

Une sphère faite de terre protégea son corps. Une colonne jaillit du sol et stabilisa la boule; et l’intérieur garantit la respiration du jeune avec l’aide de plusieurs plantes.
-
DÖRT
2005
 
Malheureusement, la même histoire ne se répète pas de la même façon d’un monde à l’autre.
 
https://www.youtube.com/watch?v=NI8CTN-Xxis
 
Le champ de tournesol répandit poussière et désespoir à travers Mingan. Les militaires étaient arrivés. Et les habitants eurent le malheur par la violence. Edward sortit de la caravane familiale, secoué par la force des coups de feu alors qu’il jouait de la guitare. Ses pensées étaient tout d’abord dirigées vers sa petite sœur clouée à une chaise roulante. Il courrait à travers le sol terreux de son camp.
 
???: EDWARD !
Edward : Maman, Alev n’est pas là ! Tu l’as vue ?
Mère : Tu…elle n’était pas avec toi ?
Edward : Elle doit sûrement être au champ en train de cueillir des fleurs avec Vincent. Je vais les chercher !
Mère : Edward, non !
Edward : Ma..maman ?
Mère : Mon chou, je t’en prie. Je ne sais pas où ton père et ton oncle sont passés…je ne veux pas te perdre, toi !
Edward : Maman, arrête ça ! Ils ne sont pas fous, non ? Ils ne vont pas tirer sur chaque personne !
Mère : Ce ne sont pas des manifestations contre la force, Edward. C’est un véritable combat.
Edward : …
 
Il reprit sa course, bercé par les derniers cris archaïques de sa mère. Ses pas le transportèrent jusqu’à un petit parc remplit de fleurs saisonnières. Derrière un bac se cachaient deux enfants. Le garçon tentait de couvrir au mieux la fille au sol, qui avait visiblement quitté sa chaise roulante, traînant sur le côté.
 
Edward : VINCENT ! ALEV !
Vincent : G-..grand frère !
 Des pleurs venant de la part de la fillette alarmèrent son instinct de grand frère. Il se précipita à leurs côtés, tandis qu’un combat se poursuivait à une dizaine de mètres d’eux, saccageant tout le parterre de fleurs.
 
Vincent : Grand frère ! Explique-nous ce qu’il se passe ! Alev a failli se faire toucher par une balle-
 
Il n’arrivait plus à faire le vide dans son esprit. Le regard affolé des deux enfants l’alerta, le combat juste à côté le paniquait. Il perdait tout sens rationnel, et les mots de sa langue s’échappaient un à un de sa pensée. Ne sachant pas comment répondre, il se pressa de faire un signe impatient à son jeune frère pour qu’il lui passe la fille dans ses bras. S’exécutant, Vincent souleva la jeune handicapée de toutes ses forces et la confia à son frère, toujours en le fixant de ses yeux bleus.
 
Edward : ça… ça va. Ça va. Alev, ça ira. On retourne au campement.
Vincent : Ils sont en train de condamner chaque issue !
Edward : Vincent, baisse ta tê-
 
Du sang gicla sur son visage, ainsi que sur celui de sa sœur. Le jeune garçon venait de se prendre une balle sur la mâchoire. Il retomba à la renverse, et les cris d’Alev montèrent en cadence face à la vue de Vincent totalement défiguré par la peur et la souffrance. Avant même qu’il ait eu le temps de réagir, une main le balança au sol en le tenant par derrière, le faisant s’écraser contre sa petite sœur. Par réflexe, il se tourna rapidement de l’autre côté, tout cela pour avoir affaire à un militaire pointant son couteau à la gorge de la petite.
 
???: Donne-la-moi.
Edward : Qu…
???: Elle nous sera utile, et ne mourra pas avec nous. Donne-la.
Edward : Ma sœur n’est pas un objet, nom de-.. !
Alev : Grand frère…Edward non… non non non… je veux pas…Edward…
 
Le militaire continuait à tirer sa sœur d’une manière totalement affreuse. Ses intentions étaient presque claires.
Pour l’amour de dieu… elle n’avait que 9 ans.
Face à la barbarie de l’ennemi, Edward lui assena un coup de pied, fit une roulade toujours en tenant sa sœur maintenant libérée de l’emprise du couteau, et se dépêcha pour se relever. Il trébucha, mais réussit à prendre de la vitesse pour sa course. Alors qu’il était presque parvenu à atteindre un arbre pour se protéger, une balle dans l’épaule le cloua de nouveau au sol. Si seulement il pouvait envoyer sa sœur quelque part en sûreté…
Son regard se tourna vers le corps de son frère au loin. Il commença à pleurer.
 
Edward : Alev…je suis désolé.
Alev : Edward..l’homme effrayant se rapproche… !
 
Soudain, alors que son regard restait planté sur le corps, le militaire souleva de force le garçon aux cheveux verts qui laissa sa sœur tomber de force. Il se fit claquer au sol à quelques mètres, et la dernière chose qu’il perçut était un couteau se dirigeant vers son œil.
Son œil droit ne donna plus de signal. Il vit une main d’Alev se lever. Le deuxième sombra dans le noir.
Il ne voyait plus rien. Juste les cris sanglants du combat et d’Alev atteignaient ses sens. Il ne sentait plus l’herbe. Il ressentit juste le crachat du militaire sur son visage ensanglanté.
Edward cria non de douleur, mais de peur face aux ténèbres.
-
DE RETOUR A YEDI
2005
 
https://www.youtube.com/watch?v=XTOkWD6xvTI
 
Le corps du garçon était allongé dans un lit tout fraichement préparé par Bartholomeus. Il n’était pas mort, ça non. Yemon lui avait fait ingurgiter son sang pour en être sûr. Ce gamin avait perpétré l’attentat du centre commercial, il le savait. C’est ce qui le rendait intéressant. Le fait de se jeter par le plus haut étage, au lieu de se laisser consumer par le feu. La volonté de ne pas mourir, mais d’être suffisamment enterré dans le désespoir pour ne pas se donner toutes les chances de lever sa main. Le jeune Kondo sourit face à la vue de ce visage si propre, et pourtant si audacieux. Edward se réveilla, sonné, encore sous l’effet des médicaments venus à son secours. Ils se regardèrent pendant cinq bonnes minutes, avant que ce ne soit le Minganais qui ‘initia’ la conversation.
 
Edward : …Je suis au paradis… ?
…non…c’est comme un déguisement de l’enfer…  Les flammes ne vont pas tarder à me consumer…
Yemon : J’apprécie la comparaison ^^
 
Et pourtant, le regard doré de l’homme face à lui, derrière toute la gentillesse apparente, faisait transparaître de la malice. Toute la salle luxueuse régurgitait le mal-être. L’homme habillé d’un haori marron aux motifs paisibles et d’un yukata blanc en dessous le jugeait d’un sourire parfaitement contrôlé, mais ses yeux donnaient comme l’impression de le dévorer.
 
Yemon : Enchanté, Edward Eastwood. Je me nomme Yemon Kondo, et je t’ai par ailleurs cueilli de cet affreux accident. Quel soulagement de te voir sauf, n’est-ce pas ? Oui oui, je suis sûr que tu es bien heureux de t’attacher à la vie ^^
-
En réalité, Yemon pensait accorder la liberté à Edward. Mais en plus de son potentiel, son caractère et son esprit vif le firent changer d’avis. Même s’il y exprimait son mécontentement, le jeune Minganais s’y fit rapidement, et devint, une sorte de pantin.
-
31 décembre 2006
 
https://youtu.be/u_dgUf8VHd8?t=41s
 
Il ventait fortement, mais l’ambiance festif pour le premier concert des jumelles Nakagawa égayait cet hiver rude. Seul le cœur d’Edward restait étranger à cette émotion.
Une fillette sautillait dans les couloirs déserts, tout en chantonnant. Caché derrière un virage, il retint son souffle. Une fois assez proche, la blonde se fit violemment saisir. Edward la plaqua contre le mur et lui enfonça un canif dans le cœur. Les yeux émeraudes affolés le fixaient avec terreur. Son corps commençait à transpirer anormalement, et tandis que sa robe blanche transitait vers du rouge, les jambes frêles de la petite blonde platine tremblèrent comme de la terre, prêts à s’écrouler à tout moment. Il eut du mal à assumer cet acte. Tenant sa bouche close avec sa main gantée, il enfonça le canif plus profondément.
 
Edward : Je t’en prie. Plus tu te tiendras calme, plus la souffrance sera brève.
 
Pourtant, ses petites mains se resserrent davantage autour de ses poignets, elle se débâtit de toutes ses forces, tentant d’hurler. Il entendait, à travers sa main protectrice, le nom d’« Akane » ressurgir.
 
 Edward : Personne ne viendra… ! Maintenant, crève!
 
Le contraste de cette scène l’écœurait. D’un côté, la chaleur de la salle de spectacle qui attendait sa venue, et de l’autre côté, la froideur de ses couloirs dominé par un autre aussi dégoûtait qu’Edward. L’impatience de sa jumelle de la voir arriver pour commencer le concert coïncidant avec l’impatience d’Edward de la voir mourir. La peur ressentit par Akina, parallèle à la peur ressentie par Edward si jamais son travail était mal fait.
Yemon lui avait promis la liberté. Le pouvoir, l’argent. Bien que le deuxième choix ne l’intéressât guère, il pourrait se foutre le feu pour accéder à la liberté et avoir de l’argent.
Il aurait vendu sa mère pour ça. Enfin… si elle était encore en vie.

Il aurait vendu son âme au diable si c’était pour arpenter sans aucun futur les rues de ce saleté de pays…






[Petite note inutile de l'auteur: vu que j'ai changé de word ça me fait chier quand j'écris les dialogues, pour cette cause je passerai peut-être plus au style fluide romanesque, lol moi qui voulais pas au début *tg* mais c'est pas sûr, donc voilà je raconte ma vie salut bonne lecture]

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Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate


Attention spoil:
 
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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 8 Mai - 0:01

"Femme : Nom de dieu ! Edward, tu es responsable pour m’avoir forcé à en venir ici ! Donne sur-le-champ ce que tu as volé à Ema et Cloud !"
Trop de gens qu'on connait pas. *tg*

"Femme : *soupir* Ah, Edward… Tu es tellement intelligent pour ton âge. Un vrai petit génie, même si tes expériences sur les rats m’écœurent."
(La base :/)

"Edward : C’est ma légende personnelle…"
Ah je vois très bien maintenant quand tu disais que c'était un précieux

"Une fois assez proche, la blonde se fit violemment saisir. Edward la plaqua contre le mur et lui enfonça un canif dans le cœur. Les yeux émeraudes affolés le fixaient avec terreur. Son corps commençait à transpirer anormalement, et tandis que sa robe blanche transitait vers du rouge, les jambes frêles de la petite blonde platine tremblèrent comme de la terre, prêts à s’écrouler à tout moment. Il eut du mal à assumer cet acte."
Certains forumeurs: *Lèvent un panneau et donnent la note de 10/10*

"Bien que le deuxième choix ne l’intéressât guère, il pourrait se foutre le feu pour accéder à la liberté et avoir de l’argent."
Gandhi: *Lève un panneau pour donner un 10/10* *tg*


L'attaque de Mingan et le fait que le pays ait disparu, ça m'a fortement rappelé le passé de Skull Face, je sais pas si t'as écouté la cassette dans MGS GZ


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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 8 Mai - 1:35

ça me fait bizarre de voir Silvara comme du mauvais côté alors que mes persos passent leur vie à défendre le royaume *mais bon on en a parlé et il y a une explication *tg**
Sinon bon chapitre, j'étais un peu perdue au début entre les dimensions mais j'ai compris après *3*

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Lun 8 Mai - 15:32

Ah OK, Mingan est un pays en fait /PAN/


"La robe de l’adulte traîna sur le sol poussiéreux jusqu’aux Russel. Redonnant le petit joyau, qui était en fait le composant servant d’hôte à la totalité de l’esprit de Raijin, le petit blond tendit l’objet à sa sœur" Il aurait pas du le donner, là tout aurait changé *TG*


L'Edward qui meurt dans Dort doit être celui qu'on a vu dans le fragment de Lyon (ou bien c'est un autre) /PAN/

"Yemon : Enchanté, Edward Eastwood. Je me nomme Yemon Kondo, et je t’ai par ailleurs cueilli de cet affreux accident. Quel soulagement de te voir sauf, n’est-ce pas ? Oui oui, je suis sûr que tu es bien heureux de t’attacher à la vie ^^" (rigole) Il est marrant tu trouves pas? *TG*


Fan qui s'est attaché à ce monstre, qui a tué sa soeur (mindfuck) ....Du coup je repense à l'altercation entre Crazy et Fan, avec Edward qui revient dans le portrait. (chiale encore plus)

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Ven 7 Juil - 0:50

II
 
https://www.youtube.com/watch?v=BkjA2MgsyFw
 
…Oh ? Vous êtes venus ? Je dois dire que ça me flatte de vous voir parmi nous. En apparence vous n’êtes rien d’autre que des âmes, mais vous savez plus que quiconque dans cette salle votre lien en rapport avec cette histoire.
 Cela vous enchante-t-il de m’écouter exposer les tréfonds des fondations de vos camarades ?
Ou peut-être assistez-vous à cette séance par fatalité ?
Pour vous rassurer de votre perte ?
Non… ne répondez pas. Continuons le chapitre lié à Edward.
-fin de la musique-
2006
 
L’écho de ses cris assombrissaient les cellules environnant la sienne. Creusée au fin fond du manoir, cette température glaciale ne pouvait être brisée que par les séances de tortures qui libéraient plus ou moins la chaleur qu’émettrait un corps maltraité. Dans cas-là, le corps de prisonnier est aux tortionnaires ce qu’est le bois à la famille en besoin.
Cependant, je n’entendais aucun cri outre que le sien. Et ce n’était pas constitué de pleurs, mais un cri hystérique, un cri simple et faisant pourtant abstraction de tout entendement.
Avançons un peu… Jusqu’à cette cellule en particulier. Le visage d’Edward ne se crispait même plus sous la douleur. Il s’adossa contre un mur, protégea sa boîte crânienne, et hurla de toutes ses forces en se plongeant dans l’ombre. Je ne vous cache pas que cela m’a perturbé de le voir se mettre dans cette position pour appeler de l’aide… Ce qui témoigne sûrement des conditions dans lesquelles il a été pris en charge.
 
Edward: MAÎTRE KONDO… QUELQU’UN… JE VOUS EN PRIE. AIDEZ-MOI. V-VENEZ, FRAPPEZ-MOI SI VOUS VOULEZ, MAIS J’AI BESOIN DE VOIR QUELQU’UN !
J’AI PEUR… CET ETAGE M’EFFRAIE… JE NE RECOMMENCERAI PLUS, JE VOUS LE PROMETS !  JE ME FERAI SAGE, J’OBEIRAI ! JE VOUS EN PRIE VENEZ JUSTE ME RETIRER D’ICI.. AAAAH…. *reprend sa respiration, se recroqueville encore plus sur lui-même* JE NE SUIS QU’UN BÂTARD DE TZIGANE SANS AUCUNE FORTUNE ET NI UNE ONCE DE VOTRE INTELLIGENCE… MAIS JE SAIS JOUER. QUE CE SOIT D’UN INSTRUMENT, OU JOUER UN RÔLE.. JE SAIS LE FAIRE ! JE SAURAIS LE FAIRE ! JE NECESSITE JUSTE VOTRE PITIE… JE NE FERAI PLUS AUCUNE ERREUR-
Yemon: On m’a reporté ton comportement peu respectueux des domestiques prenant en charge cet étage. C’est peu vaillant.
 
Un spasme lui fit relever la tête en direction du jeune homme blond. Malgré les chaînes plutôt larges qui le retenaient à un point précis du mur -le point qui le rendait inapte de toucher aux instruments de tortures environnant la salle, mais cependant suffisamment larges pour se déplacer un peu-, Edward tenta de ramper le plus près possible de la bougie éclairant le visage de Yemon. Arrivé à sa limite, les chaînes retirèrent brusquement ses membres en arrière, et le choc causa à son cou d’émettre un pénible son d’articulation. Vêtements tâchés, corps endommagé, presque aveugle à force d’être plongé dans le noir, les larmes du jeune Edward contrastèrent avec son sourire incontrôlé.
 
Edward: Vous êtes venus… !
Yemon: Vu que personne n’est autorisé à t’adresser la parole.. oui. *ouvre la porte de la cellule* Je remarque un changement en toi. Tu sembles avoir appris.
 
Il s’avança, prenant la bougie posée sur la table derrière la cellule pour amener la lumière au prisonnier. Que s’était-il passé, lui qui semblait si chaleureux aux premiers abords? Ne lui avait-il pas sauvé la vie?
 
Edward: Oui..oui ! J’ai appris… j’ai conscience de mon inutilité! Je ne vis que pour servir, maître! Que pour vos félicitations… félicitez-moi! Parlez-moi !
Yemon: Tout cet éclat dans tes yeux… on dirait que ma méthode s’est révélée être plus efficace que prévue ^^ Approche-toi.
 
Le plus jeune rampa jusqu’aux pieds du blond une fois suffisamment près de la limite des chaînes. Il s’en tint férocement à ses pieds et y déposa des baisers de respect. Yemon fronça les sourcils par incompréhension, mais bientôt son visage reprit ses traits normaux, et un léger rire l’anima. Edward releva la tête: on aurait dit un chien victime d’un virus suffisamment important pour lui faire chavirer ses sens. Je parierais que même-lui n’avait plus les idées claires à ce stade: après toutes ces tortures et la coupure à la civilisation, un jeune garçon de son âge n’aurait pas pu faire autre chose que de perdre la tête.
 
Yemon: Ce sous-sol est un peu poussiéreux tu sais, ça t’infligera sûrement un encombrement au niveau de la trachée. Quoiqu’il en soit… *s’accroupit, pose la bougie* Tu as l’air d’avoir appris ; je devrais te féliciter. Tu me dois cependant jurer toute ta fidélité; ta vie.
 Tu n’avais plus personne, mais les Kondo t’ont maintenant adoptés: tu pourrais être autant mon frère que quiconque. Et tu dois savoir que je hais que ma famille me trahisse ou me déçoive, et dans ce cas-là j’ai tendance à ne pas me contrôler sur les punitions à donner.
Edward: Je ne décevrai pas! Je ne trahirai pas! Si c’est pour vous, contre ma vie, je vous créerai n’importe quoi! Une arme! Ou, non- pas ‘une’ arme, je vous créerai L’Arme! Vous ne regretterez jamais d’avoir perdu votre temps à me forger… S-s’il vous plaît-
Yemon: Eh bien, c’était plus fougueux de ce à quoi j’ai pu assister par le passé. *ébouriffe ses cheveux* Tu vois Edward, j’ai bien fait d’être attiré par ton potentiel le jour de l’attentat. Tu étais dysfonctionnel. Mais une fois réparé, une fois forgé, je pense pouvoir m’accepter en tant que ton pygmalion. Ton sculpteur; c’est moi. Celui qui te redonne une vie… c’est moi. Et c’est par moi que tu passeras pour accéder à la mort.
 
Les spasmes du plus jeune se stoppèrent progressivement. Le regard autrefois distancié du chef Kondo s’adoucit au fur et à mesure qu’il lui parlait. Tirant son manche de haori, il approcha en même temps son bras de la cire de la bougie prenant encore feu. Il cassa le petit manche de poterie servant de dossier à la bougie, et s’ouvrit avec  par-dessus la blessure causée par le feu. Une filée de sang ne tarda à couler dans un récipient de terre qu’il venait tout juste de créer par le contact du sol. Edward regarda avec effroi le visage serein de l’homme : il n’avait ni flanché face au feu, et encore moins en s’ouvrant le bras avec.
Une fois le récipient plein, la plaie de Yemon cicatrisa en l’espace de cinq secondes, et disparut totalement en dix. Etonné face à cette magie, Edward n’eut pas le temps de manifester son ignorance que l’élu d’Enma le força à ingurgiter le liquide rouge. Le jeune garçon eut un moment d’absence; c’est lorsqu’il reprit ses esprits au bout d’une minute qu’il se découvrit exempt de toute trace de blessure. Son corps avait retrouvé de l’énergie.
 
Yemon: Te voilà libéré de cette cellule. La première mission que je vais t’attribuer est une importance capitale, cela servira à sauver la vie d’une élue.
Edward: Bien…
Yemon: Je remarque que tes pleurs ont cessé. Ça arrangera sûrement les domestiques ^^ Allez, lève-toi. Je vais demander à quelqu’un de t’attribuer une chambre plus accueillante, tu en profiteras pour te laver.
 
Cela se fait maintenant clair. Pour utiliser au mieux une personne, et la programmer de nouveau à zéro, Yemon Kondo passe par imposer à leur conscient sa supériorité, sa valeur se situant au-dessus de toute autre morale. Après tout, n’est-ce pas réellement efficace? L’exemple d’Edward semble être obsolète. Il avait rendu le ‘moi’ d’Edward étranger à sa propre essence. Yemon y régnait à sa place.
 Une fois reposé et plus propre, ce dernier fut de nouveau convoqué par Yemon dans son bureau resplendissant de plantes de toutes sortes.
 
Yemon: Le 31 décembre prochain se tiendra une fête musicale assez importance dans une région en Idric. La ville concernée se nomme Taiyo. Deux fillettes ouvriront le bal; des jumelles. Ah- les voici.
 
Il cherchait dans son tiroir un objet en même temps que de parler. Il tendit à Edward une photo datée de juin 2005, dans laquelle figurait deux petites filles aux côtés de Yemon légèrement plus jeune. Assises sur ses genoux, lesdites jumelles ne se ressemblaient pas tant: l’une possédait une chevelure foncée et une peau aussi pâle que ses yeux verts, et l’autre bénéficiait plus de couleurs éclatantes ; de cheveux platin mêlés à une peau de pêche, et des yeux émeraudes. 
 
Yemon: Ce sont Akane et Akina Nakagawa, filles du célèbre docteur Amano Nakagawa. Je les connais… de braves petites, très intelligentes. Akane, la brunette, est l’élue d’Iblis, un des démons semblant au mien, en bien plus puissant. Sans m’éterniser dans des détails, je vais raccourcir ton fardeau en pointant Akina, aussi gentille et prometteuse soit-elle, comme cible.
Edward: …
Yemon: Elles ont 7 ans à l’heure qu’il est. La survie d’Akina met en danger la vie d’Akane, par conséquent le seul moyen de s’en débarrasser discrètement – tout en faisant du bruit, serait ce 31 décembre. Tu n’as pas le droit à l’erreur.
Edward: O-oui…
Yemon: Si tu valides cette première étape périlleuse ; je pourrai t’offrir un début de richesse, une illusion de liberté, et du pouvoir. Tu seras libre de circuler où bon te semble dans Idric, bien que je te surveillerai toujours d’un œil.
Bien entendu, tu seras humblement félicité.
Edward: *son visage s’illumine* Ce que vous voudrez, maître!
 
-
Oh non…. Mon pauvre Ed. Te voici condamné.
A venir semer chaos et désordre au sein d’une famille, t’opposerais-tu pas plus à cette Akane que tu « l’aiderais », comme te le dit ton maître ?
Tu n’obtiendras que malheur en éliminant cette Akina. De plus, tu omets un détail important.
Edward: … ?
Il y a un autre enfant…
-
Dört
2005
 
https://youtu.be/xHP2GgxYddY?t=12m48s
 
J’aimerais vous conter cette intervention qui m’émeut particulièrement. Je m’y sens proche.
 
???: Hey, toi…
Edward: …
 
Une personne s’assit à côté du garçon aveuglé. Il n’était pas mort de son altercation avec le militaire, mais son courage lui valut un de ses sens. Qu’est-ce être plongé dans le noir pour toute sa vie? Cela fait-il peur? Vit-on entièrement, si on a cette faculté en moins? Vivre sans voir, c’est vivre à moitié ? C’est être coupé d’une partie de la réalité ? Pourtant, le jeune homme à ses côtés allait l’intégrer de nouveau dans cette réalité; il semblait incarner une nouveauté, comme le renouveau du phénix.
 
???: Si j’ai bien compris, tu es le frère qui a défendu ton petit frère et ta petite sœur…
 
Edward se mit à sangloter.
 
???: Ne t’en fais pas. Ils ne sont pas morts.
Edward: C-comment?
 
Les bandages autour de ses yeux avaient pris la teinte du rouge malgré l’intervention régulière de l’infirmière chargée de s’occuper de lui dans les ruines du village. Par sa voix, le petiot aux cheveux émeraudes émettait un son de deuil malgré la nouvelle prometteuse ; les larmes d’émotions coulant de son visage se baignaient dans la teinte écarlate de sa blessure. Le bandeau s’humidifiait peu à peu.
 
???: J’ai pu intervenir à temps. Malheureusement les séquelles du plus jeune sont graves, mais j’ai fait de mon mieux. Ta petite sœur n’a subi aucune blessure.
Edward: Vous êtes sérieux.. ?
 
La main attrapa gentiment la sienne, et l’emmena à un coin ambiancé par le doux susurrement de la guitare manouche si familière à Edward. Une musique triste, mais porteuse d’espoir. A son arrivée, des personnes réagirent avec une extase incontrôlable; sa famille. Tandis que sa mère pleurait de joie, sa petite sœur lui sauta au cou, son père et son oncle le serrèrent dans leur bras. Son petit frère, Vincent, devait rester dans le fauteuil roulant par précaution, mais l’émotion fut d’autant plus forte lorsqu’il vit l’état dans lequel était plongé son grand frère.
 
???: Les blessures de Vincent sont sérieuses, il s’en remettra plus lentement. J’espère que vous m’excuserez pour cette incompétence de ma par-
Mère: *prend les mains de l’inconnu* Mais je vous en prie, mon beau! Vous êtes le soleil de ma vie! Il n’y a rien qui me rend plus heureuse à présent! Vous avez sauvé tout le village…
???: J’aurais pu faire mieux, toutefois.
Père: Efface-moi ce regret mon grand! Tu as fait un miracle. Nous te sommes tous reconnaissant. Par ta bonté, Mingan est libre et ne rencontrera plus de problème de ce genre!
Oncle: Je suis bien plus rassuré d’être sous la tutelle d’une famille de renom t’ayant comme chef, champion!
???: Hahaha…
Alev: *toujours collé à Edward* Oui! Vive les Kondo!
Edward: …wow…
???: J’ai du mal à résister face à l’injustice on va dire… ^^’
 
Une discussion s’en suivit, et bientôt, d’autres personnes du village vinrent se joindre à eux. Une fête de joie s’illumina rapidement dans la soirée, alors que des infirmiers, des médecins sans frontières sous l’ordre de ce Kondo venaient aider les graves blessés.
 
???: Hey, petit. C’est l’heure de changer tes bandages. Laisse-moi t’aider.
Edward: Non! Non… vous allez avoir peur.
???: Comment?
Edward: Le résultat doit être affreux. J’ai peur de tenir la tête relevée. Même si je ne les vois pas, je sens les regards peinés et effrayés des gens… je sais même plus si je pourrai continuer à fréquenter ma famille d’une telle façon.
???: Oh, c’est sérieux.
…Bon, viens avec moi. On va partir à votre caravane. Je vais essayer de régler ce problème.
Edward: je…
???: Si tu ne me fais confiance, je ne t’oblige en rien. Mais si tu rencontres un problème, le mieux serait d’y trouver une solution, tu ne trouves pas?
Edward: o-oui.
 
Le feu de joie concentrait tous les textes d’aèdes célébrant la vie, tandis que les deux garçons se retirèrent vers la caravane située dans un endroit plus calme, mais pas dénué de l’éclairage du feu.
 
???: Assis-toi là. Okay, maintenant... *enlève ses bandages*
Edward: c’est si mauvais… ?
???: J’ai vu pire. Certes tu es jeune et ça me peine de voir un visage si fragile dans un tel état, mais c’est réparable. Tu sais, quand je t’ai recueilli de ce combat j’ai directement pensé à une sorte de compensation. Mais c’est un présent précieux, et je n’aimerais pas le donner à qui que ce soit. Si je te l’offre, c’est pour ton énorme potentiel.
Edward: … ?
???: Mets ça.
 
Un poids s’accrocha à son visage.
 Soudainement, la lumière fut.
Une aura mystique englobait les alentours de sa zone de vue, mais il voyait ce garçon face à lui; sûrement majeur, doté de cheveux blonds, un sourire bienfaisant et ému face à l’expression béat du tzigane.
 
Edward: je…je vois ?
???: C’est cela. Ce masque a des vertus magiques. J’ai eu du mal à le trouver, mais je suppose que cela en valait la peine ? ^^
Edward: Je vois…
Je…. Je vois !
???: Une chose devient bien plus précieuse lorsqu’on la perd et qu’on la retrouve, non?
Edward: Ha…je… !
???: Ça me fait réellement plaisir de te voir dans cet état-là, je m’excuse d’avance pour l’aspect de ce masque… *lui tend un petit miroir qui montre un masque oni un peu imposant aux fortes allures traditionnelles et océaniques*
Edward: …non, peu importe ! J’ai l’impression de revivre ! Sire Kondo, merci ! *se lève pour courir* *revient sur place* Je vous jure fidélité, m’sieur ! Je.. je veux m’engager pour votre cause, et aider les gens tout comme vous le faîtes !
???: *rigole et s’assoit* Va, va. On en reparlera plus tard.
 
Même si Edward parlait beaucoup moins suite à ce traumatisme, ses retrouvailles avec ce manque lui ouvrit une toute nouvelle perspective. Une perspective bien différente de ce que son alter-ego trouverait à Yedi.
-
DE RETOUR A YEDI
14 juillet 2007


https://www.youtube.com/watch?v=1qoF3D5s0B4
 
Les souvenirs le hantaient. Les pas légers de cette fillette faisait écho dans les couloirs. Le poignard plongeant dans sa cage de chair.
« Tu es libre à présent… »
Les yeux effrayés d’une blonde promise à un futur pourtant radieux. Les cris de sa sœur, son autre moitié, découvrant son corps alors qu’il était lui-même en train de quitter les lieux. Le bruit féroce des pas des adultes travaillant dans le bâtiment.
 
Edward se traînait au long des forêts de la commune de Taiyo, situé en Idric. Comme Yemon lui avait promis, depuis son premier assassinat à son compte, il fut tranquille : son maître l’avait installé dans cette ville construite sur les racines de la forêt en offrant une somme considérable d’argent pour qu’Edward puisse vivre tranquillement. Il pouvait profiter de la vie, si le remord ne le rongeait pas.
Sa veste coincée dans le bras, il vagabondait lors d’une soirée de fête internationale. Les feux d’artifices éclairaient toute la ville ; et plus encore. Lui, il était du côté des falaises, en retrait par rapport au centre-ville.
Un murmure provenait du côté d’un vieux chêne, situé au ras de la falaise, attira son attention. Il s’approcha avec prudence.
 
Edward : (Sachant que j’ai des visions depuis ce jour, ça m’étonnerait pas que je sois en train d’essayer de me suicider sans le vouloir) … *remarque quelque chose… oh.
 
https://www.youtube.com/watch?v=C0wIc6sY4bs

 
Une certaine dissonance se faisait sentir dans la petite voix.
 
« Vraiment ? Tu penses que ce soit une bonne idée ? … hmmm… je ne préfère pas essayer.
De toute façon, tu sais, y’a que toi que j’aime ici. Ça vaut la peine que je reste en vie !
… Oui, j’ai peur de la mort aussi… probablement. Mais c’est pas grave tu sais ! Parce qu-»
 
Il décida d’intervenir. Edward avança vers le chêne, et se posa au bord de la falaise, regardant les feux d’artifice exploser dans l’horizon. Tournant sa tête en faisant mine de rien, il vit une fillette assise au bord du vide, ses mains solidement agrippées aux grosses racines du vieil arbre.  Au moment où les regards se croisaient, les yeux de la brunette s’écarquillèrent. Elle se tut sur le moment, gênée, tandis qu’Edward ne put s’empêcher de lâcher un petit rire. Un long silence passa sans que leur tête ne se tournent l’un vers l’autre. D’une certaine manière, cela était porteur de symboles : Akane et Edward ne pourront jamais se regarder sincèrement dans la vie, ou bien alors jamais en même temps.
 
Edward : *décide de briser le silence* La vue est belle, hm ?
Fan : …oui…
Edward : Dis-moi, tes parents savent que tu viens te promener dans un endroit comme ceci ? Ça peut être dangereux.
Fan : Ils s’en fichent un peu maintenant.
Edward : …Très bien…
La façon d’agir de la fillette l’intriguait.
 
Edward : Ça te dérange si je m’assois ?
Fan : …Non…
Edward : …Et est-ce que ça dérange ton ami monsieur le chêne ?
Fan : *rougit de honte, baisse la tête*
Edward : *rigole et s’assoit* Je te charrie un peu, ne t’en fais pas. Tout le monde fait ça à cet âge.
Fan : J’ai 7 ans… « Monsieur le chêne » est un peu mon seul ami.
Edward : …Vraiment ? Mais il y a plein de gens à l’école, pourquoi ne te diriges-tu pas vers eux ?
Fan : Ils ont peur de moi… et savent que j’ai tué ma sœur.
Edward : …Quoi ?
… Petite, quel est ton nom ?
Fan : Akane Nakagawa…
Et…j’ai…tué…
 
Le sang du garçon se glaça. Il s’était mis dans un sacré pétrin.  Parmi toutes les personnes qu’il avait pu croiser… le sort est ironique.
Il songea à dégager le plus rapidement possible pour prévenir Yemon Kondo. Mais avant cela, la part d’humanité qui était resté coincé en lui fit une apparence. Il continua à jouer le jeu.
 
Edward : Non, tu l’as pas tuée. Dis pas de telles choses…
Fan : Je viens voir « Monsieur le chêne » car il me dit la même chose… *pleure encore plus* et il me chante des berceuses… pour que je puisse m’endormir… a-alors mes parents…acceptent que je vienne ici…
Edward : … (Je me hais). Hey, vien-
 
La motte de terre sur laquelle se trouvait la petite s’éclata en mille morceaux. Peut-être était-ce à cause de la lourdeur des feux d’artifice face à la fragilité de sa stabilité et du poids de l’enfant qui y faisait pression.  Mais la chose est qu’elle aurait pu mourir si Edward n’avait pas réagi en agrippant son épaule. Il la releva instantanément, y ressentant le regret de n’avoir pu sauver sa sœur Alev lors de l’attaque de l’armée sur Mingan. Une fois la petite dans ses bras, il recula de plusieurs pas du chêne et de la bordure pour s’assurer une place sûre. Ils étaient essoufflés.
 
Edward : Mon dieu… on a évité la mort de rien du tout… tu…tu vas bien ?
Fan : *écrasée sur lui, embarrassée* j…je…oui. Merci !
Edward : *la laisse retourner sur terre* tu… Tu m’as foutu une trouille pas possible ! Recommence pas ça !
Fan : Je suis désolée-
Edward : Non ça ne suffit même pas.
Tu sais quoi ?
Devenons amis.
Fan : …hein ?
Edward : *s’accroupit à son niveau* Je serai ton tout premier ami. Ce n’est pas normal qu’un enfant de ton âge parvienne à penser ces choses. Je m’appelle Edward. Edward Eastwood.
Fan : Tu…mon ami ?
Edward : Sauf si tu estimes ne pas en avoir besoin ?
Fan : N-non ! Je… enchantée, Edward… *fait la moue*
 
Se sentant coupable de ne pas parler de cet événement, Edward communiqua ce qu’il se passa à Yemon. Etrangement, celui-ci resta serein, et alla même jusqu’à lui conseiller fortement de se rapprocher de l’élue d’Iblis, de garder sa psychologie la plus saine possible. Ce fut sa nouvelle mission. Mais plus le temps passait, plus cela s’avérait difficile pour Edward. Cependant, son rôle était de jouer ; quand bien même il avait tué une personne de sa famille, il se devait d’assumer de se rapprocher de cette enfant.  
La rencontre avec Rinji Weiss apaisa un peu son esprit. Rinji était un garçon un peu plus jeune que lui ; plus vieux qu’Akane. Bien que beaucoup trop sérieux et mature pour son âge, avec le changement plus gai d’Akane, le trio était complémentaire.
-
Complémentaire, mais également à la foi lacunaire. Beaucoup de secrets ne se partageaient pas, peu importe à quel point ils étaient proches. Comme par exemple les origines de Rinji. Ils le découvrirent à leur dépens, lors d’une nuit de balade en forêt, lorsqu’ils furent pris d’assaut par des mauvais esprits rôdant aux alentours. Ce fut par la réaction instantanée de Rinji et de son père -qui justement faisait sa ronde- qu’ils purent s’en débarrasser et apprendre qu’Henrik Weiss n’était pas un simple prêtre, mais aussi un fidèle de Tatsu qui protégeait le temple de Taiyo.
-fin de la musique si pas finie-
Une autre chose étaient les visions de Fan qui venaient de se déclencher. Il s’y renseigna même auprès de Yemon, lui aussi élu, mais ce symptôme s’avéra unique aux malédictions des élus d’Iblis. A chaque fois que la fillette était sujette à une crise d’hallucination, il perdait ses moyens. Inutile de mentionner qu’il fut paniqué lorsqu’Akane rentra d’une sortie scolaire, totalement bouleversée et silencieuse, et ce malgré le nom de « Florine » qui ressortit souvent lorsqu’on lui posait des questions concernant ce domaine.
 

https://www.youtube.com/watch?v=AB6sOhQan9Y

Edward : *au téléphone* …elle devra réellement subir tout ça jusqu’à ce que le démon s’éveille pleinement ?
Yemon : Malheureusement. Pour ne pas écraser leur élu sous leur poids gargantuesque, les démons choisissant des élus à la naissance prennent la forme d’un bourgeon à leur naissance. Plus ils se développent, plus ces derniers étendent leurs racines à l’intérieur de l’hôte. Vois ça comme un virus. *rigole un peu* Sauf qu’Iblis…Ce sacré Iblis, il impose plus d’étapes à ses élus. Les effets secondaires se traduisent par des visions torrides d’anciens élus, et de chemins importants de leurs vies.
Edward : Elle doit être effrayée…
Yemon : Probablement. C’est pour ça que tu dois la préserver. Akane est comme ma petite fleur. Mais aussi précieuse soit-elle, une fleur vient à faner. Ses pétales se meurent, tombent et nourrissent la terre. La nature poursuit son cours sans prendre conscience de ce sacrifice… Mais cette fleur est rare, vois-tu. Elle peut porter des fruits ; nous être bénéfiques.
Edward : …Puis-je poser une seule question ? Je ne veux pas sonner impoli m-mais ça me pose réellement problème.
Yemon : Je t’écoute.
Edward : …Si vous tenez tant à elle, pourquoi avoir chamboulé ses premiers jours ? Et pourquoi ne pas être à ses côtés, si vous la soutenez ?
Yemon : …
Edward : Maître ?
Yemon : *rigole* J’ai un jardin à entretenir. La fleur rare peut être l’élément le plus attractif, mais l’ensemble doit être harmonieux pour la mettre en valeur.
J’ai du travail à faire ; rappelle-moi ce soir si tu as besoin d’autres informations.
 

Et pourtant, le même scénario se répétait jour après jour, de plus en plus intensément.
 
Edward : *la retient* Akane ! Akane ! Tu vas bien ?
Fan : Non… non… partez… ah…
Edward : Akane ! Tu arrives à m’entendre ?
Fan : *le pousse* LÂCHEZ-MOI…Non…je dois pas mourir… *s’éloigne d’Edward, comme si elle le dévisageait* me tuez pas…
Edward : Akane…je ne vais pas te tuer allons…reprends tes esprits…
Rinji : *arrive en courant* Je l’entendais crier… ! *voit son état* Akane ! *court vers elle*
 
Finalement, c’est Rinji qui parvint à la tirer de ses visions pour cette fois. Edward, de son côté, resta de longues heures sans ne rien dire, intérieurement frappé. Quelques heures plus tard, le jeune garçon aux cheveux argentés le rejoignit.
 
Edward : J’ai mal- ça me fait mal de la voir comme ça.
Rinji : Son état s’empire de jour en jour… j’ai peur pour elle.
Edward : Elle a cru que je voulais la tuer…
Rinji : Elle ne pleure plus, et raconte plus du tout ce qu’elle voit.
Edward : …je ne veux pas lui faire du mal… tu me crois ?
Rinji : Bien entendu…
 
Deux personnes se parlaient. Mais leurs préoccupations éclataient en morceaux dans la réalité ; l’un, paniqué par ses secrets, et l’autre inquiet pour une vie en danger.
-fin de la musique-
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Mais dis-moi, Ed… pourquoi porter tant d’importance en un fragment que tu as déjà maudit ? Serait-ce la pitié ? Par ordre de ton maître ? Par espoir de retrouver ce qu’il y a d’humain dans cette machine du diable ?
Elle a été mise en route à partir du moment où tu as entraîné Akina vers ton piège.
Tu veux juste t’en tirer de manière hypocrite, sans ‘faire mal à personne’…tch.
La chambre de son « psychiatre » prenait de plus en plus des tons acerbes. L’endroit était moins accueillant à chaque fois qu’il rêvait de lui.
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https://www.youtube.com/watch?v=6VA1Z0Irzp4

Depuis ce jour, Edward faisait des cauchemars.
Il était le tueur de ses rêves. L’endroit où il passait devenait ruines. Il passa par le temple de Taiyo… qui brûla sous les flammes du diable, d’Iblis… il passa par la forêt, qui brûla…
Il s’approchait d’une maison en particulier, et ce qu’il y avait de conscient dans ce rêve plaidait pour ne pas passer par cette maison.
Le portail s’ouvrit. La terrasse brûla. Iblis prit forme à côté de lui ; un homme imposant, aux cheveux écarlates. Il fixa l’humain un long moment, le jugeant. Puis, se dirigea vers la maison. Edward hurla. Le démon allait se réveiller. Iblis allait prendre Akane. Ça allait être foutu.. il fallait l’arrêter… il fallait l’arrêter….
 
Le sursaut le réveilla. Son propre sursaut. Je sentis ses battements s’accélérer… mais son temps n’était pas encore venu. Et comme l’avait dit Kondo, il avait bien réussi à s’accaparer le droit de le faire mourir seulement sur sa décision.
 
Edward : …Akane… je viens de comprendre. Pourquoi je m’étais tant attachée à cette petite… elle est comme moi. Une pauvre fille paumée dès le début de la vie.
Mais j’ai mal fini. Elle a encore une chance. Si je peux empêcher qu’Iblis ne s’éveille… j’irai à l’encontre du maître….mais…à ce point… y’a plus rien d’autre à faire.
Je continuerai à jouer un rôle…un double rôle… un triple rôle.
-fin de la musique-
 
Il reçut un mystérieux appel de la part de Yemon le jour-même. Sa voix était plus terne que d’habitude, et il lui balança juste des directives ; aller chercher Akane en ville, la sortir du pétrin, prendre Rinji avec lui si nécessaire et se rendre précisément au Royaume Champignon, en Enelbe. La surprise du garçon aux yeux vairons ne fut pas moindre ; encore en pyjama, il mit un certain temps à réagir.
Pendant sa course jusqu’en ville Edward se remémora l’attitude de plus en plus froide de la brune à son égard. Elle était perçue comme folle, comme s’ils avaient perdu tout espoir pour guérir ses maux… alors qu’il était venu pour l’emmener se promener, l’ancien tzigane avait même entendu ses parents parler de mariage arrangé pour leur gamine.
Le dégoût l’envahit de nouveau. Enfin, il arriva à la fameuse scène que Yemon lui avait prédit. Une fillette en train de pleurer à côté d’une femme corpulente, fâchée.
 
Femme : CETTE GARCE A FAILLI ME TUER !
Rinji : Je viens de vous soigner de la brûlure… vous pouvez partir.
Femme : ELLE A TENTE DE ME TUER !
Rinji : Et est actuellement en larmes pour s’être emportée.
Femme : Allons mon petit ! Tu es un ange toi, tu ne devrais pas devenir l’avocat du diable – La gamine des Nakagawa est folle ! Tout le monde la sait être habitée par le démon ! Ca ne m’étonnerait même pas qu’Iblis vienne détruire toute notre ville pour la récupérer ! Arf…
Edward : *intervient* Ola, ola ! Il se passe quoi?!
Femme: Elle m’a agressée alors qu’il ne s’est rien passée ! J’ai cru que j’allais y passer !
Edward : *regarde Akane* …*regarde Rinji* elle a encore les hallucinations ?
Rinji : Ça dépasse toutes les autres à ce niveau…
Edward : … *s’adresse à la femme* Je lui infligerai une correction. Vous n’en entendrez plus parler. Maintenant, s’il vous plait, veuillez nous excuser. *à la foule qui regarde* LE SHOW EST FINI.
Femme : Vous pensez que ça va se finir comme ça ?!
Edward : PARLEZ-EN A SA FAMILLE. *prend Fan dans ses bras* Allez, on part de cet endroit… Rinji, viens aussi.
 
Le trio s’en alla précipitamment à leur endroit favori pour traîner ; sous le grand chêne. Une fois là-bas, Edward administra le dispositif d’inhalateur un peu spécial à la fille. Il savait comment gérer les crises, à force, et ce malgré leur violence.
 
Rinji : Tu vas mieux Akane ?
Fan : …
Edward : Qu’est-ce qu’il t’a pris… ?
Fan : *encore plus pâle* elle… elle est vilaine…. 
Edward : …Je comprends pas. Mais si c’est lié à ces visions, tout doit être logique pour toi… *soupir*
Rinji : On fait quoi, Edward ? J’ai l’impression que ses parents la tueront, cette fois.
Edward : Cette famille est la pire des cellules sociales. Elle doit absolument s’en échapper, sinon elle va y laisser la peau…
Fan : … *sourit*
Edward : Ca y est, les effets secondaires se dissipent.
 
Quelques heures passèrent.
 
Fan : *tremble* …J’ai fait ça ? Mon dieu… mamma va me tuer…
Edward : Calme-toi. Ca ira. On leur expliquera, puis…
Fan : J-je veux pas.
Rinji : … ?
Fan : Si j’y retourne… je sais pas ce qui m’attendra. Edward, Rinji, je vous en prie ! Je peux pas vivre chez vous ?
Rinji : …Akane, on vit à Taiyo. Tes parents te trouveront vite… é_é
Fan : J-je peux me faire passer pour morte ! Ha ! Ils y croiront dur comme fer, vu que je suis effrayée par ça !
S’il vous plaît. Je veux plus y retourner. J’en peux plus.
Rinji : …Edward ? Tu es silencieux.
https://www.youtube.com/watch?v=QV4WBO_VN2g
Edward : *fait les cent pas* *s’arrête, s’accroupit au niveau d’Akane en souriant gentiment* Tu veux vraiment t’en aller ?
Rinji : ..Edward ?
 
Le plus jeune garçon fronça les sourcils. Ils se faisaient tous les trois confiances, mais le plus mature d’entre eux parlait là d’une chose sérieuse avec un ton incroyablement léger.
 
Edward : Demain, on prend un train. Toi, moi, Rinji… On part loin. Très loin. On sort d’Idric. Pourquoi pas Enelbe ? C’est à l’autre bout du continent. Là-bas, on s’installe- par exemple au royaume champignon… c’est apparemment un royaume prometteur…. On évolue tous les trois. On devient des adultes responsables, sans l’aide de nos parents. On brise les clichés. On réussit dans la vie.
…T’en dis quoi, Akane ?
Fan : J-je…ça paraît…prometteur…
…il y a des cerises en Enelbe… ?
Edward : Autant que tu en voudras. Dès ma première paye, je planterai un cerisier pour toi.
 
Ce regard plein d’espoir subjugua la curiosité de l’élue d’Iblis.
 
Rinji : *tousse, un peu par jalousie* Excusez-moi de faire le rabat-joie, mais j’ai encore des attaches. Et mon père vivra seul, sans moi.
Fan : …Tu ne veux pas venir ?
Rinji : Tu t’es complètement faite à cette idée… ? Tu penses un peu aux conséquences ?
Fan : Ma famille me prendra pour morte… je pourrai renaître…une nouvelle Akane ! Et je mangerai des cerises !
Rinji : *regarde Edward en soupirant* tu sais que tu prends un sacré risque ? Tu seras prêt à assumer ton rôle de garant légal pour elle ?
Edward : *la prend par les épaules et lui fait un câlin* Evidemment. Si c’est pour vous deux, je peux passer à travers un sentier de braise ^^
Fan : *rougit* C’est super ça Rin-nii! Tous les trois !
Rinji : …Je vais en parler à mon père ce soir. Si vous ne me voyez pas à la gare jusqu’au dernier train demain, partez. Même si je vous retrouverai bien un jour…
-
Force était de constater la présence du jeune aux yeux bleus le lendemain matin. Akane fonça lui faire un gros câlin, tandis qu’Edward jubilait mentalement. Il y gagnait le gain du bonheur, et ne désobéissait pas à Yemon.
 A cette heure-ci, la nouvelle de la mort d’Akane circulait déjà. Un corps suffisamment défiguré et de sa taille faisait l’affaire ; Yemon avait même eu la gentillesse d’offrir à Edward ce présent.
Edward allait redorer le blason de vie d’Akane. Il y tenait.

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   Ven 7 Juil - 2:11

Une suite intéressante *le début de psychopathe bordel *tg**, on en apprend sur Edward et aussi sur pourquoi Fan est arrivée dans LE PUTAIN DE FOUTOIR qui sert d'environnement à nos persos *tg*

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MessageSujet: Re: [Fiction] Fragments maudits.   

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[Fiction] Fragments maudits.
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